Du fait de sa position stratégique à la confluence de l'Étangsort et de la Veuve, le site de Brives constitue vraisemblablement un point de passage important depuis l'Antiquité, à la fois comme frontière et comme carrefour.
Sur la base de cette occupation ancienne, l'écart s'est ensuite structuré en tant que siège d'un fief avec métairie et dépendances, mentionné depuis au moins le XVIe siècle comme faisant partie des possessions des seigneurs de Loudon (paroisse de Parigné-l'Évêque), vassaux des seigneurs de Lucé. En 1723, les fiefs de Chantemerle (Chantemêle), la Riboulière, la Pionnière, la métairie d'Assé (Asse ?), le Fresne, ainsi que le moulin à blé au bas du bourg de Courdemanche dépendent tous du fief de Brives, le plus important de la paroisse après celui de Vaux. Le fief de Brives et ses dépendances sont ensuite acquis en 1761 par Claude François, comte de Murat et marquis de Montfort qui le conserve jusqu'à la Révolution. Plusieurs maisons et fermes, principalement situées dans la partie nord de l'écart, datent de cette période, notamment les numéro 7 et 15 (maisons à étage carré), le numéro 7 portant la date de 1791.
Au XIXe siècle, l'écart de Brives demeure un carrefour important entre les communes alentour. En 1884, il accueille une halte de la ligne de tramway reliant Le Grand-Lucé à La Chartre-sur-le-Loir, ce qui y favorise l'implantation de petits commerces et le développement de l'écart avec la construction de nouvelles maisons, notamment caractérisées par des encadrements et décors en ciment rustiqué (première moitié du XXe siècle). La ligne cesse d'être exploitée en 1947, l'écart étant cependant aujourd'hui toujours marqué par le passage de la route départementale 304 qui en reprend le tracé.
Photographe du service Patrimoine de la Région Pays de la Loire.