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Manoir - la Jagaisière, Saint-Jean-sur-Erve

Dossier IA53002922 réalisé en 2003

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéesétable à chevaux, étable à vaches, grange, logement, porcherie, remise
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonCommunauté de communes d'Erve-et-Charnie - Sainte-Suzanne
AdresseCommune : Saint-Jean-sur-Erve
Lieu-dit : la Jagaisière
Cadastre : 1842 D 410 à 412 ; 1982 ZB 12

La terre noble de la Jagaisière est attestée en 1390. Les La Porte en furent les seigneurs à partir de 1665. Le manoir resta vraisemblablement leur propriété sous la révolution puis fut vendu en 1821 à Alexandre Bourdon-Durocher, propriétaire des forges de Moncor. Il figure sur la carte de Jaillot (1706) sous le nom de Geguezière et sur celle de Cassini (vers1760). En 1842, le logis était fractionné en trois : les habitants de la partie nord exploitaient la ferme. Une quatrième famille habitait dans le pavillon d'entrée. L'ensemble a été réunifié dans la deuxième partie du XIXe siècle pour constituer l'une des plus importantes fermes de la commune. Le corps principal du manoir a subi de nombreux remaniements qui rendent son étude difficile. La cheminée située à l'étage de soubassement dans la pièce 2A appartient à une campagne médiévale, peut-être du XIVe siècle, de même que la porte et la fenêtre bouchées du pignon nord. Le corps en pavillon a été accolé au sud, sans doute dans la deuxième moitié du XVIe siècle ou au début du XVIIe. La date de 1568 qui, à l'époque d'Angot, était inscrite dans une embrasure de fenêtre, pourrait correspondre à son édification mais sa position précise n'est pas connue. Un important remaniement est intervenu à la fin du XVIIe siècle ou au début du 18e comme l'attestent les deux cheminées des pièces centrales du rez-de-chaussée surélevé et la baie ouverte au nord de la façade principale. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, plusieurs baies ont été percées ou agrandies et la partie nord du bâtiment a été modifiée. La tour d'escalier, visible sur les plans cadastraux de 1842 et 1937, signalée par Angot et par l'ancien propriétaire, a été démolie dans la deuxième moitié du XXe siècle. La tour d'entrée n'est sans doute pas le vestige remanié d'un système de fortification médiéval car ses murs sont relativement peu épais. Son état actuel remonte sans doute à la fin du XVIIIe siècle ou à la première moitié du XIXe siècle. L'étable à chevaux, antérieure à 1842, a été prolongée jusqu'au logis dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Ses baies ont été modifiées à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe. Sa partie est a été démolie après 1950. L'étable-grange figure sur le plan de 1842. Elle a été en grande partie reconstruite dans la deuxième moitié du XIXe siècle en réutilisant ses murs anciens, puis elle a été remaniée après l'incendie de la seconde guerre mondiale. Les porcheries et la remise remontent à la deuxième moitié du XIXe siècle.

Période(s)Principale : Fin du Moyen Age
Principale : 2e moitié 16e siècle , (?)
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : limite 17e siècle 18e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle

La Jagaisière occupe une position dominante, à l'ouest de la vallée de l'Erve. Ses bâtiments sont construits en moellons de grès et couverts d'ardoises. Son entrée est signalée par une construction de plan carré, coiffée d'un toit en pavillon et dotée d'un sous-sol accessible du côté est, d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré auquel on monte par un escalier droit plaqué contre sa façade ouest. Ses baies, cintrées et à arc segmentaire, sont en calcaire taillé. Ses deux pièces sont chacune dotées d'une cheminée : elles ont servi de logement de domestique. Le logis est constitué de deux parties : un corps principal à rez-de-chaussée surélevé sur un étage de soubassement dégagé sur la façade principale à l'est, doté d'un toit à longs pans, et un corps latéral de plan carré au sud, à toit en pavillon brisé. Il comprend quatre pièces à chaque niveau : à l'étage de soubassement, deux pièces à cheminée au sud (pièce 1A, actuellement séparée en deux, dans le pavillon, et 2A), une pièce entièrement rénovée à la fin du XXe siècle (3A) et une ancienne cave transformée en salle de bain et resserre (4A). Au rez-de-chaussée qui constituait l'étage noble, les pièces sont en enfilade et communiquent par des portes à linteaux de bois : une pièce à cheminée de la deuxième moitié du XVIe siècle dans le pavillon (1B), deux pièces à cheminées de la fin du XVIIe siècle au centre (2B et 3B) et une dernière pièce à cheminée (sans doute du XIXe siècle) au nord (4B). Le comble du pavillon contient également une pièce à cheminée. L'étage noble n'est plus accessible à partir de l'étage de soubassement depuis la démolition de l'escalier hors-oeuvre qui était accolé contre la façade postérieure du pavillon. On y entre actuellement par la porte percée au XIXe siècle dans le mur-pignon nord où se distinguent une autre porte et une fenêtre bouchées, à arcs segmentaires. Les baies de l'élévation principale sont majoritairement en calcaire de Bernay taillé, mais les portes et une fenêtre ouvrant sur les deux pièces centrales sont en moellons et à linteaux de bois et la porte de la pièce nord est en brique. La fenêtre de rez-de-chaussée, aujourd'hui réduite, située au-dessus de celle-ci se distingue de ses voisines par ses piédroits à assises passantes une sur deux. La charpente du corps principal est du type à ferme et à panne sous chevron porteur. Celle du pavillon est du type à chevron porteur. L'étable à chevaux, en rez-de-chaussée et comble à bas surcroît, est disposée perpendiculairement au logis. Un passage couvert a été ménagé entre eux. Ses ouvertures actuelles en brique ont remplacé de plus anciennes en moellon et à linteaux de bois. Les deux porcheries, situées au nord et à l'ouest du logis, sont à simples linteaux de bois L'étable-grange est placée à l'arrière du logis au nord-ouest, perpendiculairement à lui. Sa façade principale est tournée non vers le jardin mais vers l'aire à battre au nord. Elle comprenait dans sa partie est des chambres de domestiques. Ses ouvertures ont été refaites en béton.

Mursgrès moellon sans chaîne en pierre de taille
Toitardoise
Étagesétage de soubassement, en rez-de-chaussée surélevé, étage de comble, sous-sol, 1 étage carré, en rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
toit en pavillon

Par comparaison avec des manoirs du XIVe ou du début du XVe, on peut faire l’hypothèse que dans son état originel, antérieur au milieu du XVe siècle, le manoir était pourvu d’une grande salle seigneuriale haute sous charpente. On y accédait peut-être depuis l’extérieur par un escalier plaqué contre la façade principale.

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe : 4 E 88 305. Étude de Maître Soreau, notaire au Mans. Donation par M. Bourdon-Durocher à ses cousins maternels, 1852.

Bibliographie
  • ANGOT, Alphonse (abbé), GAUGAIN, Ferdinand (abbé). Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne. Laval : A. Goupil, 4 vol., 1900-1910.

    t. 2, p. 487
  • ANGOT, Alphonse (abbé). Epigraphie de la Mayenne. Laval : Goupil, Paris : Picard, 2 vol., 1907.

    t. 2, p. 287
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Mayenne - Foisneau Nicolas
Nicolas Foisneau

Chercheur à l'Inventaire général, au service puis direction du Patrimoine du Conseil départemental de la Mayenne, de 2001 à 2020.


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- Davy Christian
Christian Davy

Chercheur au service régional de l'inventaire.


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