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Monument aux morts de la Guerre de 1914-1918, place du Mail, Montsoreau

Dossier IA49010757 réalisé en 2010

Fiche

Ce monument aux morts témoigne de la production sérielle et rationalisée qui caractérisa bon nombre d'œuvres de ce type au lendemain de la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, d'une taille soignée, avec multiplication des drapés et souci du détail, mais sans grande force, elle correspond tout à fait, d'un point de vue stylistique, aux canons de l'élégance dont se nourrit couramment l'art officiel de la IIIe République, entre le dernier quart du XIXe et le premier quart du XXe siècle. On note ici, à l'issue d'un conflit qui a renforcé l'idéal démocratique et l'unité politique nationale, le parti de fondre dans cette allégorie féminine l'iconographie de la France et celle de la République, avec multiplication des symboles nationaux et républicains : patrie mère-nourricière, bonnet phrygien, drapeau, coq, voire lointaine évocation de la démocratie antique perceptible dans le décor de grecques.

Enfin, le choix d'ériger ce monument sur la place du Mail entérine le statut de centralité dont est ainsi revêtue "officiellement" cette place qui a, désormais, supplanté la place des Diligences dans l'organisation spatiale du village.

Dénominationsmonument aux morts
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Adresse : place du Mail

À l'issue de la Première Guerre mondiale, l'idée s'impose d'ériger un monument aux morts à Montsoreau, afin d'honorer la mémoire des dix-huit Montsoréliens tombés lors des combats ou, après la guerre encore, à la suite de blessures.

Par délibération du 28 mars 1920, le Conseil municipal s'accorde sur le modèle. Le sujet en est "La France victorieuse" et il est proposé par la société des Marbreries générales (siège social : 33, rue Poussin, à Paris ; directeur : Urbain Gourdon) sous la référence n°2009. Découpée d'un prospectus de la même entreprise et jointe au dossier alors archivé, une reproduction montre une sculpture similaire qui porte le n° 1925, ce qui doit correspondre à une version antérieure du catalogue de l'entreprise ou bien à un autre référencement, puisque cette dernière sculpture repose sur un socle différent.

Le monument est au prix de 12.900 F, mais avec les divers frais de transport et pose, le coût en est estimé en avril 1920 à 14.765 F. Le Conseil municipal valide le 2 mai 1920 ce devis estimatif. Lors de la même séance, il est aussi décidé que le monument aux morts doit être érigé "sur la place du mail, à l'angle des routes de Fontevrault et de Chinon".

Le dessin du projet de monument est validé par le maire, Octave Babin, le 5 mai 1920. Ce dessin est imprimé et correspond à une production sérielle où seuls le nom de la commune et l'inscription commémorative semblent avoir été tracés manuellement. Les Marbreries générales, en effet, ont produit de semblables monuments à une assez grande échelle et l'on retrouve "La France victorieuse" sous les mêmes traits dans de nombreuses communes françaises. Sans que cette liste soit exhaustive, l'entreprise a ainsi livré d'identiques effigies à Huriel (Allier), Viviez (Aveyron), Roquefort-des-Corbières (Aude), Brossac (Charente), Andilly (Charente-Maritime), Dœuil-sur-le-Mignon (Charente-Maritime), Lorignac (Charente-Maritime), La Chapelle-d'Angillon (Cher), Vanneau-Irleau (Deux-Sèvres), Le Fidelaire (Eure), Yèvres (Eure-et-Loire), Bessèges (Gard), Le Grau-du-Roi (Gard), Beaufort (Jura), La Pacaudière (Loire), Coullons (Loiret), Thézac (Lot-et-Garonne), Angers (Maine-et-Loire), Parçay-les-Pins (Maine-et-Loire), Périers (Manche), Hautvillers (Marne), Donzy (Nièvre), Balinghem (Pas-de-Calais), Saint-Cyr-sur-Morin (Seine-et-Marne), Saint-Quentin-en-Tourmont (Somme), Bellefontaine (Val-d'Oise), Magnac-Bourg (Haute-Vienne), Achères (Yvelines), Bréval (Yvelines), etc.

Selon le budget que pouvait y consacrer la commune, la statue pouvait être réalisée en bronze ou en marbre, mais aussi, plus modestement, en galvano-bronze (alliage recouvert d'une pellicule de cuivre obtenue par électrolyse) voire en pierre artificielle. Dans le cas de statues de marbre, comme celle de Montsoreau, la taille était effectuée en sous-traitance directement dans les carrières de Carrare, en Italie.

Le 14 octobre 1920, un décret ministériel approuve l'ensemble du projet et le monument est inauguré le 9 octobre 1921.

Lors du retour de dépouilles de soldats, un second monument aux morts fut édifié dans le cimetière communal et inauguré en 1923. De même, un panneau peint en 1936 et conservé dans la sacristie de l'église Saint-Pierre-de-Rest fait aussi figure de monument aux morts de la Première Guerre mondiale de la paroisse de Montsoreau.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1920, daté par source
Auteur(s)Auteur : Gourdon Urbain maître de l'œuvre attribution par source
Personnalité : Babin Octave commanditaire attribution par source

Ce monument aux morts de la Grande Guerre a été élevé à l'angle de la place du Mail, face au carrefour formé par la route de Loire, de Saumur à Chinon, et celle de Montsoreau à Fontevraud et Loudun. Du fait des transformations qu'a connues Montsoreau depuis le second quart du XIXe siècle, cette place est, en effet, devenue progressivement le centre de l'activité de la commune.

Le monument se compose d'une statue en marbre de Carrare, haute de 2 m par 0,70 m de largeur et de profondeur, qui repose sur un socle de granit bleu extrait des carrières de Bécon-les-Granits. Initialement, ce socle devait mesurer 1,70 m de haut et était porté par un talus de 0,60 m. La terre de ce talus a été dégagée partiellement pour laisser apparaître un solin de granit de qualité moindre. Le tout est entouré d'une petite bordure de granit. L'ensemble du monument mesure ainsi près de 4,30 m de haut pour une emprise au sol carrée de 3,05 m de côté.

La statue qui domine ce monument aux morts est une représentation allégorique de la France victorieuse sous les traits d'une figure féminine coiffée d'un bonnet phrygien et d'une couronne de laurier. De sa main gauche, elle brandit la hampe d'un drapeau qui l'enveloppe et se mêle aux drapés de sa robe. De sa main droite, tendue vers le bas, elle tient une couronne de laurier et de chêne dont elle semble ceindre les Montsoréliens morts au champ d'honneur, que commémorent, à ses pieds, les inscriptions gravées sur le socle de la statue. La sculpture est de qualité, avec un souci du détail, comme les orfrois à grecques de la robe de la France ou encore le médaillon orné d'un coq qui pend à sa ceinture.

Le socle présente un décor mouluré, orné aux angles d'appliques métalliques où alternent guirlandes de chêne et de laurier. Une couronne, là encore de laurier et de chêne, est aussi appliquée sur la face principale du socle, surplombant l'inscription, gravée et en lettres d'or, où l'on peut lire : "MONTSOREAU / À SES / HÉROÏQUES ENFANTS / MORTS POUR LA FRANCE / 1914-1918". Les noms et dates de décès des dix-huit soldats morts sont gravés sur les faces latérales en lettres rehaussées de rouge, comme l'est, en partie basse de la face principale l'inscription : "ILS ONT BIEN MÉRITÉ DE LA PATRIE".

Sous cette dernière inscription furent ajoutés, après la Seconde Guerre mondiale, les dates "1939-1945", suivies des noms des deux soldats Montsoréliens alors morts sous les drapeaux. Une troisième victime, morte en déportation, figure en bas de la face latérale droite, tandis que sur le bas de la face latérale gauche furent ajoutés par la suite encore le mot "ALGÉRIE" et les noms et dates de naissance et de mort des deux soldats Montsoréliens morts durant la Guerre d'Algérie.

Mursmarbre
granite
Techniquessculpture
fonderie
Précision représentations

Figure allégorique profane représentant la France victorieuse.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Maine-et-Loire. O 767. Communes. Montsoreau : monument aux morts : - correspondance (1920) ; - projet du monument aux morts de Montsoreau, représenté de face et de profil, dressé par Urbain Gourdon, s.d. (validé le 5 mai 1920) ; - délibérations du Conseil municipal (28 mars et 2 mai 1920).

  • AM Montsoreau. Monument aux morts. Documents relatifs à l'érection des monuments aux morts de Montsoreau (1921-1923).

Bibliographie
  • L'Echo Saumurois, 12 octobre 1921.

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