Dossier d’œuvre architecture IA49000779 | Réalisé par
Biguet Olivier
Biguet Olivier

Chercheur auprès de la Ville d'Angers.

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Letellier-d'Espinose Dominique
Letellier-d'Espinose Dominique

Letellier-d'Espinose Dominique ou Letellier Dominique, chercheur auprès de la Ville d'Angers.

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  • inventaire topographique, Angers intra-muros
Cathédrale Saint-Maurice, place Monseigneur-Chappoulie
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Angers intra-muros - Angers Centre
  • Commune Angers
  • Lieu-dit quartier Centre-ville
  • Adresse place Monseigneur-Chappoulie
  • Cadastre 1840 J 369  ; 1999 DH 84
  • Précisions
  • Dénominations
    parvis, chapelle, crypte, cloître, bâtiment conventuel, calvaire
  • Vocables
    Saint-Maurice, Notre-Dame, Saint-Maurille

Historique

La cathédrale est attestée depuis le courant du IVe siècle. Elle ne conserve aucun élément apparent des campagnes antérieures au XIe siècle. La cathédrale d'Hubert de Vendôme est restaurée à la suite d'un incendie en 1032. Transept et choeur sont refaits dans la 2e moitié du XIe siècle. Plusieurs campagnes de fouilles, notamment en 1902, ont permis de restituer le plan de cet édifice : nef unique à "passages berrichons", transept saillant et choeur à déambulatoire. La charpente est restaurée en 1525 par André et Guillaume Cousin, charpentiers. Nouvelle réfection après l'incendie de 1533. Celui de 1831 endommagera encore la nef (1ère travée). Les restaurations, entre 1870 et 1900, sous la direction de l'architecte diocésain Gustave Raulin, concernent à nouveau les parties hautes (charpente de la nef, corniche, chéneaux, parapets) mais aussi les murs (pignons du transept, contreforts, baies).

Les flèches

Après sa reconstruction en 1525, la flèche sud est à nouveau réédifiée en 1533, à la suite d'un incendie, avec 4 m de hauteur en moins. Les deux flèches sont en mauvais état en 1818, car un devis de réfection est établi par l'architecte Louis François. Leur reconstruction après l'incendie de 1831 est due à l'architecte Mathurin Binet et au sculpteur Dantan aîné : flèche sud achevée en 1838, flèche nord en 1845. Elles sont encore restaurées entre 1910 et 1913. Puis en 1959-1960, la flèche sud fait une nouvelle fois l'objet d'une reconstruction. Nouvelle restauration en cours en 1994-1995.

Le clocher central

Remplaçant un clocher de charpente, le clocher central de Jean Delespine porte sur l'entablement du premier niveau ("galerie" des compagnons de saint Maurice) l'inscription suivante, peinte en majuscules gothiques : "da pacem domine in diebus nostris et dissipa getes q [gentes quae] bella volunt 1540". La reconstruction du dôme en 1831, par Mathurin Binet, diffère, en couverture, de la forme initiale rigoureusement sphérique.

Le clocher de croisée dit haranier

La flèche de charpente à la croisée du transept est prévue dès l'origine, puisqu'un oculus est ménagé dans la voûte, destiné au passage des cloches. Renversée en 1452, elle est rétablie en 1463 : le marché donne les noms de Perrinet Verrier et Pierre Cillart, charpentiers, Jean Herpin, plombier, et Pierre Marques, orfèvre. En 1562, la plomberie est arrachée par les Huguenots. La flèche disparaît en 1793 pour fournir de la matière première aux armées. Sa base subsiste encore dans les charpentes (d'après Louis de Farcy en 1902).

Porche d'entrée

Sa couverture est modifiée en 1744 : le toit à deux pentes est transformé en appentis. Sa destruction en 1807 est décidée par l'architecte Demarie. A la suite de fouilles en 1883, Louis de Farcy en propose une restitution. Un projet de reconstruction, sans suite, est proposé par l'architecte Duvêtre en 1849.

Travaux intérieurs

Le pavage du transept nord est refait en 1453 par Guillaume Robin, maçon. Celui du choeur, constitué de grandes dalles de pierre calcaire ornées de cabochons noirs en losange, par Desnoyers, maçon, en 1784. La balustrade en ferronnerie des galeries hautes intérieures est mise en place de 1782 à 1784, remplaçant des parapets. Le petit escalier à une volée droite d'accès à la bibliothèque, dans le transept sud, contre le mur ouest est conçu dans un style gothique en 1846 par Binet, en remplacement du précédent bâti par Guillaume Robin en 1455.

La sacristie

Elle est bordée à l'est par le mur d'enceinte de la fin du 3e siècle. Réfection de charpente et couverture en 1665. Petite porte ouvrant dans le transept sud aménagée en 1665, disparue depuis. Grande porte vers le choeur élargie en 1783. Surélevée d'un niveau par l'aménagement en 1809 d'une salle d'étude en partie haute pour les enfants de choeur. Cette salle sera détruite lors de la restauration des extérieurs de la cathédrale à la fin du XIXe (en l'occurence, dégagement des baies de la travée droite du choeur et du transept sud). Un projet de reconstruction de la sacristie, par Duvêtre en 1850, puis par Joly-Leterme en 1852, côté évêché au nord, est abandonné. La façade en schiste à un niveau et baie géminée, sur la place, de même que la couverture (appentis et croupe) datent du XIXe siècle.

La chapelle Sainte-Anne, puis du Christ

Son pignon occidental est masqué par l'aménagement du calvaire de 1751. Des fresques du XVe siècle, sont badigeonnées en 1783. En 1807 est aménagé un étage de comble avec longs pans brisés, encore en place, pour loger la soufflerie de l'orgue. Une restauration intérieure a lieu vers 1821, sous l'évêque Montault. Puis une nouvelle restauration en 1905, par l'architecte de l'Etat, Hardion. Les armes de l'évêque Hardouin de Bueil, sur l'une des clefs de voûte, rappelleraient que ce dernier était le bienfaiteur du chanoine Hugues Fresneau, maître d'ouvrage de cette chapelle.

La chapelle Saint-Jean

Ses deux travées voûtées d'ogives sont encore en place. Les armes de la famille de Chateaubriant, sur l'une des clefs de voûte, pourraient renvoyer à un bienfaiteur (non identifié) du fondateur de la chapelle, Jean Haucepié, trésorier de l'église, qui - dans un testament de 1386 - projette de construire une chapelle, ne pouvant être que celle-ci, d'après L. de Farcy. Il n'est cependant pas exclu que la chapelle soit construite dans la 1ère moitié du XVIe siècle : un certain François de Chateaubriant est doyen de Saint-Maurice en 1516 et meurt en 1535. Un Jean de Chateaubriant est chanoine en 1531. Avec les remaniements de 1770, la grande baie sur le cloître, figurée par Ballain, est remplacée par de petites fenêtres. Le niveau supérieur sert actuellement de salle du chapitre.

Chapelle de Job ou Notre-Dame du Cloître

Construite dans les années 1430 en bordure nord de la cour du cloître sur le flanc sud de la nef, à l'ouest de chapelle Saint-Jean, elle disparaît vers 1812 avec la majeure partie du cloître.

Chapelle paroissiale dite chapelle Notre-Dame-de-Pitié

De la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe, datent les deux travées orientales voûtées d'ogives du vaisseau central, une troisième travée à l'ouest ayant été tronquée à la fin du XVIIIe, puis transformée en plafond après l'incendie de 1831, et à nouveau voûtée après 1944. Les quatre travées du vaisseau nord, plus étroit, sont contemporaines du vaisseau principal. En 1428, ajout d'une travée à l'ouest du vaisseau principal. En 1483, grande baie remplaçant la baie géminée du mur oriental, elle-même refaite au XVIIe. En 1500, nouvelle extension à l'ouest du vaisseau principal par "une voûte", pour un porche probablement. Cette dernière partie est connue par Gaignières (1699) et Ballain (1716). En 1548-1552, construction de deux travées au sud, voûtées d'ogives, par Nicolas Viriot : il n'en subsiste que la travée est, celle de l'ouest disparaissant à la fin du XVIIIe. Ces travées sud vont former une seconde nef avec les extensions suivantes : en 1596, une travée vers est (en place), en 1622, une travée vers ouest (disparue). Les démolitions de la fin du XVIIIe emportent les deux travées ouest de chaque nef, entraînant la création d'une nouvelle façade. L'architecte Louis François effectue des travaux intérieurs en 1806 (dont la porte en oeil-de-boeuf de la petite sacristie) en même tempsqu'il construit la maison-placard qui flanque la façade sud de la chapelle paroissiale (disparition à cette date des contreforts sud), avec pavillon au-dessus de la porte du cloître (cf. dessin de Benoist). Construction d'un petit clocher en 1818, encore en place. Projet de reconstruction complète en style gothique du XIIIe par Joly-Leterme en 1852, abandonné. Restaurations après les bombardements de 1944 : réfection complète de la charpente et de la couverture, réparation des voûtes. Forme initiale des couvertures : contradiction entre les dessins de Gaignières et Ballain : deux pignons occidentaux d'après le premier, un seul toit à deux longs pans, avec appentis et faux-pignons pour le vaisseau sud, d'après le second (probablement plus juste). Le toit, à deux longs pans asymétriques, n'est pas antérieur à la fin du XVIIIe siècle. Des vestiges du pignon initial du vaisseau principal et de la baie géminée du XIIe sont encore visibles extérieurement sur le chevet plat. Les monogrammes restaurés à la clef de voûte des travées sud de 1552 ne correspondent pas exactement à la description qui en est faite en 1868 par Barbier de Montault : V renversé, G et 4 croiseté ; C, D et 4 croiseté.

Le cloître (et bâtiments conventuels)

Sa démolition partielle, en 1792, est effectuée pour l'aménagement de la place Saint-Maurice (dont le chapitre qui flanquait la face sud du transept, le réfectoire situé dans l'aile sud...). En 1812, une nouvelle aile sud et un portail sur la place, par l'architecte François, referme la cour. Celui-ci fait disparaître alors l'aile ouest - subsistante - du cloître, contre la chapelle paroissiale. L'aile sur la place et le portail sont démolis en 1899 pour dégager la cathédrale.Le parvis et la chapelle du PlacitreLe parvis ou placitre existe au XIIIe siècle, en tant que cimetière. Réaménagé au XVe, avec mur d'enceinte et portail, qui disparaissent peu après la chapelle du Placitre, elle-même construite en 1469 et détruite en 1682. La limite du parvis est alors formée par des bornes de pierre (représentées sur les dessins de Gaignières en 1699 et Ballain en 1716). La chapelle du Placitre était située dans l'enceinte du parvis, près du portail de ce dernier et face à la porte de la cathédrale.

La cathédrale d'Angers est mentionnée pour la première fois en 470 lors de son incendie par les Francs. Elle est primitivement dédiée à saint Maurice, auquel sont associés les patronymes de la Vierge au IXe siècle et de saint Maurille au Xe siècle. De l'église reconstruite et dédicacée en 1025 par l'évêque Hubert de Vendôme, subsiste la partie inférieure des murs de la nef. L'édifice actuel, essentiellement des XIIe et XIIIe siècles, présente plusieurs campagnes : nef entre 1140 et 1160 sous les épiscopats d'Ulger et de Normand de Doué. Façade entre 1170 et 1180, précédée vers 1200 d'un porche d'entrée. Croisée, travée droite du choeur et bras sud du transept dans le 1er tiers du XIIIe siècle sous l'évêque Guillaume de Beaumont, puis bras nord du transept à partir de 1236. Travée d'absides entre 1239 et 1255 sous Michel de Villoiseau. Sacristie dans le 2e quart du XIIIe siècle. La chapelle Saint-Jean est édifiée entre 1386 et 1390. Le cloître est bâti entre 1437 et 1458 par le maçon Bonju, sauf l'étage de la bibliothèque sur l'aile orientale, achevé en 1467. La chapelle Sainte-Anne est élevée entre 1466 et 1469. Les flèches latérales sont reconstruites entre 1519 et 1525, celle du nord par l'architecte Mathurin Georges. Le clocher central qui remontait au XIIIe siècle est réédifié entre 1534 et 1540 (date portée) par l'architecte Angevin Jean Delespine. Le calvaire extérieur à l'angle nord-ouest de la nef est édifié en 1751. Une crypte pour le caveau des chanoines est creusée en 1763 par l'architecte Joseph Desnoyers. La paroisse Saint-Maurice est mentionnée en 1040, mais la chapelle dite du Crucifix qui lui est affectée, est bâtie seulement dans les années 1190-1220. Elle est agrandie au XVIe siècle par l'adjonction du vaisseau sud, oeuvre de l'architecte Nicolas Viriot. A la fin du XVIIIe siècle, cette chapelle sera amputée sur sa partie ouest. Les autres mutilations et les restaurations des XVIIIe et XIXe siècles sont nombreuses : chapelle Saint-Jean transformée en logement en 1770, porche détruit en 1807, cloître presque entièrement abattu vers 1812 à l'exception de trois arcades et des baies correspondantes de la bibliothèque, côté est. Les flèches et le clocher central sont rebâtis après l'incendie de 1831. Restauration générale, surtout des parties hautes, entre 1870 et 1914, puis restauration ponctuelle après les bombardements de 1944 (flèche sud, chapelle paroissiale).

  • Murs
    • grès
    • tuffeau petit appareil
    • schiste
    • moellon
    • calcaire moyen appareil
    • appareil mixte
  • Toits
    ardoise, calcaire en couverture
  • Plans
    plan en croix latine
  • Étages
    3 vaisseaux, 1 étage carré
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • coupole
    • coupole à trompes
    • voûte en berceau en anse-de-panier
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • toit à longs pans pignon découvert
    • noue
    • croupe polygonale
    • flèche en maçonnerie dôme polygonal
    • appentis
  • Escaliers
    • escalier dans-œuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
  • État de conservation
    restauré
  • Techniques
    • sculpture
    • sculpture
    • peinture
    • vitrail
    • ferronnerie
    • ferronnerie
  • Représentations
    • armoiries
    • ornement végétal
    • ornement géométrique
    • volute
  • Précision représentations

    Armes d'Hardouin de Bueil et armes du chapitre sur la voûte de la chapelle Sainte-Anne. Armes de Châteaubriant et armes du chapitre (?) sur la voûte de la chapelle Saint-Jean. Décor sculpté de ruban plissé, fleur, feuillage, sur les arcades et les voûtes. Garde-corps en fer forgé des galeries de circulation à motifs de volutes.

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    élévation, voûte, porche
  • Protections
    classé MH, 1862
  • Précisions sur la protection

    Cathédrale Saint-Maurice : classement par liste de 1862.

  • Référence MH

Monument religieux majeur de l’architecture gothique Plantagenêt (12e - 13e siècles), avec les premières expérimentations de voûtes bombées angevines autour de 1150. Importante série de vitraux du 12e au 15e siècle, dont de précieuses verrières romanes. Exceptionnel ensemble de peintures murales du 13e siècle relatant la vie de saint Maurille.