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Ferme dite la Courcellerie, actuellement maison

Dossier IA85002055 réalisé en 2018

Fiche

Parties constituantes non étudiéesétable, écurie, grange, hangar agricole
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : L'Île-d'Elle
Lieu-dit : Courcellerie (la)
Cadastre : 1834 F 463 ; 2017 AI 38

Une petite habitation ou hutte apparaît à cet endroit sur la carte de la Sèvre Niortaise par Mesnager en 1818, puis sur le plan cadastral de 1834. Appelée hutte de la Courcellerie Saint-Etienne, elle prend place alors au milieu de nombreuses petites parcelles entourées de fossés et exploitées en bois ou en prés. Elle se situe aussi à proximité d'un réseau de cours d'eau plus important que les autres, formant une route d'eau qui relie le Contrebot de Vix, au niveau de Touvent, au nord-est de la Courcellerie, à la Vieille Sèvre Niortaise, au sud-ouest. Cette ancienne route d'eau existe encore en partie de nos jours au nord et à l'est de la maison actuelle.

La petite ferme ou "vacherie" de Saint-Etienne est comprise dans la liste des biens pour lesquels Etienne René de Courcelles, procureur en l'élection de La Rochelle, échevin de cette ville où il demeure, rend déclaration au seigneur comte de Marans, le 28 août 1749. Dans ce document, au numéro 22, figure "une pièce de marais bas et inondé (...) dans laquelle pièce de marais est bâtie en pierre et couverte de tuile la vacherie de Saint-Etienne consistant en une chambre basse dans laquelle est construit un four à cuire pâte, une laiterie, et un toit à pourceaux et quelques loges de rouches pour servir de toits à vaches". René de Courcelles (qui donnera sans doute son nom au lieu en plus de "Saint-Etienne") précise avoir acheté cette vacherie des héritiers de Hubert Grignon, prêtre curé du Langon. La même déclaration comprend aussi la vacherie de Saint-René, l'écluse ou pêcherie de Tabarit et celle de la Truaude. Etienne René de Courcelles, marié à Magdeleine Cousard en 1737, décède en 1759.

La Courcellerie mais aussi Saint-René et la Pontonière passent ensuite à la famille Beaumont de Lespinay, en particulier à Alexis Samuel Beaumont, baron de Chantonnay, qui, en 1785, s'entend avec les propriétaires des marais voisins pour les dessécher ; un projet qui n'a pas de suites, sans doute à cause de la Révolution. La "Courcelrie" fait en effet partie, toujours avec Saint-René et la Pontonière, des biens saisis comme biens nationaux contre Beaumont de Lespinay et estimés le 23 nivôse an 6 (12 janvier 1798). Exploitée par Mathurin Auger, la vacherie comprend une chambre basse en pierre, un toit à vaches en roseau et 40 journaux de marais mouillés.

En 1834, la hutte appartient à Pierre Gay (1761-1840), pêcheur, et à son épouse, Marie-Anne Auger. Pierre Gay décède en 1840 "au bord de la Sèvre". Un de ses descendants, également prénommé Pierre, fait reconstruire la hutte en 1874, selon le cadastre, donnant probablement l'essentiel de son aspect actuel à cette ancienne ferme. Celle-ci est représentative des petites habitations de marais mouillés développées et transformées en fermes au 19e siècle à la faveur de l'aménagement de ces marais et en l'occurrence du creusement du canal de Pomère.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1874, daté par source

Représentative des fermes qui existaient dans les marais mouillés avant leur aménagement au 19e siècle et qui se sont développées grâce à eux, le Gros Aubier est constitué pour l'essentiel d'un logis et de dépendances alignés. Le tout est construit sur un terrain surélevé pour mieux résister à la montée des eaux en cas d'inondation. Le logis est constitué d'une partie en rez-de-chaussée et d'une autre, à droite, surmontée d'un grenier. Sa façade présente au total une travée d'ouvertures et cinq baies au rez-de-chaussée. Le logis est encadré par différentes dépendances, dont une ancienne grange-étable-écurie à droite, et un hangar à gauche. Le mur pignon de ce hangar, en métal, était à l'origine en bardeaux de bois.

Murscalcaire moellon enduit
bois
Toittuile creuse
Étagesrez-de-chaussée, étage en surcroît
Couvrements
Couverturestoit à longs pans
TypologiesFerme de plan allongé, 1/5, Marais mouillés
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Charente-Maritime. 3 E 47/4. 1785, 20, 21 et 22 novembre : acte entre Messires Alexis Samuel de L’Epinay, chevalier, baron de Chantonnay, Alexis Pichard de la Blanchère, écuyer, greffier de la Chambre des Comptes de Paris, Etienne Louis Bridault, prêtre, Jean-Pierre-Antoine Giraudeau, négociant, Louis Bouet, Jean Bouet, Simon Albert, Anne Guérin veuve Baudouin, Jean Gelot père, Jean Gelot fils, Françoise Suire veuve de Louis Jourdain, Marie Guillet veuve de François Berjonneau, Jean Limouzin, Jean Hervé, René Guérin, Pierre Michaud et Alexis Audineau, demeurant tous paroisse de L'Île-d’Elle, Saint-Jean-de-Liversay et Marans, par lequel ils s’associent pour le dessèchement d’un marais mouillé de 1500 journaux, situé en la paroisse de L'Île-d’Elle.

  • Archives départementales de la Charente-Maritime. 3 E 1662-1, fol. 208. 1749, 28 août : déclaration rendue au comte de Marans par Etienne René de Courcelles pour des biens qu'il possède à Marans et L'Île-d'Elle, devant Guillaume Delavergne, notaire à La Rochelle (en ligne sur le site internet des Archives de la Charente-Maritime).

  • Archives départementales de la Vendée. 3 P 1222 à 1228, 3559. État de section et matrices des propriétés du cadastre de L'Ile-d'Ellle, 1835-1958.

  • Archives départementales de la Vendée. 1 Q 191. Procès-verbaux d'estimation des biens nationaux.

Documents figurés
  • 1818, 30 septembre : carte itinéraire de la Sèvre Niortaise pour l'intelligence du projet général qui a pour but le perfectionnement de la navigation, la conservation des marais desséchés et le dessèchement des marais mouillés, par l'ingénieur en chef des Ponts et chaussées François-Philippe Mesnager. (Archives départementales des Deux-Sèvres, 3 S 17).

  • Plan cadastral de L'Île-d'Elle, 1834. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 111).

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