Dossier d’aire d’étude IA85002444 | Réalisé par
Suire Yannis (Contributeur)
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.

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  • inventaire topographique, Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
Maillé : présentation de la commune
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  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Vallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
  • Adresse
    • Commune : Maillé

L'inventaire du patrimoine de la vallée de la Sèvre Niortaise a concerné Maillé de novembre 2020 à juin 2021. Ont été étudiés : d'une part, tous les éléments du patrimoine présents dans une zone d'un kilomètre à partir du fleuve, étendue jusqu'à Saint-Roman, l'aqueduc et la Grande Bernegoue ; d'autre part, les éléments les plus marquants et représentatifs du patrimoine relevés sur le reste du territoire communal. L'enquête a ainsi permis d'identifier 341 éléments, dont 236 ont fait l'objet d'un dossier documentaire (parmi lesquels 116 étudiés) et 105 d'un repérage à des fins statistiques. Le tout est illustré par plus de 1600 images.

De nombreuses traces d'une occupation ancienne

Le territoire de Maillé a été anciennement et intensément occupé, sans doute par le fait que, constituant une presqu'île, reliée au continent, et non une île, il était facile d'accès aux sociétés humaines qui se sont succédé depuis l’époque préhistorique, sinon celtique. On signale ainsi des haches, dites celtiques ou gauloises, au Dognon et sur le site du cimetière, aménagé en 1863. A l’époque romaine, Maillé (sans doute de malae aquae, "mauvaises eaux" ou "eaux rapides") aurait été le premier lieu habité de la presqu'île de Maillezais, à proximité de la Sèvre Niortaise et sur un ancien chemin saunier reliant déjà les deux rives du fleuve. Dès la fin du 18e siècle, des "aqueducs de pierre de taille réunis par du ciment" auraient été découverts dans le bourg. En 1875, près de la ferme de Civray, fut mise au jour une stèle ou borne miliaire, de 30 cm de haut sur 25 de large, avec inscription. On signale aussi des tuiles à rebord au même endroit, les vestiges d'un passage à gué à Cibule, des poteries, des débris de verre et 425 deniers romains en argent, du 1er siècle avant J.C., à Andremont.

Au début du Moyen Âge, avant même la création du bourg, l'époque mérovingienne semble avoir vu se développer une nécropole à Civray et surtout le site de la chapelle de Saint-Pient, au nord-est de la Pichonnière. La fondation de cette chapelle est liée, selon la légende, au passage du saint évêque de Poitiers, qui vivait au 6e siècle et qui, évangélisant la région, aurait fait naufrage sur ce rivage de l'ancien golfe marin. Les fouilles archéologiques menées sur ce site en 1975-1976 ont permis de mettre au jour des tombeaux avec ossements ainsi que du mobilier allant du 6e au 13e siècle. Il faut aussi noter la mise au jour, dans les années 1960, d'un dépôt monétaire de 119 deniers des 12e et 13e siècles, dans une maison du bourg ; et, au milieu du 19e siècle, de bouteilles et de vases des 14e-15e siècles dans le bourg, lors de l'aménagement du coude formé par la nouvelle route D25 au nord-est de l'église, dans l'enceinte de ce qui était le cimetière.

Un site stratégique dès le Moyen Âge

Certains de ces vestiges, notamment des pierres tombales découvertes dans le quartier Saint-Nicolas, semblent être liés à un ancien prieuré que le comte de Poitiers aurait créé à Maillé au début du 11e siècle, en même temps qu'il fondait l’abbaye de Maillezais dont dépendait ce prieuré. Celui-ci était voué à saint Nicolas de Myre, patron des marins. Le site de Maillé, lieu de passage et d'embarquement, existait déjà aussi à cette époque comme lieu de passage et de commerce : le droit de péage de Maillé fait en effet partie des biens et revenus donnés par le comte à l'abbaye lors de sa fondation. Le moine Pierre, qui rapporte ces événements, évoque aussi la fondation d'une église au port de Maillé par un certain Aimeri, sur autorisation de l'abbé de Maillezais Théodelin. En 1065, un certain Devert et son épouse Hermengarde, se retirant à l'abbaye de Maillezais et à celle de Saintes, font don à la première d'une maison située à Maillé, avec du mobilier.

La construction de l'église sur son site actuel, avec déplacement du bourg depuis Saint-Nicolas pour se rapprocher de la Sèvre Niortaise et du port, a dû intervenir quelques décennies après : le portail roman de l’église est estimé du 12e siècle, et le port de Maillé fait l’objet d’une première mention en 1156. Il est alors connu, semble-t-il, pour le commerce du sel, et bénéficie de sa position à proximité immédiate de la Sèvre, axe commercial majeur entre Niort, Marans et la mer. En 1173, Aliénor d'Aquitaine confirme la donation à l'abbaye de Maillezais de tout le minage de Maillé (droit perçu sur les récoltes de grains). Jusqu'à la Révolution, l'abbé puis évêque de Maillezais (puis de La Rochelle) exercera son autorité seigneuriale sur Maillé. Le port de Maillé est mentionné à nouveau en 1232, de même que la Pichonnière, point de départ depuis les terres hautes d'un passage à travers les marais pour rejoindre la Sèvre Niortaise puis l'Aunis. En 1240 et 1250, différents actes impliquant les abbés et religieux de Maillezais concernent des maisons à Maillé et sur son port.

La guerre de Cent ans met sans doute à mal cette position privilégiée, en abattant la puissance de l'abbaye de Maillezais. En 1487, on cite le prieuré de Maillé dont Nicolas puis Guillaume Favroul sont prieurs. Le chœur de l'église remonte probablement à cette période. Dans la seconde moitié du 16e siècle, les guerres de Religion dévastent la région et placent Maillé en première ligne des combats, dans le sillage de Maillezais. En mai 1577, Maillé est prise par les catholiques du duc de Mayenne qui viennent de s'emparer de Marans. Le chef de guerre et écrivain protestant Agrippa d'Aubigné fait de Maillé sa tête de pont en avant de Maillezais pour contrôler la Sèvre Niortaise. Il reste implanté sur son fort du Dognon jusqu'en 1619, tout en imprimant à Maillé plusieurs de ses ouvrages. En 1617, la paroisse compte 250 communiants.

Entre marais desséchés et marais mouillés aux 17e et 18e siècles

La paix revenue, Maillé est concerné au premier chef par les travaux de dessèchement des marais menés dans les années 1650-1660 par la toute nouvelle Société des marais desséchés de Vix-Maillezais-Maillé. Si le territoire de Maillé n’est qu'un élément du projet d'origine qui s'étend jusqu'à Coulon, il en devient le point de départ lorsqu'en 1666, la Société renonce à dessécher les marais situés en amont des Douves. L'aqueduc de Cibule est abandonné, tandis que celui de Maillé, sur la Jeune Autise, devient une pièce maîtresse du dessèchement. C'est aussi à Maillé que prennent naissance le canal de Vix, le Contrebot de Vix et la digue ou Grande levée de Vix. Protégés des inondations par cette dernière et par les digues de Bois-Dieu et de la Bourse de Chay, les vastes marais desséchés s'étendent sur le nord du territoire de la paroisse. Les grandes fermes ou cabanes qui s'y dessinent à angles droits participent au développement économique de la contrée.

La carte de la région par Claude Masse en 1720 montre le nouveau paysage ainsi créé, qui contraste avec les terres hautes où se concentre l'habitat, et surtout avec les marais restés mouillés, sur toute la moitié sud du territoire. Selon l'ingénieur, ceux de Millé et du Dognon, par exemple, sont "presque toujours inondés". Le port "où il s’embarque beaucoup de blé pour descendre à Marans", est toujours solidement implanté sur le contour que forme ici la Sèvre Niortaise. Le fleuve est par ailleurs ponctué de plusieurs écluses ou pêcheries : celles du Loup, de Charbot, du Point Perdu, et celle de la Croix, tenue par la famille Marie et où passe la chaussée, très empruntée, de la Pichonnière.

L'usage de celle-ci est toutefois contraint par les inondations qui, plus généralement, viennent chaque année envahir les marais mouillés et menacer les marais desséchés. Dans les années 1760-1770, le curé de Maillé, l’abbé Joseph Herbert rapporte ces vicissitudes dans son registre paroissial, indiquant par exemple en 1769 que l’eau arrive jusqu'à la place de l’église. Malgré tout, les marais desséchés figurent parmi les terres les plus productives du Poitou et d’Aunis, alimentant le commerce mais aussi, par exemple, l’activité du moulin de la Pichonnière. L'évêque de La Rochelle, lui, continue à exercer ses prérogatives seigneuriales, affermant les dépendances de sa seigneurie de Maillé dont le four banal, les terrages, le péage ou coutume prélevé sur le port, des marais desséchés en Bois-Dieu, et la métairie de Civray. La paroisse compte 160 feux (environ 640 habitants) en 1720, 702 habitants en 1793.

A la Révolution, les propriétés de l'évêque de La Rochelle sont saisies et vendues comme biens nationaux. Le curé Herbert, réfractaire en 1791, arrêté une première fois en juillet, puis à nouveau en mars puis novembre 1792 et mai 1793, est incarcéré à La Rochelle où il est guillotiné le 5 septembre 1793. Sous l'Empire, des soldats refusant la conscription se cachent dans les marais de Maillé. En 1806, la commune ne compte plus que 547 habitants.

De nouveaux aménagements du territoire au 19e siècle

Au cours du 19e siècle, le territoire de Maillé est concerné au premier chef par plusieurs des aménagements décidés par l'Etat sous l'Empire pour la vallée de la Sèvre Niortaise, et mis en œuvre à partir des années 1830-1840. Le trafic sur la Jeune Autise est amélioré par des travaux menés sur le vieil aqueduc de Maillé, tandis que celui sur la Vieille Autise, au pied des maisons de la Grande Bernegoue, est reporté vers le canal de la Vieille Autise. Parmi les anciens fossés ou biefs qui traversent les marais mouillés depuis sans doute des siècles (la Nette, la Mue…), celui de Bourneau est déporté vers le sud, en un nouveau canal ou rigole de Bourneau qui opère une courbe régulière reliant la Vieille Autise et le grand port de Maillé.

Le lit de la Sèvre Niortaise est lui-même modernisé, élargi, curé. Débarrassé des anciennes écluses ou pêcheries, il est même redressé dès 1834 par le canal du Fossé du Loup qui vient former l'île de la Chatte (commune de Taugon), reléguant l'ancien cours du fleuve à un vieux contour, toujours connecté au grand port. Celui-ci y perd sans doute en visibilité sur le grand axe fluvial et commercial que constitue la Sèvre, entre Niort et la mer. Le grand port est toutefois lui-même aménagé à la fin du 19e siècle et au début du 20e (barrage éclusé, cale, quai…).

La seconde moitié du 19e siècle voit aussi la création des écluses de Bazoin, partagées avec Damvix et La Ronde, et la construction, chaotique, des ponts de la Croix des Mary. Ceux-ci s'intègrent dans le nouvel axe routier et commercial mis en place au milieu du siècle entre Faymoreau et Rochefort (route D15), qui reprend en la modernisant l’antique chaussée de la Pichonnière. A la même époque, est construite la nouvelle route de Vix à Lesson (route D25). Traversant le bourg, elle suscite le développement de celui-ci vers l'est, tandis qu’au nord, via Saint-Nicolas et le nouveau hameau du Pont de la Route, elle facilite l'accès aux marais desséchés et aux communes voisines de Vix et Doix.

Une évolution économique, démographique et sociale contrastée (19e siècle - première moitié du 20e)

Ces nouvelles infrastructures, par voie d'eau ou terrestre, permettent le développement économique de la commune dans la seconde moitié du 19e siècle et la première moitié du 20e. Le bourg mais aussi les écarts comme la Grande Bernegoue se parent d’un grand nombre de commerces et d'ateliers d’artisans. Les sabotiers sont particulièrement actifs à Maillé, exploitant le bois des marais alentour. La population de la commune dépasse les 1000 habitants en 1831 et culmine à 1424 habitants en 1881. Cet essor économique et démographique profite aussi aux habitants des marais mouillés : les nouvelles fermes, surélevées pour être à l'abri des inondations, se multiplient au bord de la Sèvre, par exemple entre le site de Bazoin, nouvellement créé, et le pont de l'Ouillette.

La grande majorité de la population vit d'agriculture, dans les marais desséchés et surtout à partir des petites parcelles de marais mouillés que possède chaque famille. Les cultivateurs bénéficient aussi des marais communaux que gère la municipalité, mais cette propriété commune est régulièrement remise en cause : des portions sont vendues pour financer des travaux aux bâtiments communaux, et, en 1872 par exemple, le conseil municipal rejette une pétition de 63 chefs de ménages demandant le partage du communal. Autre frein au développement agricole : les inondations, comme celles de 1872 dont la marque figure encore à l'aqueduc et au pont de Saint-Nicolas, et celles de 1936, restées dans les mémoires.

La courbe démographique s'infléchit dès la fin du 19e siècle, comme pour la plupart des communes du Marais, sous l'effet principalement des débuts de l'exode rural et aussi du déclin déjà engagé du port qui a perdu son statut millénaire de port d’ampleur régionale. Maillé ne compte plus que 1148 habitants en 1911, 875 en 1936. Pourtant, la commune, bien que disposant de ressources financières limitées, entre dans la modernité avec la création d'une ligne télégraphique en 1904, l’ouverture d'un bureau de poste en 1923 et l'installation de l'éclairage électrique puis de l'électricité dans les habitations, également dans les années 1920. La commune compte aussi d'importantes entreprises comme le négoce de vins Gousseau-Babin (7 Grand rue) et la scierie Richard qui prennent de l'ampleur dans l’entre deux guerres. La vie associative n'est pas en reste, avec par exemple la fondation de la société de musique Saint-François en 1907.

A la fin du 19e siècle et au début du 20e, la commune est par ailleurs agitée par de violentes querelles autour de la question religieuse et scolaire. Deux camps s'affrontent au sein de la population et des majorités municipales qui alternent. D'un côté, la grande piété d'une partie importante des habitants et des notables de la commune se traduit par la multiplication des missions religieuses et la construction de plusieurs calvaires (notamment celui rue de la Poste, érigé en 1871), ou encore l'embellissement de l'église. De l'autre, le camp laïque impose en 1897 la création d'une école communale de filles, distincte de celle tenue depuis 1849 par les religieuses. Le presbytère est récupéré en 1907 pour y établir la mairie ; la paroisse y répond par la construction d'un nouveau presbytère en 1913 puis d'une salle des fêtes paroissiales.

Maillé depuis 1945

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la question de l'aménagement des marais et de la lutte contre les inondations reste d'actualité, d'autant que les ouvrages ont été malmenés et mal entretenus pendant le conflit. Le cours de la Jeune Autise est reprofilé en 1959 en aval du pont de Saint-Nicolas, lequel est reconstruit, élargi. En 1960, le vieil aqueduc de Maillé est doublé par un nouvel ouvrage plus large et qui permet de redresser le cours de la Jeune Autise. Le nombre d'habitants augmente de nouveau dans les années 1950-1960 (910 en 1962), les entreprises Babin et Richard offrant des emplois bienvenus alors que l'agriculture traditionnelle vit ses derniers feux. En 1967, les derniers marais communaux sont vendus par la municipalité pour acheter une demeure rue de la Poste, alors aménagée en maison de retraite.

Le déclin puis la fermeture des principaux employeurs commerciaux et industriels, et l'exode rural massif entraînent de nouveau le recul du nombre d'habitants dans les années 1970-1990, chiffre qui tombe à 748 en 1982, 689 en 1999. L'école publique, regroupée avec celle de Maillezais, ferme ses locaux en 1998, et seule demeure à Maillé l'école privée. Les commerces et ateliers qui bordaient la Grand rue ferment les uns après les autres. La commune mise désormais sur le tourisme estival. Un terrain de camping est inauguré près du port en 1967. Dans les années 1980-1990 se développe l'offre de "capucines", bateaux de promenade électriques. En ce début du 21e siècle, même si l'augmentation du nombre d'habitants reste fragile (754 en 2018), Maillé profite de ses atouts que sont ses paysages au cœur des marais mouillés, son patrimoine et son grand port, avantageusement situé à quelques encablures de la Sèvre Niortaise.

La commune de Maillé se situe sur la rive droite de la Sèvre Niortaise, côté Vendée. D'une superficie de 17,68 kilomètres carrés, elle est délimitée à l'ouest par la commune de Vix, au nord par celles de Doix et de Maillezais, et à l'est par la rivière la Vieille Autise qui la sépare de la commune de Damvix. Tout son versant sud et sud-ouest borde les méandres de la Sèvre Niortaise qui, entre le pont de l'Ouillette et le pont du Sablon, en passant par Bazoin, la Croix des Mary et le vieux contour de l'île de la Chatte, serpentent sur près de 8,5 kilomètres.

Le bourg et l'essentiel de l'habitat, notamment le hameau de la Grande Bernegoue, sont établis sur les bords d'une ancienne presqu'île calcaire, reliée par un ancien isthme (aux Douves) à celle de Maillezais. Cette presqu'île est de faible altitude, culminant à 10 mètres à la Croix de Maillé, 8 à Saint-Nicolas, pour n'atteindre que 6 mètres près de l'église, 4 au Bas de la Chapelle, soit à peine plus que dans les marais environnants. A l'ouest, le bourg et ses terres hautes sont tangentés par la rivière la Jeune Autise qui va se jeter dans le vieux contour de la Sèvre Niortaise juste en aval du port et du bourg. Les terres hautes sont par ailleurs traversées par deux axes routiers importants, qui se croisent à la Croix de Maillé : d'axe nord-sud, la route D15 vient de Maillezais au nord et file vers La Ronde et la Charente-Maritime, via la Pichonnière et la Croix des Mary, au sud ; d'est en ouest, la route D 25 (dite de Vix à Lesson) entre dans le territoire communal par la Grande Bernegoue, traverse en ligne droite la partie nord-est du bourg, forme ensuite un coude pour rejoindre au nord le quartier Saint-Nicolas, franchir la Jeune Autise puis le canal et le Contrebot de Vix au Pont de la Route, et enfin continuer à travers les marais desséchés, via le carrefour de Saint-Roman.

Les terres hautes de Maillé sont tout environnées de marais mouillés, c'est-à-dire inondables, à l'exception des marais desséchés de la Bourse de Chay qui avancent au nord jusqu'aux abords du bourg. Sont notamment encore soumis aux inondations les marais de l'Oueille, de Camont, de la Mue, de Narpin et de Bourneau, au sud ; et les marais du Dognon, de Millé et de la Vieille Vague, à l'ouest. Ces marais mouillés ont toutefois fait majoritairement l'objet d'opérations de remembrement et de drainage qui ont élargi les parcelles et fait reculer la végétation. Celle-ci reste dense par endroits, par exemple à la Vieille Vague, entre la Pichonnière et la Croix des Mary, et à l'Oueille. Ici, le parcellaire est plus resserré, délimité par un réseau de fossés et irrigué par quelques cours d'eau plus importants que les autres : ainsi le canal ou rigole de Bourneau qui contourne les terres hautes par le sud entre la Grande Bernegoue et le bourg ; ou encore le fossé de la Nette, près du Dognon. Dans ce même secteur, deux anciens îlots de faible altitude, le Dognon et Millé, dominent à peine les marais. Les marais mouillés encadrent enfin la Jeune Autise en amont de l'aqueduc, avec là encore une végétation et un parcellaire assez denses.

L'aqueduc est justement l'un des points de rencontre entre les marais mouillés et l'autre grande catégorie paysagère présente à Maillé : les marais desséchés, qui occupent la partie nord et nord-ouest du territoire de la commune. Ils sont protégés des inondations par les digues ou levées de Bois-Dieu et de la Bourse de Chay, de part et d'autre de la Jeune Autise, et par la Grande levée de Vix qui prend naissance à la Fontaine Rouillée. Comme dans les marais de la Bourse de Chay, au-delà du Pont de la Route, le paysage s'ouvre, le regard porte plus loin, sur les vastes champs ou "carrés" cultivés, principalement en céréales. Ponctués de quelques fermes ou "cabanes", ces marais desséchés sont transpercés de grands fossés et de canaux (fossé des Dix pieds, canal du Pont Tord...) qui acheminent l'eau jusqu'au canal de Vix, au sud. Celui-ci commence sa course à Maillé, au pied des terres hautes des Douves, et file ensuite vers l'ouest, jusqu'à la mer, à 25 kilomètres de là.