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  • (c) Archives municipales de Nantes

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Bas-Chantenay - Nantes
  • Commune Nantes
  • Adresse avenue de Lusançay , rue des Garennes
  • Dénominations
    jardin public, square, monument
  • Appellations
    Square Maurice Schwob

Le plateau dominant les anciennes carrières de Misery a été acheté par la Ville de Nantes en 1853 lors du démembrement du domaine de Lusançay. Il est occupé par des jardins ouvriers. Etienne Coutan, architecte de la ville de Nantes depuis 1911 et auteur des squares du Marquis de Saffré, Jean-Baptiste Daviais et du Jardin de la Porte Saint-Pierre, décide de créer dans cet espace un vaste "jardin-promenade" répondant aux nécessités sanitaires et esthétiques d'une ville en fort développement. La création de ce dernier est décrétée d'utilité publique : les baux précaires des jardins ouvriers sont résiliés et des acquisitions de terrains par la Ville négociées. Le projet initial prévoit une vaste promenade qui s'étire depuis le promontoire de l'avenue de Lusançay jusqu'au quai de la Fosse en passant par la rue de l'Hermitage et le panorama des escaliers de Sainte-Anne. Pour les préserver les points de vues, des clauses limitent la hauteur des bâtiments des brasseries dans la carrière en contrebas. Finalement, seule une partie du projet est réalisé, la promenade en surplomb de la carrière de Misery derrière l'école de garçons est abandonnée. Le square Maurice Schwob ouvre au public le 27 septembre 1933, rendant hommage au directeur du quotidien local "Le phare de la Loire", décédé en 1928. Le jardin est réaménagé en 2012 par le service des espaces verts de la ville de Nantes.

Dans le projet de Coutan, les compositions architecturale et végétale dialoguent pour apporter un grand soin au traitement des différentes ambiances du jardin. Le jardin est élaboré selon un dessin judicieux de symétries et dissymétries qui tire parti au mieux du plateau disponible. L'allée de tilleuls : Depuis la rue des Garennes et l'avenue de Lusançay, les vues sur la Loire et le port sont offertes au travers de grilles désuètes qui proviennent d'un réemploi du square Jules Verne au bas du cours Saint-André. Une allée de tilleuls argentés longe la grille et la rue des Garennes à l'intérieur du square. Cette haie végétale, taillée et très présente, couronne la falaise depuis la rue Marcel Sembat. Les tilleuls sont doublés, côté ouest, de résineux. Le jardin de repos est composé d'un parterre en demi-cercle avec en point central un groupe sculpté par Paul Auban. Il représente une femme éplorée, le corps de son fils rejeté par les flots, étendu devant elle. Elle tend un poing vengeur vers le fleuve. L'ensemble parterre/statue est entouré en symétrie de "salles végétales", lieux de repos entourés d'ifs taillés en colonnes. La promenade : La dénivellation qui sépare les parties jardin et panorama est traitée avec des talus engazonnés ponctués de rampes en granit. Ce surplomb de l'esplanade estompe de la vue le muret de protection qui borde la corniche. L'allée utilisée par les promeneurs pour admirer le panorama est alors traitée en "douve". Côté carrière, le muret de granit disparaît sous la végétation qui monte à l'assaut de la falaise. La promenade panoramique se poursuit jusqu'à l'avenue de Lusançay. les bâtiments : Des sanitaires prévus par Coutan, mais hors service en 2012, sont construites en retrait dans une arche maçonnée de granit à proximité de cette entrée. Un abri pour le gardien, tel un abri de douanier, est installé en belvédère, dans un cylindre de maçonnerie de granit surmonté d'un disque de béton. Ce local est utilisé jusqu'en 1990, puis muré. A l'ouest du jardin, un terrain de jeux entouré de grillages est installé lors de travaux récents. D'autres jeux pour enfants occupent les "chambres végétales".

  • Murs
    • pierre
    • maçonnerie
  • Plans
    jardin mixte
  • Jardins
    arbre isolé, groupe d'arbres, parterre, pelouse, salle de verdure
  • Typologies
    jardin public
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Le square Maurice Schwob témoigne d'une utilité judicieuse du plateau au dessus des carrières de Misery. Au début du XXe siècle, ce jardin prévu pour les habitants de ce quartier récent et pour les touristes venus admirer le port, réussit à concilier ces usages différents.

Bibliographie

  • BIENVENU, Gilles. Le quartier Sainte-Anne et l'Hermitage à Nantes, in Bulletin de la Société Archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, Nantes, 1982, éd. Nantes Manoir de la Touche, tome 118 (AM 1Per 98/118).

  • BIENVENU, Gilles. Le square Maurice Schwob : un jardin urbain sur la Loire in Place Publique, Nantes, novembre-décembre 2008, n° 12.

  • JOUBIER, Robert. Le belvédère de la ville de Nantes in Annales de Nantes et du Pays Nantais, Nantes, n° 238, 2e semestre 1990.

Date d'enquête 2012 ; Dernière mise à jour en 2012