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Les fermes de l'aire d'étude : La Forêt de Bercé

Dossier IA72001502 réalisé en 2012
Aires d'étudesForêt de Bercé
Dénominationsferme

L'enquête sur les six communes de l'aire d'étude a permis de recenser 794 fermes qui, pour la plupart n'en sont plus aujourd'hui par destination : 198 à Saint-Vincent-du-Lorouër, 158 à Pruillé-l'Eguillé, 140 à Beaumont-Pied-de-Bœuf, 116 à Thoiré-sur-Dinan, 90 à Saint-Pierre-du-Lorouër, 92 à Jupilles. 129 fermes (de bourg, isolées ou écart) ont fait l'objet d'une notice : soit 40 à Saint-Vincent-du-Lorouër, 34 à Saint-Pierre-du-Lorouër, 22 à Pruillé-l'Eguillé, 12 à Beaumont-Pied-de-Bœuf, 11 à Jupilles, 10 à Thoiré-sur-Dinan. Les critères de repérage ont été la lisibilité de la structure de la ferme : distinction encore possible entre le logis et des dépendances agricoles souvent transformées en sanitaires, chambres, garages. Les remaniements nombreux au cours des deux derniers siècles, tels les percements intérieurs, agrandissements ou changements d'ouvertures, et les changements de destination des pièces, ont rendu le travail délicat. Il est à noter que la maison de ferme, ou logis, n'est pas systématiquement de la même époque que les dépendances agricoles. Par ailleurs, pour des raisons familiales ou socio-économiques qui nous sont inconnues, le logis ancien a pu être dévolu à la génération des parents tandis que les plus jeunes faisaient construire un nouveau logement au sein de la ferme, ou encore être transformé en bâtiment agricole et perdre sa cheminée. Les dépendances agricoles antérieures à la Révolution ont rares. A contrario, le repérage a permis d'identifier dans chaque commune de petites maisons voire maisons-étables dont la fourchette de construction se situe entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle : elles sont très intéressantes parce qu'elles présentent une structure partiellement en bois, avec des poteaux repérables sous une maçonnerie postérieure. Le vocable de ferme n'est pas employé dans les documents notariés (série E aux Archives départementales : baux, transactions, successions) ; il est fait mention de bordages ou de métairies. Les bordages, largement majoritaires, sont de petits ensembles agricoles comprenant le logement du bordier, la cour, une étable, une grange, voire un toit à porcs, associés à quelques hectares de terre. Ils peuvent être dans un bourg, isolés ou en écart. Les métairies, peu nombreuses et isolées, sont des ensembles plus importants en termes de bâtiments et de surfaces cultivables, qui souvent dépendaient d'un pouvoir religieux ou seigneurial sous l'Ancien Régime. La ferme, terme générique employé par l'Inventaire général du patrimoine culturel, est donc définie comme une unité d'exploitation agricole comprenant une habitation (la maison ou logis), parfois complétée d'un ancien logement converti en dépendance, et des dépendances agricoles : hébergements pour les animaux (étable à vaches, étable à chevaux pour les chevaux de travail, toit à porcs, toit à chèvres, clapiers à lapins), lieux de stockage des récoltes (grange, comble à surcroît, fenil) et lieux de rangement du gros matériel (hangar, remise). L'étude des fermes en tant que patrimoine s'inscrit dans une problématique chrono-typologique, de la seconde moitié du XVe siècle, après la Guerre de Cent Ans, jusqu'à la décennie 1950. Les fermes ont maillé plus ou moins régulièrement le territoire. A quelques exceptions près, l'ensemble des lieux-dits actuels figure sur la carte de Cassini (Le Mans, n° 64, levée en 1760-1761). Dans chaque commune, quelques fermes sont édifiées ex nihilo au XIXe siècle : elles sont isolées ou bien au sein d'un écart, comme par exemple à la Noë Guibert (1827), au Paty (1872), à la Croix ou à la Caradoire (fin XIXe siècle) à Thoiré-sur-Dinan, à la Davière (1872) à Saint-Vincent-du-Lorouër, à la Basse Grange à Saint-Pierre-du-Lorouër. Au XXe siècle, certaines fermes finirent par tomber en ruines, faute d'entretien (c'est ainsi que des lieux-dits ont disparu), tandis que les regroupements de bâti dans les écarts et le remembrement des terres agricoles diminuaient leur nombre. Sensibles après la Seconde Guerre mondiale, les mutations du monde rural (électrification des campagnes, mécanisation des travaux agricoles et évolution des techniques) achevèrent cinq cents ans d'évolution d'un modèle de ferme. Des ensembles les plus anciens - fin du XVe siècle jusqu'au XVIIe siècle, il ne subsiste presque aucun bâtiment agricole, mais seulement une maison d'une ou deux pièces. Des ensembles remontant au XVIIIe siècle ou au début du XIXe siècle, il subsiste des fermes blocs à terre en longueur, c'est-à-dire la succession d'une maison d'une ou deux pièces, d'une grange et d'une ou deux étables [la Gandonnière à Pruillé-l'Eguillé]. Ce type de ferme se généralise au XIXe siècle, grande époque de reconstruction et apogée du monde rural. Le modèle formel parcourt les campagnes bien au-delà même du territoire étudié [les Graffardières à Pruillé-l'Eguillé, La Godefraise à Saint-Pierre-du-Lorouër]. Il a pu par la suite être enrichi d'autres bâtiments agricoles. Outre la généralisation de la ferme bloc à terre en longueur, le XIXe siècle voit la construction d'ensembles dissociant la maison des dépendances agricoles : maison et bâtiments agricoles en vis-à-vis [la Basse Hugerie à Saint-Vincent-du-Lorouër], en retour d'équerre joint [La Caradoire à Thoiré-sur-Dinan] ou disjoint [la Davière à Saint-Vincent-du-Lorouër], voire plan en U [la Basse Chênaie à Saint-Pierre-du-Lorouër]. A noter que dans tous les cas, la cour reste ouverte. S´il n'y a pas eu de ferme modèle sur le territoire, on relève cependant une maison de ferme ornée (fin XIXe siècle), à l'Echelardière à Saint-Pierre-du-Lorouër. A noter aussi, le cas atypique de la ferme-école de Jupilles, édifiée en 1874 par un notable demeurant au château de la Pilletière. Le bois, sous forme de poteaux solidaires des sablières et de la charpente, constitue la structure des logis les plus anciens (XVe-XVIIe siècle). Le pan de bois à éclisses associé à un torchis de terre et de paille était utilisé pour les murs extérieurs ou intérieurs et les cloisons, qui étaient ensuite enduits ou chaulés [façade postérieure de la Bouguerie, la Basse-Cour de Follet à Saint-Pierre-du-Lorouër]. Tous ces éléments ont pu être maçonnés par la suite. Le bois, débité en planches, pouvait aussi être posé en essentage, horizontal ou vertical, sur les pignons. Le bois débité en bardeaux, de chêne (cf. documents notariés du XVIIIe siècle) puis de châtaigner, couvre les toitures jusqu'à la fin du XIXe siècle. L'ardoise le remplace ensuite très progressivement. Le silex et plus couramment la pierre calcaire, en moellons enduits, sont employés pour les murs. La pierre calcaire qui peut être du tuffeau, taillée en grand appareil et non enduite, pare certaines maisons de ferme voire dépendances agricoles, à partir de 1840 dans le sud du territoire étudié [la Basse-Chênaie, la Chênaie à Saint-Pierre-du-Lorouër, la Bouletterie à Saint-Vincent-du-Lorouër]. La pierre calcaire est aussi utilisée pour les chaînages, les encadrements de baies et d'éventuelles corniches moulurées. La chaux et le sable, mélangés à un tiers deux tiers, composent l'enduit des murs. La chaux était également utilisée pour enduire l'intérieur de la maison. La brique, rouge ou noire, se substitue souvent à la pierre calcaire à la fin du XIXe siècle, pour les chaînages, les encadrements de baies, les corniches. Pierre et brique peuvent aussi être posées en alternant les assises des chaînages, créant ainsi une bichromie commune en France à cette époque, en milieu rural comme dans les bourgs. L'habitation, de gabarit modeste, est de plan rectangulaire. La façade antérieure (mur gouttereau) sur cour est orientée plein sud, voire sud-ouest. Le logis est en rez-de-chaussée, éventuellement surélevé à partir du XIXe siècle. Il dispose d'un comble, éventuellement à surcroît à partir du XIXe siècle, dont l'accès pour déposer les récoltes et/ou les fourrages se fait parfois depuis l'intérieur (subsistance d'un chevêtre) ou bien par l'extérieur grâce à une ouverture dans le pignon ou à une lucarne passante en façade principale. Le toit est à deux versants. La pente du toit décroît fortement au cours des siècles, tandis que le mur gouttereau s'élève en conséquence. Le logis dispose d'une ou deux pièces qui communiquent ou non (dans ce dernier cas, la maison présente deux portes). L'une au moins de ces pièces est dotée d'une cheminée, dont la souche distingue à l'extérieur le logis des dépendances agricoles. - L'habitation d'une pièce à feu est appelée cellule ou maison élémentaire. - L'habitation à deux pièces dispose soit de deux pièces à feu ou chaudes (= à cheminée), soit d'une pièce à feu et d'une pièce froide. A moins qu'il n'existe un corridor, plus courant à partir de 1840 (la Grande Fosse à Saint-Vincent-du-Lorouër, 1844), on entre directement dans la pièce à feu ou salle, qui est éclairée par une fenêtre. L'accès à la seconde pièce, éclairée par une fenêtre, se fait par une porte intérieure ou bien extérieure. A l'intérieur de l'habitation, la pièce à feu disposait autrefois d'un évier, simple cavité percée à proximité de la porte d'entrée, par la suite remplacé par un meuble, et d'un placard mural à étagères de bois. La cheminée était dotée d'un four à pain (sans qu'il soit possible de préciser quand apparaît ce type de four ; il est mentionné en tout cas dans les documents notariés du XVIIIe siècle) en pierre ou en brique pour les plus récents (XIXe siècle). Le sol était autrefois en terre battue ; il fut par la suite carrelé de terre cuite. La poutraison apparente du plafond, dont une très grosse poutre établie entre la cheminée et la porte d'entrée, était régulièrement chaulée. A partir de la décennie 1840, l'habitation reprend éventuellement les évolutions constatées sur la maison de bourg : surélévation du rez-de-chaussée, corridor, accroissement des dimensions des baies et des pièces, comble à surcroît de plus en plus important et ventilé par de larges ouvertures, toit à croupes, corniche moulurée en façade antérieure, emploi de la pierre de taille en parement, choix de la brique en chaînages et encadrements de baies. Pour autant, le nombre de pièces de l'habitation n'évolue pas. Les dépendances agricoles récurrentes sont l'étable (à vaches, à chevaux) et la grange, généralement adjointes, ce qui donne de nombreuses granges-étables. Sy ajoutent éventuellement le ou les toits à porcs, accolés à ces bâtiments ou en annexes indépendantes, avec courette et muret (XIXe siècle). Et le hangar agricole à partir de la fin du XIXe siècle. Ces bâtiments sont construits comme les maisons en moellons de calcaire ou de silex, enduits à chaux et à sable, chaînés en pierre de taille calcaire. A partir de la fin du XIXe siècle, la brique noire ou plus rarement rouge est utilisée pour les encadrements de baies et les chaînages, voire les piles porteuses des hangars. A noter au XIXe siècle, quelques granges-étables en pierre de taille calcaire de grand appareil non enduite (la Basse-Chênaie, le Chêne Bidault à Saint-Pierre-du-Lorouër) ou des bâtiments tout en briques noires (le Gué-au-Dru, la Goualonnerie -189- à Saint-Vincent-du-Lorouër). Les toits étaient recouverts de bardeaux, aujourd'hui disparus au profit de l'ardoise. Les dates portées sont rarissimes surtout avant le XIXe siècle ; et elles correspondent apparemment davantage à une reconstruction de bâtiment agricole.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

La typologie retenue pour la ferme est la suivante :

Type I

Ferme à 1 bâtiment : Logis et dépendance(s) agricole(s) associées, sous même faîte (la plus petite entité étant l´ensemble pièce à cheminée + écurie). L´ensemble peut avoir été construit en plusieurs campagnes et unifié.

Type II

Ferme à 2 bâtiments : Logis et dépendance(s) agricole(s) dissociées (en vis-à vis, en retour d´équerre joint ou disjoint, en U, sans plan d´ensemble).

Type III

Ferme à plusieurs bâtiments (+ de 2) : Logis et dépendances(s) nombreuses et dispersées dans et autour de la cour, sans plan d´ensemble.

Type IV

Ferme à logis et dépendances agricoles ordonnées autour de la cour. Type ferme modèle, non rencontré sur l´aire d´étude.

La typologie retenue pour le logis de ferme, qui est toujours en rez-de-chaussée, est la suivante :

Type 1

1 pièce à feu.

Type 2

2 pièces. Précision si possible : pièce à cheminée, pièce froide ; deux pièces à cheminée.

Type 3

+ de 2 pièces. Précision le cas échéant, si possible : couloir central ou couloir latéral.

Décompte des œuvres bâti INSEE 2033
repérées 794
étudiées 129

Annexes

  • Extrait de Les maisons-types dans les cantons de Château-du-Loir, du Grand-Lucé et de la Chartre-sur-Loir

    Extrait de Les maisons-types dans les cantons de Château-du-Loir, du Grand-Lucé et de la Chartre-sur-Loir, par Mme Destriché, dans Enquête sur les conditions de l'habitation en France Les maisons-types (1899) :

    La propriété est divisée ; une ferme de 40 ou 50 hectares est réputée très grande ; 15 à 20 hectares constituent l'étendue moyenne des métairies. (...)

    Les maisons construites nouvellement sont beaucoup plus confortables que les anciennes ; généralement elles se composent de deux chambres et cheminées, avec un corridor au milieu où se trouvent l'escalier et un petit cabinet pour le domestique. Elles sont couvertes en ardoises, et bâties à chaux et à sable avec des moellons et des briques. La plus grande chambre sert de cuisine, de fournil, de chambre à coucher pour le fermier ; on y trouve une maie pour le pain, un dressoir pour la vaisselle, un buffet pour les provisions, une table avec bancs et des chaises, le tout en guignier ciré. Le second appartement -la belle chambre- renferme les cadeaux donnés au mariage, les beaux meubles, l'armoire au linge. Dans le grenier, les grains et le moulin à bluter. Dans beaucoup d'habitations nouvelles, la laiterie et le fournil sont séparés de la maison.

    Un jardin avec des arbres fruitiers est ordinairement attenant à la maison ; on peut regretter qu'il soit souvent mal entretenu ; un hangar ou une cave abrite les outils de culture et ceux de menuiserie. Sur les bords du Loir, de belles cours sont creusées dans le tuf ou le roc. ()

    La maison que représente le croquis (...) est celle d'une exploitation de 6 hectares ; la plus grande chambre, celle à cheminée où se trouve le four, a 5 mètres de long et 4 de largeur ; la place est en terre battue, et l'étage n'a guère plus de 2 mètres, les croisées sont petites, et la porte est assemblée avec des chevilles de bois ; l'âtre seul est pavé. Elle s'oriente au midi. La couverture est en bardeau, sorte de planchette de 0m,30 de long sur 0,m15 à 0,m20 de large qu'une cheville en bois accroche aux lattes du toit. Les murs sont en moellon. L'écurie renferme 2 ou 3 vaches, 2 chèvres, 1 âne ou 1 petit cheval. Un jardin de 2 ares est cultivé pour les légumes, un puits est auprès de l'habitation.

Références documentaires

Bibliographie
  • BOIS, Paul. Paysans de l'Ouest : des structures économiques et sociales aux options politiques depuis l'époque révolutionnaire dans la Sarthe. Paris : Flammarion, 1971. 1ère éd. Le Mans : M. Vilaire impr., 1960.

  • BOUTON, André. Le Maine : histoire économique et sociale, Le Mans : Monnoyer, 1962-1974. 4 vol.

  • DESTRICHE, Isabelle-Marie. Les maisons-types dans les cantons de Château-du-Loir, du Grand-Lucé et de la Chartre-sur-Loir. In FOVILLE, A. de/Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-arts Comité des travaux scientifiques et historiques. Enquête sur les conditions de l'habitation en France Les maisons-types. Paris : Ernest Leroux éditeur, 1899, t. II.

    pp. 314, 315, 316.
  • DUFOUR, Jeanne. Agriculture et agriculteurs dans les campagnes mancelles Le devenir des régions agricoles, tapuscrit reprenant en partie la thèse de géographie pour le doctorat d'Etat (1979) sous la direction de G. Chabot puis J. Beaujeu-Garnier, Université Paris I, Le Mans, 1981.

  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, Paris : Editions du Palais-Royal, 1974 ; Mayenne : Joseph Floch, 1974. Reprint de l'édition publiée au Mans : Monnoyer, 1829-1841. 6 vol.

  • PLESSIX, René. Paysans du Maine dans la France ancienne, Le Côteau : éd. Horvath, 1986.

  • POGGI, Frédérique. Habitat traditionnel sarthois, CAUE de la Sarthe, s.d. [fin XXe siècle].

Périodiques
  • LEMMET, Jean. Les bordages dans la Sarthe Définition et origines du bordage. La Province du Maine, 1997/1.

    p. 61-84
  • LEMMET, Jean. Les bordages dans la Sarthe La recherche d'une définition satisfaisante du vocabulaire employé : bordage, closerie, borde et borderie. La Province du Maine, 2000/1.

    p. 61-83
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Syndicat de Pays de la Vallée du Loir - Aquilon Stéphanie
Aquilon Stéphanie

Chargée de mission Inventaire du Patrimoine PETR Pays Vallée du Loir


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