Dossier d’œuvre architecture IA49009613 | Réalisé par
  • inventaire topographique
Moulin à vent de la Tranchée, Montsoreau
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général
  • (c) Conseil départemental de Maine-et-Loire - Conservation départementale du patrimoine

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Fontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
  • Commune Montsoreau
  • Lieu-dit la Tranchée
  • Cadastre 1813 B2 745, 745 bis ; 2013 B 472
  • Dénominations
    moulin
  • Précision dénomination
    moulin à vent
  • Appellations
    moulin de la Tranchée

Le moulin de la Tranchée domine le plateau viticole et marque depuis plus de deux siècles le paysage montsorélien. Restauré et ayant conservé une partie de son mécanisme, il est un élément remarquable du patrimoine technique.

Dans l'état actuel de la documentation, on peut établir que la construction du moulin de la Tranchée intervient entre 1747 et 1786. En effet, il ne figure pas sur le plan de la route de Montsoreau à Loudun, dressé en 1747, et sa mention la plus ancienne connue à ce jour est du 28 février 1786, date à laquelle il est baillé à ferme, pour trois ans par René Allard, son propriétaire, à Pierre Guyard, garçon meunier, et à Urbain Gouinard. René Allard (que nous nommerons René Allard III, pour plus de commodité), avait épousé Anne Alzon et était en même temps meunier et charpentier en moulin ; il était le petit-fils de René Allard (René Allard I) et de Jeanne Girard ; il naquit probablement en 1746, ce qui peut permettre de penser qu'il fit construire le moulin lorsqu'il fut en âge d'exercer son métier, soit vers 1766-1770. Ses parents et grands-parents étaient meuniers fermiers des moulins à eau de Rabâté, qui appartenait à l'abbaye de Fontevraud, depuis 1665. Il est fort probable que René III ait également été fermier de ces mêmes moulins et que pour pallier au chômage dû au manque d'eau en été, il ait fait édifier ce moulin à vent. Ces couples moulin à eau/moulin à vent étaient très fréquents en Anjou sur nombre de cours d'eau, comme le Layon, l'Aubance, le Ruisseau des Moulins. Après avoir affermé son moulin en juin 1794 et en février 1798 à René Allard (René Allard IV), son fils, lui aussi meunier et demeurant aux moulins de Rabâté, il finit par l'échanger en 1798 avec Antoine Dixmier contre plusieurs pièces de terre et de vignes. De 1813 à 1838, il appartient à Antoine et Jean Dimier, puis à partir de 1835 environ à la famille Moreau qui possède également le moulin à eau de Rabâté. C'est Émile Moreau qui en est encore propriétaire en 1926. Le moulin, qui conservait encore ses quatre vergues, sans volées, ses meules et une partie de son mécanisme, fut inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 30 mars 1978. La hucherolle et les verges du moulin ont été restaurées en 1981. Cette restauration a été précédée d'un relevé très précis des éléments qui composent ce moulin, réalisé en 1980 par les architectes Compéra et Rouaud.

  • Période(s)
    • Principale : 2e moitié 18e siècle
    • Secondaire : 4e quart 20e siècle

Ce moulin est un cavier typique de la région Saumuroise, entièrement construit en moyen appareil de tuffeau.La masse, de plan polygonal, est épaulée sur tout son périmètre par des contreforts plats. L'entrée ouvre sur la cave principale, qui mène à la salle des meules. Celle-ci donne sur une étroite cave, au nord, d'où part un escalier intérieur qui monte jusqu'à la terrasse de la masse. Au nord-ouest, se trouve une autre cave, à cheminée et four à pain, qui pouvait servir de logis au meunier. Au sud et sans communication avec les autres espaces intérieurs, est ménagée une petite cave dont l'usage est indéterminé ; ce pourrait être une resserre ou une petite étable. Depuis l'extérieur, l'on accède à la terrasse par un escalier s'appuyant sur le four à pain, situé à l'angle nord de la masse. Depuis la hucherolle contenant l'arbre moteur, le gros-fer descend jusqu'à la large paire de meules installée au fond de la cave principale.

  • Murs
    • tuffeau
    • moyen appareil
    • moellon
  • Plans
    plan massé
  • Couvrements
    • coupole
    • voûte en berceau plein-cintre
  • Énergies
    • énergie éolienne
  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    inscrit MH, 1978/03/30

Documents d'archives

  • Archives départementales de Maine-et-Loire, Angers. 4 Fi 3248 à 3251. Fonds iconographiques. Série de quatre photographies du moulin de la Tranchée, à Montsoreau, collection Webster, Maine-et-Loire - 3 - n°69 à 72 (1937).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 37 / 14. Notaires. Bail à ferme pour trois ans du moulin de la Tranchée (reçu Me Lamiche), par René Allard à Pierre Guyard et Urbain Gouinard (28 février 1786).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 37 / 18. Notaires. Bail à ferme pour cinq ans du moulin de la Tranchée (reçu Me Lamiche), par René III Allard à René IV Allard (1er messidor an II, 19 juin 1794).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 37 / 18. Notaires. Bail à ferme pour sept ans du moulin de la Tranchée (reçu Me Lamiche), par René III Allard à Charles Greffier (7 ventôse an VI, 24 février 1798).

    AD Maine-et-Loire. 5 E 37 / 20. Notaires. Echange (reçu Me Lamiche) du moulin de la Tranchée contre plusieurs pièces de terre, entre René III Allard et Antoine Dixmier (28 prairial an VI, 16 juin 1798).

    AD Maine-et-Loire. 3 P 5 / 228 / 1 à 8. Cadastre. Montsoreau. Etat des sections et matrices cadastrales (1813-1936).

Bibliographie

  • COMPERA, Alain, ROUAUD, Anne. Moulins caviers en Saumurois : reconversion des moulins caviers. Mémoire de diplôme de l'UPAN, Ecole d'Architecture de Nantes, 2 volumes (manuscrit polycopié), 1980

  • CUSSONNEAU, Christian, LASA, François, ROUSSEAU, Bruno. Moulins d'Anjou. Images du Patrimoine n° 90, Service régional de l'Inventaire des Pays de la Loire - ADIG, Nantes, 1991.

Documents figurés

  • CUSSONNEAU, Christian. Le moulin-cavier, un moulin angevin, Les Cahiers de L'AMA, n° 9, Association des Moulins d'Anjou, Angers, avril 2006.

    Voir notamment page 35