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Cimetière de Montsoreau, Rest, rue Saint-Pierre, Montsoreau

Dossier IA49010746 inclus dans Montsoreau : présentation de la commune réalisé en 2010

Fiche

Ce cimetière comporte des éléments patrimoniaux intéressants qui témoignent de l'architecture funéraire des deux derniers siècles.

Par ailleurs, excentré du fait de l'histoire du village, qui a vu Rest être supplanté par Montsoreau, il a échappé aux lois et ordonnances hygiénistes qui, depuis le XVIIIe siècle, ont conduit nombre de communes à abandonner le site de leur ancien cimetière pour de nouvelles implantations en retrait des zones habitées.

Parties constituantes non étudiéestombeau, croix monumentale
Dénominationscimetière
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Lieu-dit : Rest
Adresse : rue
Saint-Pierre
Cadastre : 1813 E 144 ; 2011 E 103

Établi à Rest, principal foyer de peuplement local jusqu'au XIe siècle, ce cimetière occupe un secteur de bas de pente du vallon de l'Arceau, près de l'église paroissiale et en site peu exposé aux crues de Loire. Il est aussi implanté au niveau du carrefour formé par l'ancienne voie qui longeait la vallée de la Loire et celle qui conduisait vers le sud le long du vallon et desservait le chemin du plateau menant à Turquant et Saumur.

Il semble que cet emplacement soit ancien et plusieurs auteurs du XIXe siècle déplorent la destruction en 1865 d'une lanterne des morts qui pouvait remonter au XIIe ou au XIIIe siècle, période à laquelle on peut donc attester d'un usage funéraire de cet espace.

Un autre site d'inhumation (peut-être plus ancien ?) serait, par ailleurs, localisé dans le même secteur, mais quelques dizaines de mètres plus au sud, où des ossements furent découverts lors de travaux survenus il y a quelques années (témoignages oraux de Montsoréliens).

La documentation archivistique ne donne que quelques informations ponctuelles sur ce cimetière.

Le cimetière, paroissial puis communal, a toujours reçu les sépultures des habitants du village, mais la chapelle castrale (placée sous les vocables de Notre-Dame du Boile puis de Saint-Michel) et la collégiale Sainte-Croix, qui avaient tour à tour été érigées au rang d'église paroissiale du château virent aussi l'inhumation de membres de la maison seigneuriale de Montsoreau ou du personnel résidant dans l'enceinte castrale. Du XVIe au XVIIIe siècle, plusieurs procédures virent d'ailleurs à ce sujet s'opposer en justice les desservants de l'église paroissiale de Saint-Pierre-de-Rest et ceux de l'église castrale de Montsoreau.

Quelques documents évoquent par ailleurs la gestion du cimetière par le conseil de la fabrique paroissiale. On note ainsi, en 1677, une plainte du curé contre le procureur de fabrique, notamment du fait de ce que ce dernier a affermé le pacage de l'herbe du cimetière, "ce qui est scandaleux, y aiant journellement des vaches".

Dans l'Ancien Régime et jusqu'au XIXe siècle, le cimetière était, par ailleurs, planté d'arbres (mentions de noyers au XVIIe et de pruniers au XIXe siècle).

En 1867, l'ancien mur de clôture, vétuste, est remplacé par un nouveau de 2m de haut par 250m de long.

Si son étendue a pu varier dans le temps, le cimetière actuel présente dans l'ensemble le même périmètre qu'au début du XIXe siècle et la mise à l'alignement de la rue, qui a depuis lors réduit la largeur de la voie, lui a même octroyé quelques mètres carrés supplémentaires, en partie basse.

Depuis le dernier quart du XXe siècle, par manque de place dans cet ancien enclos funéraire, un nouveau cimetière municipal a été établi sur une parcelle déjà close de murs et située 400 mètres plus au sud-ouest, au carrefour des voies menant de Rest à Pierrelée et à la Herpinière.

Période(s)Principale : Milieu du Moyen Age
Principale : Fin du Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Auteur(s)Auteur : auteur inconnu

Le cimetière est constitué d'une parcelle oblongue d'un peu plus de 2000m2, de forme irrégulière et ceinte de murs. Il présente une légère déclivité de l'ouest vers l'est, axe selon lequel s'alignent les tombes. Les pierres tombales, stèles et entrées des chapelles funéraires, face à l'est, sont toutes exposées au regard du visiteur qui accède au cimetière par la porte d'entrée percée dans le mur oriental.

Le plan d'ensemble est simple et deux voies orthogonales divisent l'espace en quatre secteurs de superficies inégales. Les alignements de tombes du fond du cimetière, en partie occidentale, accueillent une plus grande proportion de tombes anciennes, essentiellement du XIXe et du début du XXe siècle.

Plusieurs monuments funéraires et sépultures sont à noter.

Dans l'axe de l'allée centrale du cimetière se trouve, en partie haute, une croix monumentale. Il s'agit d'une croix de pierre, cléchée et chanfreinée qui amortit une colonne érigée sur un socle. Il semble que l'on puisse identifier cette croix à celle dont le piédestal fut construit des matériaux de récupération d'une lanterne des morts médiévale détruite en 1865 au grand dam des historiens du XIXe siècle qui rapportent ces faits (cf. bibliographie). Cette lanterne varie toutefois selon les descriptions qui nous en sont parvenues : Louis Raimbault semble l'avoir vue et la présente comme une construction pyramidale dont la partie haute était cylindrique ; Jacques-Xavier Carré de Busserolle, s'appuie sur des témoignages et la décrit comme une colonne creuse, terminée au sommet par une sorte de lanterne, ce qui lui paraît ressembler à la lanterne des morts de Ciron (Indre), datée du XIIe.

Le style des tombeaux du XIXe siècle reflète les modes architecturales alors en vigueur, notamment historicistes.

Si le tombeau de la famille Bertrand-Quantin-Fournier-Baranger (vers 1873) est d'une conception très néo-classique, les tombeaux des familles Bucaille-Bruneau-Dauge-Pinchaud (milieu ou seconde moitié du XIXe siècle) ou Girard-Gallé (vers 1874) témoignent plutôt d'un goût pour le néogothique. À l'instar de cette dernière, les chapelles sont d'une conception plus élaborée et sont plus ornées. Il est intéressant, à ce titre, de noter qu'à Montsoreau, où l'on comptait de très nombreux carriers et tailleurs de pierre, c'est à un sculpteur de Saumur, Guignon, que l'on fait appel pour réaliser les reliefs d'un style plus éclectique qui ornent les chapelles funéraires des familles Rétif-Ernoult (vers 1880-1890) et Maurice-Rétiveau (vers 1885).

Le décor de ces monuments funéraires, tombeaux ou chapelles, use abondamment d'ornements (croix, sablier, urne, couronne, etc.), qui relèvent de thèmes funéraires classiques, évocations du temps, de la mémoire ou de la religion.

Les tombes du XXe siècle sont le plus souvent sobres ; l'une d'elles, érigée en 1920 pour Théodore Lechat et sa famille, se distingue toutefois par l'originalité de son décor constitué d'un arbre de vie en ronde-bosse de béton. On peut aussi noter un groupe de stèles de l'entre-deux-guerres caractéristiques de l'Art déco.

Enfin, on trouve également un monument aux morts dans le cimetière de Montsoreau, érigé en 1923 (voir le sous-dossier lié à cette notice qui lui est consacré).

Mursmoellon
moyen appareil
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. 31 J 175. Fonds privés : fonds Allain-Targé. Papiers de François Henry, curé de Montsoreau (1663-1704).

  • AD Maine-et-Loire. O 766. Biens communaux. Montsoreau. Cimetière : concessions (1867-1930).

  • AC Montsoreau. Sans cote. Registres paroissiaux. Registres des baptêmes, mariages, sépultures (1572-1792).

Bibliographie
  • RAIMBAULT, Louis. Notice historique sur le château et la commune de Montsoreau. Répertoire archéologique de l'Anjou, année 1865, Angers, 1865.

    p. 304-314. Voir page 312
  • PORT, Célestin. Dictionnaire historique, géographique, et biographique de Maine-et-Loire, 3 volumes, Paris-Angers : 1874-1878. Article « Montsoreau » : vol. 2 (1876).

    p. 733-736. Voir pages 733-734
  • CARRÉ de BUSSEROLLE, Jacques-Xavier. Notice sur les églises et chapelles de Montsoreau et de Rest (Maine-et-Loire), Suppligeon Libraire-éditeur, Tours, 1888.

    p. 20-21
  • RHEIN, André. Montsoreau, Candes, Fontevrault. Guide du Congrès d'Angers et de Saumur en 1910, Société française d'archéologie, Caen, 1910.

    p. 31
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