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Moulin de la Pichonnière, ferme, actuellement maison

Dossier IA85002617 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, jardin, mur de clôture, étable, grange, poulailler, four, puits
Dénominationsmoulin, ferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Maillé
Lieu-dit : Moulin de la Pichonnière (le)
Adresse : route
D15
Cadastre : 1835 C 299, 300, 301 ; 2020 ZB 190, 238, 239

Le moulin tel qu'il se présente aujourd'hui a pu être construit au XVIIIe siècle. Un moulin apparaît déjà à cet emplacement sur le carte de la région par Claude Masse en 1720. Le moulin figure ensuite sur le plan cadastral de 1835. Ce dernier montre déjà l'existence du clos de mur autour du moulin, du logis selon une emprise au sol proche de celle d'aujourd'hui, la vaste grange-étable au nord, mais pas les dépendances au sud, par conséquent plus récentes.

Il semble qu'au milieu du XVIIe siècle, le moulin de la Pichonnière, tout comme le domaine de la Pichonnière au sud, appartenait à la famille Carrel, en particulier Jean Carrel, sieur du Peux, conseiller secrétaire de Gaston, duc d'Orléans, marié en 1646, à Fontenay-le-Comte, avec Renée Pascaud. Parmi leurs deux filles, Catherine, époux de Gabriel Dorin de Poiron, possède ensuite le domaine la Pichonnière. Sa soeur, Suzanne Carrel se marie en 1673, à Nalliers, avec Louis Barraud, écuyer, sieur de la Grange. Dans la première moitié du XVIIIe siècle, le moulin et la maison de la Pichonnière appartiennent à leur fils, Henri Louis Barraud, chevalier, seigneur de Puigné, puis à son neveu (fils de sa sœur Françoise), Charles de La Boucherie (1723-1786), écuyer, seigneur du Guy, demeurant à Saint-Denis-du-Payré. Le moulin et la maison sont arrentés le 20 février 1744, devant Desgranges, notaire à Fontenay-le-Comte, à Jean Simonneau et son épouse Renée Gelé. Celle-ci, veuve en premières noces du batelier Pierre Picoron, de Taugon, transmet la rente à ses enfants, Armant et Françoise Picoron, veuve de Pierre Boutin, lesquels la remettent le 27 mai 1764 à Charles de La Boucherie.

Un mois plus tard, le 26 juin 1764, le moulin et la maison de la Pichonnière sont vendus par celui-ci, pour 1700 livres, à François Simonneau (1715-1793), meunier, et son épouse Jeanne Moreau (1720-1788), venant de la Porte-de-l'Ile, à Saint-Pierre-le-Vieux. Ils s'y installent à partir de 1768 environ (leurs enfants sont nés avant cette date à Saint-Pierre-le-Vieux). Jeanne Moreau décède au moulin de la Pichonnière en 1788. Le moulin passe ensuite à leur fils, François Simonneau (1754-1820), époux de Jeanne Patarin, décédé là en 1820, puis au neveu et gendre de celui-ci, Jean Simonneau (1795-1870), un temps maire de Maillé, et époux de Marie Simonneau, sa cousine. C'est à lui que le moulin appartient au cadastre de 1835, et c'est lui qui fait reconstruire le logis en 1863 et 1868, selon le cadastre. Le tout passe ensuite à son fils, Jean Simonneau (1829-1887), époux de Marie Mainard, maire de Maillé comme son père. A l'intérieur du moulin, parmi les graffiti, l'un d'eux porte la signature de "JEAN MAINARD FARINIER (...) 1828" (le farinier était l'exploitant du moulin, le meunier son propriétaire).

Après la mort de Jean Simonneau en 1887, son cousin Xavier Simonneau (1867-1943) s'établit au moulin de la Pichonnière (il en deviendra propriétaire en 1911), juste avant de se marier en 1896 avec Irma Pierceau. Vers 1905, il est rejoint par un second meunier, Charles Prunier (1869-1929), époux de Marie Bigot. Après la mort de ce dernier en 1929, son gendre Maurice Garreau reprend l'exploitation, tandis que Xavier Simonneau, ancien meunier, quitte le moulin, alors désaffecté. Le moulin est restauré en 2007 par l'association des Amis du moulin de la Pichonnière, retrouvant son toit, ses ailes et un mécanisme.

Période(s)Principale : 18e siècle, 3e quart 19e siècle

La propriété comprend, à l'ouest, un premier clos de murs dans lequel s'en insère un second, circulaire, lequel accueille le moulin à vent. Le logis s'élève à l'est de celui-ci, entre deux ensembles de dépendances.

Le moulin présente une tour ou tonnelle de plan circulaire, construite en moellons de calcaire sous enduit. La tonnelle est percée de plusieurs portes et baies, dont plusieurs ont un encadrement chanfreiné (une forme caractéristique de l'Ancien Régime). Depuis 2007, le moulin a retrouvé son toit conique, en tuiles de bois, ainsi que ses ailes, de type Berton (voir en annexe), et son guivre, longue pièce de bois qui permet de faire pivoter le toit et les ailes selon la direction du vent. A l'intérieur, on observe notamment un escalier à vis en pierre, l'emplacement d'un foyer, et les différents éléments de meunerie, reconstitués en 2007. Au premier étage, le mécanisme présente la particularité d'être soutenu par un beffroi à quatre colonnes en fonte (système généralement observé dans les moulins à eau). Ce mécanisme fait tourner les meules placées au second étage.

Le logis est un long corps de bâtiment couvert d'un toit avec une croupe côté ouest. Il comprend un rez-de-chaussée et un grenier. La façade, au sud, présente trois travées d'ouvertures. Les encadrements des baies sont saillants, et la base de la façade est marquée par un solin.

Parmi les dépendances, au nord du logis se trouve une grande grange-étable à façade sur le mur pignon, une forme caractéristique des grandes exploitations vouées à l'élevage. Une autre étable prolonge le logis à l'est. Au sud du logis enfin, un autre ensemble de dépendances comprend un hangar en pierre, avec fenil, un poulailler et un fournil.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
TypologiesFerme à bâtiments séparés ; Grange-étable à façade en pignon ; 3
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Description des principes de fonctionnement d'un moulin à vent (d'après l'observation du moulin de la Pichonnière et le site internet http://www.moulinavent-dautin.com)

    Les ailes du moulin sont de type Berton, un système inventé dans les années 1840 par Pierre Berton. Chaque aile est composée de planches en sapin, donc fragiles mais imputrescibles. Ces planches, superposées, coulissent de manière à ce que l'aile s'ouvre plus ou moins en fonction de la prise au vent que l'on veut donner. Cette ouverture est actionnée par un système de broches extérieures, fixées à la base des ailes, et actionnées depuis l'intérieur. Les ailes peuvent être orientées, en fonction de la direction du vent, à l'aile d'un long morceau de bois, le "guivre", qui relie le toit du moulin au sol. Il permet de faire tourner le toit, celui-ci étant posé sur un système circulaire, la "sablière".

    Le mouvement entraîné par le vent est transmis à l'axe des ailes, ou "arbre". Il est possible de contraindre ce mouvement par un mécanisme de freinage. A cet arbre est fixée une roue, le "rouet", munie de dents en bois dur, les "alluchons", de manière à entraîner au-dessous une pièce cylindrique, la "lanterne". Cette dernière est fixée à un axe qui descend jusqu'à deux meules superposées. La meule supérieure, appelée "meule tournante", tourne alors sur la meule inférieure, fixe, la "meule gisante", en silex.

    Au-dessus des meules, les grains sont déversés dans un entonnoir ou "trémie". De là, ils glissent dans un récipient en bois, "l'augette", qui les fait tomber dans le trou central de la meule tournante, "l'oeillard". Fixés à l'axe, entre les deux meules, de petits balais en jonc régulent cet approvisionnement. La meule gisante est creusée de sillons qui, au fur et à mesure de l'opération, par la force centrifuge, amènent la mouture vers l'extérieur de la meule où elle est collectée. L'écart entre les deux meules ainsi que la vitesse d'approvisionnement par l'augette se règlent automatiquement, en fonction de la vitesse du vent, par l'intermédiaire d'un régulateur de Watt. Cet appareil est constitué de sphères métalliques qui s'élèvent dès que les ailes tournent trop vite sous l'action du vent. Un mécanisme incline alors l'augette afin qu'elle apporte davantage de grains, et augmente légèrement l'écartement entre les meules. Ce réglage permet d'éviter un échauffement de la mouture, source d'incendie.

    Ainsi obtenue, la mouture passe dans un tamis rotatif, le "blutoir", pour être affinée. La farine, de différentes grosseurs et qualités, tombe alors dans des sacs, au rez-de-chaussée, et peut ainsi être évacuée.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée ; B 659-1, fol. 10v. 1764, 26 juin : acte de vente du moulin de la Pichonnière, à Maillé, par Charles de La Boucherie à François Simonneau.

  • Archives départementales de la Vendée ; 6 M 215. 1820-1936 : recensements de population de la commune de Maillé.

  • Archives départementales de la Vendée ; 3 P 1460 à 1465, 3578, 3579 (complétés par les registres conservés en mairie). 1836-1914 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Maillé.

  • Informations et documentation fournies par M. Jean-Marie Gelot, Maillé.

Documents figurés
  • 1720, 29 octobre : Carte du 46e quarré de la generalle des costes du Bas Poitou, païs d'Aunis, Saintonge et partie de la Basse Guienne..., par Claude Masse. (Service Historique de la Défense, Vincennes ; J10C 1293, pièce 17).

  • Plan cadastral de Maillé, 1835. (Archives départementales de la Vendée ; 3 P 132 ; complété par l'exemplaire conservé en mairie).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


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