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Presbytère, actuellement maison, 22 rue de l'Église

Dossier IA72058784 réalisé en 2018

Fiche

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéeslogement, grange aux dîmes, lavoir, mur de clôture, portail, cour
Dénominationspresbytère
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Saint-Calais
AdresseCommune : Valennes
Adresse : 22 rue de l'
Église
Cadastre : 1829 C4 664 ; 2018 AB 308 309

Le presbytère de Valennes avant la Révolution

Une tradition répandue voulant que la grande demeure au 18 rue de l’Église soit le premier presbytère de Valennes semble erronée, puisqu'il s'agit de l'ancienne maison seigneuriale. D'après les archives du XIXe siècle, notamment les chroniques manuscrites du curé Jean Arthuis (archives du diocèse du Mans), on peut supposer que le presbytère occupe le même emplacement depuis une période reculée. Une ancienne ouverture, qui pourrait dater du XVIe siècle, est toujours visible au mur-pignon nord. Avant la Révolution, il comprenait deux bâtisses accolées d'époques bien différentes : le rez-de-chaussée de la maison actuelle, construit dans la 2e moitié du XVIIIe siècle, et une ancienne cuisine accolée, partiellement en pans de bois, que Arthuis attribue au XVIe siècle. Ces deux constructions mal assorties, qui n'étaient pas au même niveau, étaient réunies par un escalier de quatre à cinq marches "très incommodes et disgracieuses".

La vaste grange aux dîmes, en grande partie conservée, est sans conteste la partie la plus ancienne : de datation difficile, elle remonte vraisemblablement à l'époque médiévale. L'étroite baie à arc en plein cintre et encadrement en grès roussard visible côté nord-est pourrait s'apparenter à la période romane (XIIe siècle), mais elle est trop fruste pour conclure à une datation certaine. Quant à la charpente actuelle, du type à portiques, elle date du XVIIIe siècle au plus tard. En 1780, le duc de Vendôme autorise la construction d'un colombier au presbytère de Valennes. Celui-ci, à moins qu'il n'ait disparu, ne fut peut-être jamais réalisé. En revanche, le lavoir dont on aperçoit encore les bases devait déjà exister.

La cohabitation du curé et de la municipalité

A la Révolution, les domaines de la cure, consistant en terres labourables, prés, pâtures et vergers, les métairies de la Petite Godinière et du Soucy ainsi que la maison de la Petite Quentinière sont saisis comme bien nationaux et vendus. Quelques terres sont rachetées par le curé Michel-Joseph Couppel. Quant au presbytère, il n'est pas vendu mais affecté à la municipalité, car c'est alors le seul bâtiment du bourg disponible pour accueillir des services communaux. Il est dit en juin 1801 qu'on y trouve les bureaux et les archives de la mairie ; un mois plus tard, il abrite l'école primaire tenue par M. Antoine Chrétien. Mais cette situation est très éphémère et le presbytère semble aussitôt restitué au curé. Avant son décès en 1820, Couppel lègue le presbytère et ses terres à la commune, sous la réserve que les desservants de la paroisse en conserveront l'usufruit et qu'une maison de charité avec école de filles sera établie à Valennes.

En 1833, et malgré l'opposition du curé qui y voit une manœuvre pour le contrarier, une portion de la grange du presbytère est distraite pour servir de salle de mairie et de cabinet du maire, la commune n'ayant pas les moyens de se doter d'une construction neuve. Les travaux de la nouvelle mairie sont confiés au maçon valennois Michel Prejent : la cloison en pan de bois visible à l'intérieur de la grange pourrait dater de cet aménagement. Le conseil municipal occupe les lieux jusqu'en 1877, date de construction de la mairie-école.

Les transformations du presbytère

Le logement du presbytère, qui présente encore un plan en L sur le cadastre napoléonien de 1829, est jugé obsolète au milieu du XIXe siècle, "considérant la mauvaise distribution et l'état de délabrement" de la cuisine, très sombre et très humide, en rez-de-chaussée et encore en partie en pan de bois, qui donne à l'ensemble un "aspect hideux". De plus, le curé réclame une surélévation d'un étage afin d'assainir la maison. Les plans et devis de la réfection et de l'agrandissement du presbytère sont livrés par l'agent-voyer de l'arrondissement de Saint-Calais Louis-Alexandre Richard et les travaux, payés sur les fonds de la fabrique et les deniers personnels du curé, sont menés à bien par l'entrepreneur François Brette en 1853. L'ancienne cuisine insalubre est démolie, tandis que la maison du XVIIIe siècle est surélevée : les baies de l'étage sont traitées dans le style de celles du rez-de-chaussée pour harmoniser l'ensemble.

En 1904, dans le cadre de l'aménagement du chemin d'intérêt commun de Vibraye à Mondoubleau et Saint-Calais, le tronçon de rue entre l'église et le presbytère, qui forme alors un coude, est rectifié. On procède alors à l'amputation de la grange et à la démolition de bâtiments de dépendances, jugés de peu de valeur, afin que la rue de l'église soit plus large et rectiligne. Un nouveau mur de clôture est édifié, tandis que la grange est remaniée : nouveau mur-pignon, aménagement d'une buanderie (travaux réalisés par l'entrepreneur Guillochon-Leproust).

Du presbytère à la maison

Avec la séparation de L’Église et de L’État en 1905, la commune devient pleinement propriétaire du presbytère. Le 6 janvier 1907, le conseil municipal décide d'y installer l'école de filles, devenue trop petite. Il se ravise une semaine plus tard, comprenant que sans presbytère, il n'y aura plus de curé à Valennes. Un bail de location est donc établi entre la municipalité et le desservant, qui sera renouvelé jusqu'en 1992 : au décès du dernier curé de Valennes, le presbytère est vendu à des particuliers qui le restaurent et en font une maison d'habitation. Des garages sont construits dans la cour et le jardin à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle.

La grange, restée propriété communale, est quant à elle louée à des particuliers puis accueille, au cours du XXe siècle, le matériel de la subdivision de pompiers (créée en 1912) : la sirène d'alarme, achetée en 1975, est toujours présente au sommet du pignon. Remaniée à de multiples reprises, c'est aujourd'hui un local technique municipal. En 1931, les terrains de la cure sont vendus par la commune pour rembourser l'emprunt pour le bureau de poste. Des maisons ont été construites à cet emplacement dans le 4e quart du XXe siècle.

Période(s)Principale : Moyen Age, 16e siècle, 2e moitié 18e siècle, 3e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle, limite 20e siècle 21e siècle
Dates1853, daté par source
Auteur(s)Auteur : Brette François entrepreneur attribution par source
Auteur : Richard Louis-Alexandre
Louis-Alexandre Richard

Agent voyer de l'arrondissement de Saint-Calais (Sarthe) dans le 2e quart du XIXe siècle.


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architecte attribution par source

L'ancien presbytère de Valennes comprend le logement du curé ainsi que la grange dîmière, remaniée à de nombreuses reprises, dans une cour close par un muret et accessible par un portail à piliers en briques surmontés de vases en ferronnerie.

La façade principale de la maison, orientée au nord-est, comprend cinq travées de baies en arc segmentaire, dont les encadrements alternent calcaire et grès roussard. Les ouvertures de la travée centrale ont été murées. L'accès au sous-sol se fait par une porte en plein cintre à encadrement en grès roussard. Une corniche moulurée en calcaire orne le sommet des murs. La façade arrière présente trois travées et deux baies supplémentaires au rez-de-chaussée. Sur le mur-pignon nord subsiste une ouverture en calcaire chanfreinée à l'intérieur, encadrée de grès roussard à l'extérieur. La toiture, à longs pans et à croupes, est couverte d'ardoise.

De plan rectangulaire, la grange est couverte d'un toit à longs pans et de tuiles plates. Côté cour, le petit avant-corps surmonté d'une croupe correspond à la porte charretière primitive (murée et dissimulée par la végétation). Il subsiste une étroite fenêtre délardée en plein cintre et une petite ouverture biaise sur le mur gouttereau longeant la rue des Sabotiers. D'autres baies, percées tardivement (et pour la plupart aujourd'hui murées), sont encadrées de briques. L'enduit présente toujours, côté rue des Sabotiers et du Boutry, un décor formé d'une bande horizontale sous la toiture et de bandes verticales régulièrement espacées.

Mursmoellon enduit (?)
Toitardoise
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvrementscharpente en bois apparente
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans croupe
Escaliersescalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
État de conservationbon état
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 192 AC 72. 1853-1932 : presbytère de Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 895. 1587-1776 : domaines de la cure de Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 6 J 188. 1647, 7 juin : arrêt du parlement autorisant le curé de Valennes Séverin Advisard à prélever la dîme tant grosse que menue sur l'ensemble de sa paroisse.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 O 375/6. 1831-1939 : presbytère de Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 O 375/8. 1826-1932 : terrains communaux, Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 70. 1801, 18 juin et 18 juillet : biens nationaux non vendus, presbytère de Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 649. 1791, 9 juin : adjudication du domaine de la cure de Valennes.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 4 V 1. 1846 : renseignements statistiques sur les églises et presbytères de la Sarthe.

  • Archives diocésaines du Maine ; boîte 1505. Papiers concernant la paroisse de Valennes.

  • Archives municipales de Valennes. 1790 à nos jours : délibérations du conseil municipal de la commune de Valennes.

Documents figurés
  • 1833 : croquis sommaires du presbytère de Valennes. (Archives départementales de la Sarthe ; 2 O 375/6).

  • 1829 : plan cadastral napoléonien de Valennes. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\373).

Bibliographie
  • ASSOCIATION DECOUVRIR VALENNES. Venez découvrir Valennes. S. d.

  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1653
  • PAYS DU PERCHE SARTHOIS. Monument du Mois à Valennes, 2000.

    p. 4
  • PASTY DE LA HYLAIS, Emmanuel-Jacques. Le Bas-Vendômois historique et monumental (1878). Paris : le Livre d'histoire, 2015.

    p. 95
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Pierrick Barreau

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois.


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