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Maison dite le Courseau, actuellement maisons, 1 et 3 rue du Bourbia

Dossier IA85002195 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, puits, dépendance
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 1 et 3 rue du
Bourbia
Cadastre : 1836 C 391 ; 2019 AI 649, 650, 395

Cette maison a probablement été en partie construite à la fin du 18e siècle, comme le laisse penser la forme de certaines ouvertures (linteaux en arc segmentaire), tout en ayant été remaniée aux XIXe et XXe siècles. Elle et ses dépendances apparaissent sur le plan cadastral de 1836, avec la même emprise au sol. Le lieu est alors appelé le Courseau.

Le Courseau et la "rue du Courseau" sont mentionnés dès 1696 dans un acte d'arrentement d'un ensemble de maisons, granges, jardins et cours par le curé de Vix, Labeyrie, à plusieurs paysans vizerons. Cette rente est renouvelée le 27 janvier 1742, entre autres en faveur de Jean Aujard. Le 1er juin 1772, les héritiers de François Aujard (fils du précédent) et d'Anne Moinard passent une autre rente au profit de Pierre Gravier et Marie-Anne Fleury, son épouse, sur une maison avec sa cour ou quaireux à l'avant, et une motte ou jardin à l'arrière, situés au lieu nommé le Courseau. Fermier seigneurial de Vix en 1769, maître des digues de la Société des marais desséchés de Vix en 1772, Pierre Gravier (1694-1783) est un des notables de Vix dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Son épouse, Marie-Anne Fleury (1735-1793), née à Québec, est liée à la famille Fleury qui possède d'importants marais desséchés dans les environs (par exemple la cabane à Fleury, à Vix). Le 27 février 1774, la rente de 1696 est renouvelée au profit de plusieurs propriétaires, dont Pierre Gravier.

En mai 1785, veuve depuis deux ans, Marie-Anne Fleury transforme en acte d'acquisition la rente passée en 1772 sur la maison du Courseau. Le 21 septembre suivant, elle cède une maison près du presbytère de Vix (vers l'actuelle maison de retraite) aux héritiers de Jacques Cornaud, en échange d'une petite maison, en mauvais état, au Courseau, confrontant à l'est à la rue du Courseau et à l'ouest à sa propre maison. C'est ici que, le 4 août 1789, elle fonde une école et une maison de charité pour les enfants et les pauvres malades de la paroisse, dont elle confie la gestion à trois religieuses des Filles de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvre. C'est ainsi, en ce début de la Révolution, la première école ouverte à Vix. Son activité a dû être courte dans le temps, en raison des événements qui ne tardent pas à éclater. Marie-Anne Fleury s'éteint, sans enfants, à Fontenay-le-Comte en 1793.

Le 8 mai 1803, son frère et héritier, Charles-Armand Fleury, époux de Louise-Céleste Denfer, vend à Mathurin Simonneau la maison de sa soeur, avec cuisine, salon, trois chambres hautes, une buanderie, un grenier, une remise, une grange, un "poullaidrie", un toit à cochon, une cave, une laiterie, des latrines, une écurie, une cour et un jardin, le tout confrontant à l’est à la rue du Courseau. La vente comprend aussi un jardin qui se trouve de l'autre côté de la rue, à l'est. La maison apparaît enfin sur le plan cadastral de 1836. Elle appartient alors à Louis Héraud (1775-1849), médecin. L'ensemble est aujourd'hui divisé en trois propriétés.

Période(s)Principale : 4e quart 18e siècle, 19e siècle

La maison est située en retrait par rapport à la voie, entre une cour à l'avant et un jardin à l'arrière. Une ancienne dépendance, remaniée, se trouve au sud, en retour d'équerre. Elle présente un petit pigeonnier à deux boulins et larmier. Au nord de la cour, également en retour d'équerre, se trouve une ancienne dépendance à façade sur le mur pignon, avec ouvertures à linteau en arc segmentaire. Un poisson est sculpté en bas-relief au-dessus de la porte. Un puits prend place à l'avant. La façade de la maison, bien qu'en partie remaniée, présente toujours une génoise double en couronnement et un total de quatre travées d'ouvertures et cinq baies au rez-de-chaussée.

Murscalcaire moellon enduit
Toittuile creuse
Étages1 étage carré
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
TypologiesMaison attenante, 4/5
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Acte de fondation par Marie-Anne Fleury veuve Gravier d'une école et maison de charité à Vix, le 4 août 1789, devant Vinet, notaire à Fontenay-le-Comte (Arch. dép. Vendée, 3 E 36).

    Le 4 août 1789, Marie-Anne Fleury, veuve de Pierre Gravier, demeurant en la maison seigneuriale de Vix, "considérant qu'il seroit avantageux pour l’état et utille au public qu’il y eut dans chaque bourg, village et paroisse du royaume des écolles et maisons de charité pour y enseigner à lire et écrire aux enfants et secourir les pauvres malades qui malheureusement sont toujours en grand nombre et meurent le plus souvent faute de secour et de faculté pour s’en procurer, que de pareils établissements éclaireroient les hommes sur leur état et leur religion, adouciroient leurs mœurs et les malheureux indigents seroient soulagés dans le tems où ils sont dénués de tout secours" ; et "assurée d’ailleurs du besoin qu'a la paroisse de Vix où elle demeure d'un pareil établissement à cause de son étendue et de sa population considérable" ; fonde une école gratuite et une maison de charité pour les enfants et les pauvres malades de Vix, "laquelle sera régie et administrée par les sœurs de la congrégation des Filles de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Sèvre, représentées par leur supérieur, Jean-Baptiste Mecquignon.

    Trois sœurs de la Sagesse seront envoyées à Vix pour administrer cette nouvelle école. Elles devront instruire gratuitement les jeunes filles de la paroisse, de leur apprendre à lire et à écrire, de leur donner des leçons de catéchisme. Elles tiendront deux classes par jour, une le matin, une l'après-midi. Outre les fêtes et les dimanches, il n'y aura qu’un jour de congé par semaine. Les vacances dureront de la mi-juillet au 20 septembre. Elles pourront recevoir des jeunes filles en pension.

    En outre, les trois sœurs visiteront et soigneront les malades pauvres de Vix, "et auront à cet effet une apothiquairerie suffisament pourvue de drogues et médicaments". Elles ne pourront être obligées à assister les femmes en accouchement, ni soigner les maladies "dont le traitement ne conviendroit pas à leur sexe et à leur état". Elles ne pourront visiter les malades que le jour.

    Pour tout cela, la veuve Gravier donne aux sœurs de la Sagesse une maison d’une valeur de 1.200 livres, située au Courseau, avec quaireux, jardin, dépendances. Elle leur donne aussi deux pièces de marais mouillés, constituant le marais de Digolet, confrontant au sud à la Sèvre niortaise et au nord à la Grande levée, marais sur lesquels sont construits une maison, une grange et un petit four. De même, la veuve Gravier cède au bénéfice de l'école une pièce de marais mouillé plantée en bois, près du Pont de Vix, appelée le Bas de Faucher, confrontant du nord à la Grande levée, avec aussi une maison, grange, toit et four. La donation comprend aussi une rente de 300 livres sur une cabane de marais desséchés acquise par Pierre Gravier, son défunt mari, du comte d’Armaillé.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 205 G 5. 1696, 28 octobre : arrentement d'un tènement de maisons, granges, jardin et cairuage, à Vix, par le curé Labeyrie à Michel et Louis Renaudeau, François Charlet, Louis Mion, Pierre Lacour, Anne Guérin veuve Bireaud, François et Michelle Babin ; 1742, 27 janvier : renouvellement de la même rente pour Pierre Lièvre, Pierre Cornuau le jeune, Michel Pageaud, Jean Charlot pour Anne Mingot, et Jean Aujard.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 36. 1789, 4 août : acte de fondation par Marie-Anne Fleury veuve Gravier d'une école et maison de charité à Vix, devant Vinet, notaire à Fontenay-le-Comte.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 36. 1803, 8 mai (18 floréal an 11) : vente par Charles-Armand Fleury à Mathurin Simonneau d'une maison au Courseau, à Vix.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/45. 1772, 1er juin : arrentement d'une maison au lieu nommé le Courseau, à Vix, par les héritiers de François Aujard et Anne Moinard à Pierre Gravier et Marie-Anne Fleury.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/46. 1774, 27 février : renouvellement d'une rente passée en 1696 sur des biens au Courseau, à Vix, pour Pierre Gravier, Jean Clavurier, François et Jacques Cornuaud et Michel Pageaud.

  • Archives départementales de la Vendée, 3 E 63/59. 1785, 30 mai : ratification par Jeanne Aujard d'un acte de vente d'une maison par Anne Moinard, sa mère, à Pierre Gravier ; 1785, 21 septembre : échange de maisons, à Vix, entre Marie-Anne Fleury veuve Gravier et les héritiers de Jacques Cornuaud.

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 3392 à 3401, 3725 (complétés par les registres conservés en mairie). 1837-1971 : état de section et matrices des propriétés du cadastre de Vix.

Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

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