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Ferme, aujourd'hui maison, île-au-Than, 9-11 rue du Port, Montsoreau

Dossier IA49010770 réalisé en 2010

Fiche

Cet ensemble, remanié tout en demeurant lisible, est caractéristique de l'architecture rurale vernaculaire de la vallée de la Loire, du XVIIe au XIXe siècle. Par son lien à la topographie locale, il traduit aussi les particularités des habitations des îles et berges non endiguées de la Loire.

Destinationsmaison
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonFontevraud-l'Abbaye - Montsoreau - Saumur-Sud
AdresseCommune : Montsoreau
Lieu-dit : l' Île au Than
Adresse : 9, 11 rue du
Port
Cadastre : 1813 A 333, 343 ; 2011 A 237, 277, 278

Cette rangée de maisons fut constituée en deux temps. Une ferme est érigée, à la fin du XVIIe ou au cours du XVIIIe siècle, à laquelle est accolée une habitation, à l'est, au milieu du XIXe siècle.

Progressivement délaissé au XXe siècle, cet ensemble est à l'état de ruine lorsqu'à partir des années 1960 sa restauration en est entreprise, pour en faire sa propre résidence de villégiature, par Jean Gounaud (1927-2009), architecte actif en Saumurois depuis 1950 et qui construisit notamment à Montsoreau l'extension de l'école communale.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Auteur inconnu

Cet ensemble, comme les maisons voisines ou ayant existé à immédiate proximité, a été érigé sur un site de montils, tertres naturels du lit de la Loire qui restent émergés en période de hautes eaux, même s'ils demeurent inondables lors de crues extraordinaires, d'autant que l'Île-au-Than n'est pas protégée par la Grande levée. Le groupe de maisons de ce secteur constitue ainsi un noyau habité depuis au moins le XVIIe ou le XVIIIe siècle.

Cette rangée de maisons est construite dans l'alignement de ce microrelief, parallèle au fleuve. Toutefois, afin d'éloigner davantage encore le risque d'inondation, ce tertre a été légèrement rehaussé artificiellement. Ces maisons sont en rez-de-chaussée avec comble à surcroît doté d'un toit d'ardoises à longs pans et pignons découverts, éléments caractéristiques de l'architecture vernaculaire de la vallée de la Loire. Les façades principales ouvrent au sud, sur une cour (désormais jardin d'agrément) qui les sépare de la voie qui relie entre eux les petits noyaux d'habitations agglomérées de l'Île au Than.

À l'ouest, le plus ancien édifice est constitué d'une habitation et de ses dépendances, érigées en une même campagne de construction, mais constituées de deux travées indépendantes séparées par un mur de refend. Le gros-œuvre est ici en moellons de tuffeau disposés en assises irrégulières. Le bâtiment mesure environ 12,5x6 mètres et chaque travée a une section équivalente, proche du carré. L'habitation, qui n'était vraisemblablement constituée à l'origine que d'une seule pièce à cheminée, présente en façade principale une porte couverte d'un arc segmentaire à extrados en escalier et à crossettes et une fenêtre (reprise). On accédait au comble par un escalier extérieur en maçonnerie, en équerre sur l'angle sud-ouest, qui donnait sur une porte haute percée dans le pignon. À part cette porte, le comble, à usage de grenier, ne disposait d'aucun jour et les lucarnes actuelles sont des inventions d'après modèles du XVIIIe siècle réalisées lors des restaurations du dernier quart du XXe siècle. La charpente a entièrement été reprise, mais elle relevait d'un type courant, à fermes et à pannes sur arbalétriers, avec contreventement à faîtières et sous-faîtières liées par des décharges. La travée de dépendances devait abriter une étable. Elle ne présentait en façade qu'une porte et de très petites baies et le comble devait servir de fenil, accessible depuis la cour par une porte haute formant lucarne (aujourd'hui remplacée par une lucarne à fenêtre là encore inspirée de modèles du XVIIIe siècle). En façade postérieure, ces dépendances se poursuivaient par un flanquement nord, bas et couvert dans le prolongement de la toiture.

Les restaurations récentes ont préservé l'allure générale du bâtiment, désormais entièrement habité, tout en multipliant les lucarnes et en remodelant les espaces intérieurs.

Ajout du milieu du XIXe siècle sur le même alignement, l'aile orientale est une habitation conçue sur un module similaire (environ 6x6m), avec un toit à peine plus haut. Bien mieux conservée, elle n'a pratiquement pas été transformée lors des restaurations récentes. Elle est bâtie en moyen appareil de tuffeau. Le rez-de-chaussée ne comporte qu'une pièce à cheminée et ouvre au sud par une porte et une fenêtre. Le comble à surcroît est accessible par un escalier extérieur droit, en maçonnerie, qui flanque le pignon est où est percée une porte. Le comble prend le jour par une lucarne à ailerons en volutes et à fronton-pignon, qui est ainsi partie prenante du décor néoclassique de l'ensemble de la façade principale. Celle-ci est en effet encadrée de deux pilastres toscans supportant une frise nue et une corniche à mutules ; les baies sont encadrées d'un chambranle en ressaut, avec plate-bande à crossettes et à clef saillante.

Aujourd'hui jardin d'agrément, la cour originelle a été étendue par acquisition de parcelles voisines où les habitations étaient tombées en ruines. Les dépendances qui s'y trouvent aujourd'hui sont des reconstructions récentes sur ces vestiges, à l'exception du pavillon sur rue bâti au XIXe siècle et du puits (lui aussi probablement du XIXe siècle).

Mursmoellon
moyen appareil
Toitardoise
Étagesen rez-de-chaussée, comble à surcroît
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier en équerre en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Statut de la propriétépropriété privée
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