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Auberge Saint-Jean, relais de poste aux chevaux, puis gendarmerie, actuellement hôtel de ville, rue de l'Abreuvoir, Connerré

Dossier IA72058730 inclus dans Bourg de Connerré : faubourgs de La Rochelle et de Groisiller (Groseiller) et rue de Paris réalisé en 2018

Fiche

Précision dénominationrelais de poste aux chevaux
Appellationsauberge Saint-Jean
Parties constituantes non étudiéeslogement, cour
Dénominationsauberge, relais de poste, gendarmerie, hôtel de ville
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Savigné-l'Evêque
AdresseCommune : Connerré
Adresse : rue de l'
Abreuvoir
Cadastre : 1836 C2 58 59 ; 2018 AC 869

De l'auberge de l'Image Saint-Jean au relais de poste aux chevaux

Cet ensemble possède une histoire complexe et a connu de multiples affectations. Le bâtiment donnant sur le quartier du Groisiller est le plus ancien conservé, mais les remaniements successifs rendent la datation difficile. Visible dans la cave, une porte chanfreinée murée pourrait dater au moins du XVIIe siècle. A proximité, une autre porte murée, probablement en anse de panier, date du XVIIIe siècle. Ce bâtiment correspond au corps principal de l'ancienne auberge Saint-Jean (ou de l'Image Saint-Jean), l'une des nombreuses que comptait Connerré à proximité des entrées du bourg, aussi bien intra que extra-muros. D'après le terrier de 1787, elle pourrait s'être précédemment nommée "maison du Groisilier", d'où sans doute l'appellation du faubourg.

Au XVIIIe siècle, la création de la première route royale Paris-Nantes via Bellême et Bonnétable délaisse Connerré, aussi un plan dressé vers 1770 indique-t-il que les "magnifiques auberges" de la place du Groisiller sont alors abandonnées. Il faut attendre l'aménagement de la nouvelle route royale passant par La Ferté-Bernard et Connerré, dans les années 1780, pour que le trafic retrouve sa vigueur et que les auberges soient rétablies. Dans les années 1820-1830, la possession de l'angle de la rue de Paris et de la rue de l'Abreuvoir, qui assure la meilleure visibilité sur la route royale, sera l'objet d'une querelle entre Caradret et Gourmy, propriétaires des auberges contigües des Victoires et de Saint-Jean.

Le 24 janvier 1816, Jean-Julien Gourmy, maître de poste aux chevaux et maire de Connerré, achète l'auberge, "une maison avec dépendances portant pour enseigne l'Image de saint-Jean dans le bourg de Connerré à l'embranchement des routes du Mans et de Vibraye, [...] distribuée au rez-de-chaussée une grande cuisine avec évier [...], un salon à manger à cheminée avec un vestibule, un petit cabinet, deux grandes caves sous solives avec escalier, 3 chambres à feu et 2 cabinets par le haut, grenier sur le tout, une écurie, des bâtiments, une cour de forme triangulaire avec un bâtiment construit à neuf et écurie [...]". Un croquis de 1817 confirme que le relais de poste se trouve bien ensuite à cet emplacement.

De la gendarmerie à l'hôtel de ville

La gendarmerie s'est beaucoup déplacée au sein du bourg depuis le début du XIXe siècle. Grâce à la saisie des biens nationaux, la municipalité installe très provisoirement la brigade à pied dans l'ancien collège et la brigade à cheval au presbytère. Ces bâtiments devant être restitués à leur fonction première, l'hôtel du Plat D’Étain est envisagé en 1803 pour le casernement des gendarmes, mais sans suite. Faute de local disponible, les gendarmes sont dispersés dans le bourg dans des maisons louées à des particuliers. Il faut attendre les années 1840 pour que la commune rachète l'ancienne auberge Saint-Jean pour en faire la gendarmerie. Les bâtiments sont donc remaniés vers le milieu du 19e siècle pour les adapter à cette nouvelle fonction. La tour d'escalier, qui ne figure pas sur le cadastre napoléonien de 1836, fait partie de ces aménagements.

La gendarmerie reste dans ces locaux pendant plus d'un siècle. En 1965, le département procède à l'achat d'un terrain pour construire une nouvelle caserne dans le faubourg de La Rochelle (elle sera de nouveau déplacée à l'entrée sud-ouest du bourg en 2017). En 1976-1977, la municipalité fait édifier, sur les plans de l'architecte Philippe Gaubert, un nouvel hôtel de ville avec bureau de perception dans la cour de l'ancienne gendarmerie : cette dernière devient une annexe destinée à l'accueil des services médico-sociaux et associatifs. La mairie a été agrandie en 1992 (notamment avec une nouvelle salle du conseil), tandis que le bâtiment de l'ancienne gendarmerie a été restauré en 1998 : ses ouvertures ont été remaniées mais conservent leur emplacement.

Période(s)Principale : 17e siècle, 18e siècle, milieu 19e siècle, 4e quart 20e siècle , (?)
Dates1976, daté par source
Auteur(s)Auteur : Gaubert Philippe
Philippe Gaubert

Architecte en Sarthe dans les années 1970.


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architecte attribution par source

Le corps de bâtiments de l'ancienne gendarmerie se compose de deux constructions de même volume accolées, avec une tour d'escalier circulaire hors-œuvre coiffée en poivrière. Côté cour de l'hôtel de ville, on dénombre cinq travées d'ouvertures remaniées, il en existe quatre côté quartier du Groisiller (dont une fenêtre murée). On distingue la trace de reprises de maçonnerie et d'ouvertures condamnées, dont une porte charretière. Une ancienne écurie aux ouvertures cintrées soulignées de brique, située dans le prolongement de ces bâtiments, a été démolie. L'intérieur a été totalement rénové et n'a pas conservé d'élément ancien autre que l'escalier tournant en bois de la gendarmerie et, dans les caves sous plancher, une porte murée chanfreinée et une autre semble-t-il en anse de panier.

Le bâtiment de la mairie-perception, orienté à l'ouest, présente la particularité de posséder des façades inclinées vers l'arrière, couvertes d'un essentage d'ardoise. La partie droite (bureaux et salles de réunion) est en rez-de-chaussée, la partie gauche (bureaux, salles de réunion et anciens logements) compte deux étages. A l'arrière, en rez-de-chaussée, se trouvent l'ancienne salle du conseil transformée en bureaux, la nouvelle salle du conseil et une salle annexe.

Mursgrès moellon enduit
Toitardoise
Étagessous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
Escaliersescalier hors-œuvre : escalier en vis en charpente
État de conservationbon état, remanié
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Les hôtels et auberges de Connerré

    Connerré a compté, au moins depuis le Moyen Age jusqu'au XXe siècle, de très nombreux hôtels et auberges, qui attestent de son important rôle d'étape sur une route de première importance, entre Paris, Nantes et Rennes via Le Mans. Parmi les plus anciens, figurent le Plat d’Étain, l’Écu de France, l'Image Notre-Dame, Saint-Jean, Saint-Jacques, Sainte-Barbe, le Lion d'Or, la Croix Blanche, les Victoires, tous attestés pendant l'Ancien Régime (et peut-être le Saulvage, le Dauphin). Ils sont principalement localisés près des portes du Lion et des Vieux Ponts, c'est-à-dire les entrées de la ville sur la route royale de Paris à Nantes, aussi bien à l'intérieur des remparts qu'à l'extérieur. D'autres hôtels sont créés un peu partout dans le bourg au XIXe siècle, tels les hôtels du Nord, de l'Ouest, de France, de l'Europe, de la Boule d'Or, du Cheval Blanc, du Commerce, de la Gare. En tout, ce sont plus de vingt enseignes qui sont connues par les textes et les photographies anciennes. Il ne reste aujourd'hui plus aucun de ces hôtels en activité.

  • La poste aux chevaux et la poste aux lettres à Connerré.

    Il est très probable que le relais de poste aux chevaux de Connerré, vraisemblablement créé à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe siècle, a occupé plusieurs emplacements dans le bourg, au gré des changements de maîtres de postes. On connaît, grâce aux archives, les noms de plusieurs d'entre eux : Mathurine Mercier avant 1784, Jean Chayé dit Fontaine autour de 1790, Jean Lechable entre 1794 et 1804, Jean-Julien Gourmy, Joseph-Frédéric Vauchelle-Lonchamps à partir de 1825, Félix Lecomte de 1829 à 1840, Belhomme de 1841 à 1868 (voir travaux de Mme Annick Guilleux).

    Il est certain que le relais de poste aux chevaux de Connerré a occupé l'auberge Saint-Jean (ancienne gendarmerie et actuelle annexe de la mairie) entre 1816 et 1825, période à laquelle s'y trouve Jean-Julien Gourmy (aubergiste, maître de poste et maire de Connerré), et peut-être vers 1790 à l'époque où elle appartenait à un autre maître de poste, Jean Chayé. Les autres localisations du relais restent hypothétiques. On peut supposer fortement par exemple qu'il a occupé l'auberge du Plat D’Étain (actuel 22, rue Faidherbe), que possédait M. Gourmy avant l'achat de l'auberge Saint-Jean, mais aucun document ne l'atteste formellement. Par décision du conseil des Postes du 3 décembre 1869, le relais de Connerré sera supprimé définitivement au 1er janvier 1870.

    Connerré possédait également un bureau de la poste aux lettres, attesté par le terrier de 1787 dans l'hôtel de la Croix Blanche, actuellement n°10, 12, 14 rue des Vieux Ponts. Au XIXe siècle, le bureau de poste se situe rue Faidherbe avant de migrer au début du XXe siècle à l'extrémité de la rue Michel Beaufils.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; G 1035. 1787 : terrier de Connerré.

  • 1795, 30 avril : demande d'indemnisation du sieur Lechable, maître de poste à Connerré, pour la perte de trois chevaux.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : L 52
  • 1803-1840 : caserne de gendarmerie de Connerré.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 4 N 72
  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 O 753. 1794-1900 : voirie urbaine et alignements, Connerré.

  • 1825-1869 : relais de poste aux chevaux de Connerré.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 6 P 37
  • 1973 : acquisition de l'ancienne gendarmerie pour la construction d'une nouvelle mairie à Connerré.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 110 W 79
  • 1974-1977 : construction d'une mairie avec perception à Connerré.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 1032 W 29
Documents figurés
  • 1854 à nos jours : délibérations du conseil municipal de la commune de Connerré. (Archives municipales de Connerré).

  • XVIIIe siècle (vers 1770 ?) : plans du bourg de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; C add 94).

  • 1771 et 1787 : plan du bourg et plan terrier de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; 1 Fi 663).

  • 1817 et 1831 : dessins des auberges du faubourg de Groisiller.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 3 O 753
  • 1836 : plan cadastral napoléonien de Connerré. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\091).

  • 1976 : plans de construction d'une mairie avec perception à Connerré, par Philippe Gaubert.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 1032 W 29
  • 1980 : plans d'un projet d'aménagement de l'ancienne gendarmerie de Connerré.

    Archives départementales de la Sarthe, Le Mans : 1142 W 67
  • Collections particulières de cartes postales et de photographies anciennes, Connerré. (Collection particulière).

Bibliographie
  • JALINIER, Suzanne. Connerré au fil du XXe siècle. Mulsanne : ITF imprimeurs, 2009.

    p. 15
  • LE GOFF-GUILLEUX, Annick. "De relais en relais, ou l'art de voyager aux XVIIIe et XIXe siècles". La Province du Maine, voyages et voyageurs aux XVIIIe et XIXe siècles, journée d'études Louis Simon 2016. Le Mans, 2016.

    p. 37-64
Périodiques
  • LEMEUNIER, Frédéric. "Heurs et malheurs du patrimoine sarthois. Connerré, hôtel de ville et relais de poste". La Province du Maine, t. 80. Le Mans : juillet-septembre 1978.

    p. 364
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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