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Église paroissiale Notre-Dame de l'Assomption d'Aigrefeuille-sur-Maine, place de l'Eglise

Monument aux morts, église paroissiale Notre-Dame de l'Assomption d'Aigrefeuille-sur-Maine

Dossier IM44008706 réalisé en 2013

Fiche

Dénominationsmonument aux morts
Aire d'étude et cantonPays de la Loire - Aigrefeuille-sur-Maine
AdresseCommune : Aigrefeuille-sur-Maine
Adresse : place de l' Eglise
Emplacement dans l'édificele monument aux morts est situé sur le mur nord de la chapelle nord du choeur

Le monument aux morts de l'église d'Aigrefeuille est l'unique monument de la commune, comme le souligne le faisceau de drapeaux de la république qui le surmonte. Il fut construit en 1922 d'un commun accord entre la municipalité et la paroisse. L'élaboration des plans fut confiée, dès février 1919, aux architectes nantais J. et P. Bougoüin qui avaient construit l'église à l'extrême fin du XIXe siècle. L'exécution du monument revint au vieux sculpteur nantais Joseph Vallet. La mort de ce dernier, au cours de l'année 1920, retarda sa réalisation qui ne fut effective qu'au début de l'année 1922. Les premiers plans des frères Bougoüin furent modifiés pour diminuer la largeur du monument. Deux arcatures et leurs plaques de marbre furent placées de part d'autre de la statue de Jeanne d'Arc, au lieu des trois prévues initialement. Le monument coûta 8150 francs, somme sur laquelle l'architecte demanda, le 10 mars 1921, 5 % (400 francs), ce qui fait un total de 8550 francs. Une souscription fut lancée pour la financer, elle procura la somme de 5000 francs, à laquelle la municipalité ajouta une subvention de 1500 francs, puis une souscription particulière pour la statue de Jeanne d'Arc rapporta encore 1500 francs. Le premier devis du sculpteur Vallet, en date du 15 mars 1919, comprenait la statue de Jeanne d'Arc sculptée dans de la pierre de Château-Gaillard pour 4.108 francs, pose comprise, sans le transport, auxquels il fallait ajouter trois plaques de marbre blanc (au lieu des quatre actuellement en place) pour 144 francs ou 96 francs si le choix d'un marbre noir était préféré, sans compter la gravure et la dorure qui restaient à la charge du curé. Un deuxième devis du 24 décembre 1919 inclura la gravure et la dorure, la pose et le transport pour la somme de 5.700 francs. Seule la peinture du décor d'accompagnement ne l'était pas. Le prêtre devait en outre fournir la main d'œuvre pour aider au déchargement et à la pose du monument ainsi que les échafaudages. En janvier 1920, le curé retourna la lettre de commande au sculpteur. Mais le sculpteur mourut avant d'avoir exécuté la commande. Son successeur adressa alors un courrier en janvier 1921, à l'abbé Briand, en indiquant que le montant du devis du monument (autel, statue, plaques de marbre avec les inscriptions, le transport et la pose) était revu à la hausse et qu'il en coûterait désormais 7.700 francs. Le curé protesta vivement contre la majoration de 2.000 francs. L'entreprise Vallet proposa alors de baisser le coût du monument (courrier du 8 février 1921) de la modique somme de 200 francs en remplaçant la statue en pierre par une statue de Jeanne d'Arc en plâtre. Au final, le monument fut fourni par le marbrier Rivière, successeur de Vallet, de Nantes pour la somme de 7500 francs. La peinture d'accompagnement fut exécutée par M. Marchand de l'atelier Perruchot. Le dernier devis approuvé par l'architecte le 28 décembre 1921 permit l'érection du monument au mois de janvier 1922. L'entreprise Hervouet d'Aigrefeuille se chargea de l'acheminement du monument de Nantes à Aigrefeuille, de la pose et de la fourniture de l'échafaudage. Le monument fut inauguré le 29 janvier 1922 lors d'une cérémonie solennelle réunissant les autorités civiles et religieuses. L'abbé Boré, aumônier militaire du XIe corps d'armée pendant toute la guerre, y fit un discours sur les "rapports intimes qui existent entre la Jeanne d'Arc du XVe siècle et les généreux poilus du XXe siècle". En choisissant de placer la sainte au cœur du monument, le curé souhaitait que les fidèles puissent établir un parallèle entre le caractère sacré du sacrifice de Jeanne d'Arc (Dieu et Patrie est rappelé sur son bouclier) et celui des poilus. Le culte de Jeanne d'Arc, canonisé le 30 mai 1920, connut après cette date, un succès grandissant. Après la messe, le curé procéda à la bénédiction du monument, puis les paroissiens allèrent déposer des couronnes de laurier au pied du monument avant de se rendre dans le cimetière, au chevet de l'église. Malgré des pluies diluviennes, tous se rassemblèrent au pied du calvaire où des discours furent prononcés par le sénateur, puis le maire et des diplômes et médailles militaires remis aux familles des victimes. Quarante-neuf noms sont gravés sur les quatre plaques de marbre du monument sur les cinquante-cinq morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale. A peine cette cérémonie achevée, le curé de la paroisse engagea un dernier chantier, vaste, celui de la réalisation de vitraux pour les vingt-cinq baies de l'église. En novembre 1922, il lança une souscription auprès des paroissiens et en trois semaines elle lui rapporta la somme de 100.000 francs. La commune y participa à hauteur de 20.000 francs. Les plus généreux bienfaiteurs donnèrent un vitrail complet, un demi-vitrail, d'autres moins fortunés, un personnage ou une petite rosace. Le vitrail surmontant le monument aux morts fut vraisemblablement donné par la famille Jeanneau qui le dédia à Vincent, mort à l'âge de 22 ans le 12 novembre 1914 à Vlamertinge, en Belgique, et inhumé à la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette à Ablain-Saint-Nazaire. Son nom n'apparaît pas sur les plaques de marbre que surplombe le vitrail. En revanche, il est gravé sur le monument aux morts communal de Montbert où il est né. Les liens qui unissaient Aigrefeuille à la famille Jeanneau ne sont pas connus. Les deux communes, très proches, ne sont distantes que de 8 km. Le curé passa commande des vitraux aux maîtres-verriers Dagrant et frères de Bordeaux qui les réalisèrent entre janvier 1923 et avril 1924. Ceux du choeur furent posés en juillet 1923. Ils furent bénis le 8 juin 1924 par Eugène Louis Marie Le Fer de la Motte, évêque de Nantes. Le modèle utilisé par le maître-verrier pour le vitrail de la Grande Guerre se retrouve presque à l'identique dans l'église de Pierrefitte-Nestalas (Hautes-Pyrénées). Le peintre Marchand de l'atelier nantais Perruchot qui avait exécuté les peintures ornementales du monument commémoratif réalisa une seconde commande au mois d'avril 1922. Pour accorder, le monument avec les autels du Sacré-Cœur, placé à proximité sur le mur oriental de la chapelle, et de la Vierge de Lourdes, situé un peu plus loin dans le choeur, il peignit autour des statues des décors d'accompagnement.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1922
1923
Auteur(s)Auteur : Hervouet entrepreneur attribution par source
Auteur : Dagrant
Dagrant

Maîtres-verriers Dagrant et frères de Bordeaux.


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peintre-verrier attribution par source
Auteur : Rivière Henri marbrier attribution par source
Auteur : Vallet Joseph sculpteur attribution par source
Auteur : Marchand
Marchand

Peintre, atelier Perruchot.


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peintre attribution par source
Auteur : Perruchot
Perruchot

Atelier de peinture nantais.


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peintre attribution par source
Auteur : Bougoüin Joseph architecte attribution par source
Auteur : Bougoüin P.
Bougoüin P.

Architecte, frère de Joseph Bougoüin.


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architecte attribution par source

Le monument aux morts est un ensemble qui occupe toute la hauteur d'une travée. Il est composé d'un autel en pierre, avec, à droite, et, à gauche, des éléments d'applique, accompagné d'un retable comportant au centre une statue de Jeanne d'Arc et de chaque côté deux plaques de marbre avec la liste des noms, surmontés d'inscriptions peintes sur le mur, d'écussons peints qui sont des éléments d'appliques et de drapeaux de la république en tissu. La fenêtre qui domine l'ensemble renferme des vitraux dans ses deux lancettes et sa rosace. Le devant d'autel, sculpté en léger relief, comporte une croix de guerre inscrite dans un quadrilobe à redents. Les palmes sont en bronze fondu et découpé. Le retable est en forme de triptyque néo-gothique, à niches trilobées. Au centre, la statue de Jeanne d'Arc est sculptée en demi relief dans un calcaire tendre de Château-Gaillard. Elle se détache sur un fond bleu semé de fleurs de lys d'or. Dans les volets, les plaques de marbre blanc veiné de gris sont de format rectangulaire vertical. Elles sont encadrées par un décor peint qui souligne l'architecture (arc trilobé, motif cruciforme et palmettes). Les écussons sont en bois peint. Les deux lancettes trilobées du vitrail comporte une seule scène (vie dans la tranchée) en deux registres, placée sous deux arcs accostés de pinacles à choux frisés. Le soubassement orné d'un motif identique renferme la dédicace. Les lobes de la rosace contiennent des inscriptions et le médaillon central un trophée militaire.

Catégoriespeinture murale, sculpture, marbrerie, vitrail, orfèvrerie, tissu, menuiserie
Matériauxenduit, support peint, polychrome
verre, peint, polychrome
marbre, taillé, gravé, peint
bois, taillé, peint
pierre, taillé, décor en demi relief
bronze, moulé
matériau textile, imprimé
Précision dimensions

la = 380. Il s'agit de la largeur totale du monument. La statue de Jeanne d'Arc mesure 155 cm de hauteur et 66 cm de largeur.

Iconographiesfigure, en pied, armure, épée, bouclier sainte Jeanne d'Arc
ornement à forme végétale, à fleur de lys, à palmette
à croix
ordre et décoration français, croix de guerre
trophée de guerre, obus, fusil, baïonnette, casque, grenade, couronne croix latine, mortier
drapeau, France faisceau
écu, France drapeau
scène, tranchée, militaire, casque, fusil, aumônier, village guerre de 1914 1918
ornement à forme architecturale
Précision représentations

Jeanne d'Arc est représentée en pied, de trois quarts, tournée vers l'ouest. Elle a l'allure et le regard décidés d'une personne prête à combattre. En effet, elle est revêtue d'une armure, tient de la main droite une épée, pointe dirigée vers sol, et de l'autre un bouclier avec la devise : Dieu et Patrie. Dans la rosace de la verrière, le trophée militaire du médaillon est composé d'un casque et de grenades encadrés de deux couronnes, l'une d'olivier et l'autre de chêne, renfermant une croix latine croisée avec un canon, une ogive d'obus et un fusil à baïonnette. L'ensemble se détache sur un fond bleu qui réunit les couleurs du drapeau national avec le fond blanc des phylactères contenant les noms des principales batailles de la Grande Guerre et le rouge qui souligne les lobes de la rosace. Les deux lancettes comportent une seule scène développée sur deux registres. Au registre inférieur, cinq soldats casqués sont postés au fond d'une tranchée. Au registre supérieur, à gauche, un village est ruiné par les combats et à droite la Vierge à l'Enfant rayonnante apparait au-dessus de la figure d'un aumônier militaire qui la désigne aux soldats qui l'entourent. Deux d'entre eux sont réunis autour du prêtre et l'écoutent attentivement. Le troisième, isolé au premier plan, adossé à la tranchée, fusil crosse à terre et gourde posée auprès de lui, a les mains jointes en signe de prière. Le dernier soldat, une sentinelle, monte la garde pendant que ses compagnons prient. Il est debout sur une petite estrade en bois, posté devant sa fenêtre d'observation. Il est vêtu d'une vareuse, sacoche à l'épaule, baïonnette à la ceinture et tient son fusil crosse à terre. La tranchée, solidement construite, est minutieusement peinte avec les sacs de terre à la surface et au centre de la scène une ouverture conduisant vers un réseau de tranchées, le passage est renforcé par des planches de bois.

Inscriptions & marquesinscription, gravé, sur l'œuvre, français
inscription, peint, sur l'œuvre
dédicace, peint, sur l'œuvre
signature
Précision inscriptions

Sur le soubassement architecturé du vitrail : "EN MEMOIRE / DE VINCENT JEANNEAU". Dans la rosace du vitrail : "L'YSER, VERDUN, L'AISNE, CHAMPAGNE, LA SOMME, LA MARNE". La dédicace peinte en lettres gothiques au-dessus de l'autel est : "ILS SONT MORTS POUR LA FRANCE". Sur les écus aux couleurs de la France, placés au-dessus des plaques de marbres : "VERDUN, LA MARNE, L'AISNE, LA CHAMPAGNE". Sur le bouclier de Jeanne d'Arc : "DIEU / ET / PATRIE". La statue de Jeanne d'Arc est signée sous le pied droit : "J. VALLET". La liste des quarante-neuf soldats morts au cours de la Grande Guerre est classée par ordre chronologique. Chaque plaque comporte douze ou treize noms. Dix soldats furent tués en 1914, dix-huit en 1915, sept en 1916, cinq en 1917 et neuf en 1918. Les appliques en bronze, placées sous les plaques de marbre, portent à droite, les inscriptions : A SAINTE CECILE SES CAMARADES, à gauche : A NOS CAMARADES UNC. Elles sont postérieures au monument.

État de conservationbon état
Précision état de conservation

Le monument est en bon état de conservation. En 1940 et 1947, trois plaques commémoratives en marbre ont été ajoutées sur l'autel, sous la statue de Jeanne d'Arc.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsinscrit au titre immeuble, 2007/10/05

Annexes

  • Aigrefeuille, monument aux morts, 1921-1922
    Archives diocésaines de Loire-Atlantique ; E 22. Aigrefeuille, monument aux morts, 1921-1922, plans, devis et correspondance.

    Lettre des architectes J. et P. BOUGOÜIN, architectes, adressée le 28 février 1919 au curé d'Aigrefeuille-sur-Maine :

    Monsieur le Curé, j'ai l'honneur de vous adresser un projet pour le monument aux morts de votre paroisse à placer sur le mur, à gauche faisant face à la porte vestibule sacristie.

    La Jeanne d'Arc dont indiqué le contour est celle de M. Vallet en demi relief. La frise en haut et les fonds des arcatures seraient peints ton jaune or avec une bordure et un semis, les plaques en marbre blanc avec lettres et filets noirs.

    Le socle devant la statue serait assez saillant pour que l'on puisse y mettre quelques fleurs [..].

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 2 0 2/9. Administration communale, érection d'un monument aux morts dans l'église, extrait du registre des délibérations du conseil municipal d'Aigrefeuille du 26 février 1922 ; marché amiable entre la maire et Léon Hervouet, entrepreneur à Aigrefeuille du 8 mars 1922 ; autorisation de bugdet du préfet de Loire-Inférieure du 13 mars 1922 ; réception des travaux 14 mars 1922.

  • A. Diocésaines de Loire-Atlantique ; E 22. Aigrefeuille, monument aux morts, 1921-1922, plans, devis et correspondance.

  • A. Diocésaines de Loire-Atlantique ; A 13. Registre de la paroisse d'Aigrefeuille, 1907-1980 ; supplément à l'Echo d'Aigrefeuille du 10 août 1924 : Bénédiction des vitraux de l'église d'Aigrefeuille par S. G. Monseigneur l'Evêque de Nantes.

Bibliographie
  • Le vitrail du souvenir. 3 circuits en Loire-Atlantique. Office National des Anciens combattants de Loire-Atlantique, [s.d.].

    p. 16
Périodiques
  • Aigrefeuille. Inauguration d'un Monument. La voix du poilu, n°13, 11 février 1922.

    p. 3
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Leduc-Gueye Christine