Parmi les vassaux nommés dans l'aveu de Thomas de Clermont, chevalier et seigneur de Saint-Georges, rendu à la baronnie de Lucé le 23 août 1581, se trouve un certain "Jacques Huart, sieur de La Guynardière" devant alors "foy et hommaige simple et ung cheval de service, pour raison de son fief des Juguenières, sis en Courdemenche, et de ses fiefs de La Sourgetière et des Nouet. ès seigneuries de Ruillé et d'Aigrefoing". Cette mention invite à penser qu'il existait un fief à la Guynardière/Guinandière au XVIe siècle ; l'aveu sous-entend que ce dernier ne relève pas des seigneurs de Saint-Georges.
De l'édifice d'origine, dont il est difficile de restituer l'organisation générale, ne subsiste aujourd'hui que les vestiges de l'ancien logis. Celui-ci est encore enregistré comme "maison" sur le cadastre de 1834, époque à laquelle la propriété apparaît déjà comme convertie en ferme. Une autre maison est également présente à cette date dans un bâtiment séparé, récemment détruit et étudié d'après photos : il s'agissait d'un bâtiment en longueur associant logis et étables sous même faîte, dont la physionomie (absence de surcroît, encadrements anciens en pierres de taille calcaires ou alternant pierres de taille calcaires et petites briques) peut être datée du XVIIIe siècle. Les deux logis ont donc apparemment cohabité un certain temps avant que le logis du manoir ne soit définitivement déclassé en 1846 pour être converti en grange. Ce dernier, qui était peut-être à l'origine doté d'un étage, conserve notamment des fenêtres encadrées en pierres de taille calcaires (façade nord-ouest) ou alternant pierres de taille calcaires et petites briques (façade sud-est), datables du XVIIe ou du XVIIIe siècle. L'intérieur conserve également une cheminée sur chaque pignon ; celle du pignon nord-est, entièrement en pierres de taille calcaires, se distingue par le soigné de son exécution ; ornée d'un trumeau et accompagnée d'un potager, elle pourrait dater du XVIe ou XVIIe siècle.
L'étable-hangar semble issue d'un bâtiment ancien plusieurs fois remanié (structure sur poteaux de bois). La vaste étable-fenil et le logis actuel (qui a probablement d'abord été une très vaste grange-étable) sont construits dans la première moitié du XXe siècle (chaînes et encadrements de briques belges). Le cellier semi-enterré ainsi que le pressoir à fruit qui l'accompagne (date portée 1953) datent de la même période.
Photographe du service Patrimoine de la Région Pays de la Loire.