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Église paroissiale Saint-Vincent de Saint-Vincent-du-Lorouër

Lambris de couvrement : décor ornemental accompagné de visages d'hommes, de femmes et d'anges, litres

Dossier IM72002595 réalisé en 2003
Dénominationslambris de couvrement
Aire d'étude et cantonForêt de Bercé - Le Grand-Lucé
AdresseCommune : Saint-Vincent-du-Lorouër
Adresse : place du 8-mai-1945
Emplacement dans l'édificele lambris peint couvre toute la nef seulement les entraits et les poinçons sont ornés dans le chœur ensuite deux litres ont été ponctuellement repérées sur les murs latéraux du chœur et sur les parois ouest et nord de la nef

Le décor du lambris de la nef de l'église fut réalisé en juillet 1634 comme l'indique la date peinte à deux reprises sur la voûte. A l'origine, le lambris du sanctuaire était également peint, mais seule la charpente a conservé sa polychromie. Le décor fut détruit un peu avant le milieu du XIXe siècle (ADS 5V 255 comptes de fabrique de l'année 1846). Robert Charles dans son Guide illustré du touriste au Mans y signale les armoiries de la famille de Fromentières, propriétaire du château des Etangs l'Archevêque. Il s'agit de la seule mention concernant ce décor perdu. Le lambris actuel, refait en 1960 par Valentin Common (inscription placée sur la partie haute de l'arc triomphal), ne possède que deux écus armoriés récents. Dans la nef, la voûte porte un décor très structuré avec des motifs ornementaux mêlant figures géométriques et rinceaux à de nombreux visages, plus d'une soixantaine d' hommes et de femmes et vingt-cinq d'anges. Le décor du faîte est le plus abondant avec des portraits doubles placés entre deux rangées d'anges. Du côté du chœur, il s'enrichit des symboles de la mort et du Christ. Dans cet espace réservé aux fidèles, les images laïques l'emportent sur le religieux réservé à la proximité du chœur. Le parti de doter la voûte d'un si grand nombre de visages aux physionomies variées allant même jusqu'à la caricature est exceptionnel et ne présente pas d'équivalent dans la région. Les nombreux visages peints sont-ils des portraits comme semble le suggérer les initiales peintes de chaque côté d'entre eux. Si certains peuvent l'être des portraits sans toutefois de véritables individualisations d'autres sont au contraire des grotesques. L'ensemble a été exécuté de manière rapide dans un style parfois grossier et sans le raffinement attendu pour des portraits. Les circonstances de la commande ne sont pas connues, seuls la date et le nom des commanditaires sont peints sur la voûte : Jean Julian procureur de la fabrique et Jean Vérité, chirurgien. Le lambris a subi de nombreuses réfections. Outre le remontage des lattes tombées, parfois au mauvais emplacement, et le remplacement des plus mauvaises par des neuves, la restauration la plus visible est probablement intervenue au XIXe siècle, ou un peu plus tôt, lorsqu'on a repeint les lattes neuves avec un décor imitant de manière extrêmement maladroite les motifs du XVIIe siècle. Ce travail certainement confié à un menuisier plutôt qu'à un peintre est localisé aux deux extrémités de la voûte. Les mentions retrouvées dans les comptes de la fabrique portant sur des travaux de la voûte pour la décennie 1870 n'indiquent pas la nature de l'intervention. Les travaux réalisés en 2010 sur la charpente et le lambris ont permis de refixer l'ensemble des lattes et de changer les plus endommagées. La restauration des décors aura lieu lors d'une prochaine tranche.

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 19e siècle
Dates1634
Auteur(s)Personnalité : Julian Jean
Julian Jean

Procureur de la fabrique.


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commanditaire, commandi attribution par source
Personnalité : Vérité Jean commanditaire attribution par source

Les peintures du lambris et des pièces de charpente ont été exécutées à la détrempe directement sur le bois comme l'a constaté Didier Groux lors de son étude effectuée en 2001. Celles des murs sont exécutées à la détrempe sur un badigeon de chaux. Dans le chœur, seule la charpente a conservé sa polychromie. Les entraits et les poinçons sont couverts d'un décor de chevrons jaunes, rouges, blancs et noirs. Deux écus armoriés sont peints sur des planchettes fixées sur le faîte. Dans la nef, le lambris de couvrement a reçu un décor sur les quatre travées délimitées par les entraits et les poinçons. Pour en faciliter la description, celles-ci ont été numérotées de 1 à 4 en partant de l'ouest. De part et d'autre de la ligne de faîte, chacune des travées est divisée en six rangées de lattes limitées par des couvre-joints et en quatre registres : registre inférieur, médian, supérieur et le registre de faîte (Fig.3). A l'intérieur de chacune des travées, la répartition des motifs est sensiblement la même sur les quatre registres. Chaque panneau est limité par de fins rinceaux noirs au dessin plus ou moins élaboré et orné dans sa partie inférieure d'une forme géométrique (triangle ou demi-cercle) à l'intérieur de laquelle ont été insérés des motifs végétaux et des visages d'hommes, de femmes et d'anges. Le décor est complété de motifs (croissant de lune, fleurs, étoiles, têtes à proximité des visages) peints sur de petits morceaux de bois rapportés sur le faîte et à la croisée des couvre-joints. Ces derniers conservent parfois des traces de polychromie rouge et noire. Les corniches comme les entraits sont peints de bandes ou de triangles alternativement rouges, jaunes et noires, et sur les poinçons uniquement des bandes noires et blanches. Seuls les deux entraits et poinçons placés de part et d'autre de l'arc triomphal, l'un dans la nef et l'autre dans le chœur, et repris en 1750 comme l'indique la date portée ne sont pas peints.

Catégoriespeinture murale, menuiserie
Matériauxbois, support taillé, peint
badigeon, support détrempe à la colle
Précision dimensions

h = 66

Iconographiescroix
à fleuron, à fleur de lys, figures: en buste, ange, tricéphale, représentation végétale, croissant de lune, ornement à forme géométrique: triangle, cercle, croix de malte, monogramme
Précision représentations

Sur tous les registres, à l'exception du registre inférieur, les motifs géométriques alternent avec des visages d'hommes, de femmes et d'anges. Le rythme des rangées dans les travées n'est pas régulier comme le montre le schéma (Fig.4). La formule en quinconce a été abandonnée dans la première travée au profit de l'alignement. Quant à l'alternance palmettes et figures, elle est quasiment respectée à quelques exceptions près et notamment au registre médian de la première travée du versant sud. Le plus près du faîte, deux rangées d'anges encadrent des doubles visages placés dans des cercles. Toutefois à proximité du chœur, dans la quatrième travée, ces derniers laissent la place à des symboles : monogrammes du Christ accompagnés du cœur surmonté des trois clous (sacré-cœur), têtes de mort et croix de Malte. Le registre inférieur est orné de palmettes noires inscrites des triangles de couleur identique rehaussés de orange et surmontés d'une fleur de lys. Au-dessus, le registre médian alterne des palmettes noires, rouges ou jaunes avec des visages tantôt d'hommes tantôt de femmes. Ces derniers sont également insérés dans des triangles surmontés de fleurs de lys. Au registre suivant les rectangles sont remplacés par des demi-cercles et au dernier registre les triangles encadrent une rangée de cercles posée sur le faîte. C'est ce registre de faîte qui est le plus orné avec deux rangées d'anges et une de double visage. Toutes les figures d'hommes et de femmes sont présentées de face, de profil ou de trois quarts, tête nue ou coiffée de chapeaux. Certains offrent un aspect caricatural en tirant la langue ou en montrant les dents et sur la figure 117 l'on voit même un personnage tricéphale faisant les deux gestes à la fois. La croix de consécration à ses extrémités fleurdelysées et elle est insérée dans un cercle bicolore, rouge et vert.

Inscriptions & marquesinscription concernant le commanditaire, peint, sur l'œuvre, français
inscription
date
Précision inscriptions

De nombreuses inscriptions sont disséminées sur l'ensemble du lambris. La plus importante est insérée dans un cartouche dans la première travée du versant nord de la voûte (Fig.96). On y lit la date d'exécution et le nom des commanditaires : EN : LAN . 1634 : / LE PNT . LA- / MBRIS . A . EST / E : FAIT . EN . LE . / MOIS . DE IVILLE / T. PAR . IEAN : / IVLIAN . E . EST / OIT . PROCVUR / EVR. MAISTRE / IEAN . VERITE : / CHIRVRGIEN. Ailleurs, les inscriptions sont plus courtes, parfois mêmes réduites à des initiales comme sur le versant sud, dans la troisième travée où un visage masculin est encadré des lettres F et CH, au registre inférieur de cette même travée : PM / IE : VER et en dessous, gravées dans le bois, une inscription récente : BARBEAU accompagnée d'une tête. Sur le versant nord, les inscriptions sont plus nombreuses : au registre inférieur de la première travée RV, au registre supérieur de la deuxième travée un visage d'homme encadré des lettres R et O, au registre inférieur : IVE / pline (?) / x profil (?) / C. A la troisième travée, au registre médian une tête d'homme est accompagnée d'une inscription peinte de part et d'autre de son visage : I et IAR (?). Enfin dans la quatrième travée, en haut de la nef, au registre inférieur : FG. M .1634 et EB J et d'autres lettres illisibles. Les armoiries des deux litres n'ont pas été dégagées. Seuls deux petits morceaux d'écus sont visibles, au nord l'émail du champ est un chef de gueules et l'écu est entouré d'une cordelière, au sud rien n'est identifiable en l'état. Malgré la présence de gueules, il ne s'agit pas des armoiries des Fromentières, seigneurs du château des Etangs, mais il pourrait s'agir de celles des Echelles, seigneurs de Lucé, qui portent notamment de gueules à trois fasces d'argent. Dans le chœur, les armoiries du lambris étaient celles de Fromentières : d'argent à deux fasces de gueules et celles d'Eschelles : d'argent au lion passant de gueules, désormais remplacées par des écus fantaisistes inspirés des premiers et sur lesquels on retrouve le lion d'Eschelles.

État de conservationmauvais état
œuvre incomplète
œuvre reconstituée
Précision état de conservation

Le lambris en lattes de châtaignier est assemblé à l'aide de feuillures qui ont assuré dans le temps une assez bonne étanchéité. Malgré cette mise en œuvre, la couche picturale est fortement encrassée et présentent de nombreux étalements liés aux infiltrations d'eau dues au mauvais état de la toiture pendant de nombreuses décennies. Ces infiltrations sont les principales responsables du mauvais état de certaines parties de la voûte lambrissée et notamment des registres inférieurs et médians plus atteints du fait de la stagnation de l'eau dans les parties inférieures de la charpente et du ruissellement. Les travaux de couverture réalisés en 2010 par l'entreprise Cruard assurent désormais l'étanchéité de la toiture. On a également procédé à la révision complète de la voûte avec la refixation des lattes et des couvre-joints à l'aide de pointes. Lors de cette campagne de réfection les lattes et les couvre-joints abîmés ou manquants ont été remplacés par des neufs. Les restaurations anciennes avaient déjà permis le changement de certaines lattes pourries et leur remplacement par des lattes neuves, parfois repeintes comme aux deux extrémités de la voûte, ou plus simplement le remontage des lattes tombées. D'ailleurs certaines ont été mal replacées comme dans la première travée du versant nord de la voûte et plus particulièrement dans les trois premières rangées. Dans la quatrième travée du versant sud (Fig.74), la partie supérieure du triangle a été maladroitement repeinte dans une teinte orangée très soutenue alors que la latte d'origine a été replacée sous le motif. Ces restaurations sont de plus grande ampleur qu'il n'y paraît. En effet, la troisième travée du versant nord paraît avoir été partiellement repeinte. Enfin, certaines parties bien visibles ont été recréées dans un style imitant de manière très maladroite l'original (Fig.70, 122, 123).

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsinscrit au titre immeuble, 1997/03/26

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 51. Fonds Paul Cordonnier-Détrie, notes des visites du 21 août 1941 et du 23 avril 1963.

  • Archives départementales de la Sarthe. 5 V 255. Comptes du budget de la fabrique (1815-1904), réparations à la voûte de l'église.

  • Archives municipales de Saint-Vincent-du-Lorouër. GROUX, Didier. Etude de la voûte lambrissée de l'église, décembre 2001, 122 p.

  • Archives municipales de Saint-Vincent-du-Lorouër. MARIE, Joël. Recherches de polychromies sur l'ensemble des murs de l'église, septembre 2004, n.p.

  • Archives diocésaines, Le Mans. Robert TRIGER. Les églises de la Sarthe. Arrondissement de Saint-Calais, canton du Grand-Lucé, Saint-Vincent-du-Lorouër.

Bibliographie
  • BERGEOT, Karine, DAVOUST, Pierre, LEDUC-GUEYE, Christine, PALONKA-COHIN, Anetta [et al.]. Les églises de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2006.

    p. 421
  • CHARLES, Robert. Guide illustré du touriste au Mans. Le Mans : Pellechat, 1880.

    p. 268
  • GUIOCHON, Marie-Christine et Xavier-Philippe. A la découverte de St-Vincent-du-Lorouër. Son histoire, son église, ses trésors artistiques. ARTES, livret, 1993.

    p. 13-20, 21.
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil général de la Sarthe - Leduc-Gueye Christine