Logo ={0} - Retour à l'accueil

Église paroissiale Saint-Germain de Sceaux-sur-Huisne

Dossier IA72058803 réalisé en 2018

Fiche

VocablesSaint-Germain
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - La Ferté-Bernard
AdresseCommune : Sceaux-sur-Huisne
Adresse : place de l'
Église
Cadastre : 1831 A2 260 ; 2018 AB 36

Les premières mentions de l'église Saint-Germain de Sceaux-sur-Huisne figurent dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Vincent du Mans : vers 1050, Bouchard de Théligny donne à l'église de Sceaux une terre et un pré situés à proximité. A cette époque, l'édifice alors "en vil bois" est reconstruit en pierre.

La nef passe pour être la partie la plus ancienne de l'église et remonter au XIe siècle, mais celle-ci est en réalité difficile à dater en raison de multiples remaniements voire reconstructions. La maçonnerie montre plusieurs reprises et un assemblage confus d'éléments qui pourraient provenir de bâtis plus anciens, tels que les restes de la villa gallo-romaine qui fut exhumée à la fin du XIXe siècle dans la vallée (petits moellons régulièrement taillés, débris de tuiles). On trouve également des traces d'anciennes d'ouvertures, comme une porte donnant sur le prieuré. Bien qu'elle soit probable, aucun élément ne permet formellement d'identifier la construction romane. Les ouvertures actuelles sont plus tardives, comme la petite baie gothique du mur occidental et peut-être la porte sud (XVe siècle ?) et les autres ouvertures percées sans doute vers la 1ère moitié du XVIIIe siècle. D'importants travaux de maçonnerie et de charpente sont effectivement mentionnés dans la nef en 1709.

Le chœur et la tour du clocher ont été vraisemblablement construits dans la 1ère moitié du XVIe siècle, dans un style gothique tardif. Les comptes de fabrique mentionnent dans les années 1530 et 1540 divers travaux : couverture, construction d'un ballet, vitrail de la "grant vitre"... La tour est peut-être construite en plusieurs étapes si l'on se fie aux changements nets de maçonnerie dans l'élévation. Elle est visiblement remaniée à la fin du XVIe siècle ou au début XVIIe siècle, comme l'indiquent les ouvertures en plein cintre dont une a été murée. A partir de 1570, les du Bouchet sont seigneurs de Sceaux et font apposer leurs armoiries, "d'azur à trois annelets de sable", à la clé de voûte de la chapelle sous clocher (depuis remplacées par une fleur) et sur la voûte lambrissée de la nef et du chœur. Quant aux fenêtres du mur nord du chœur, elles sont sans doute ouvertes au XVIIIe siècle comme celles de la nef.

A la Révolution, l'église est saisie comme bien national et vendue à un certain René Neveu en septembre 1796, à l'exclusion du mobilier. Les deux cloches installées en 1719 et les ferrures sont remises à l'administration pour être fondues. L'église sera restituée à la commune après le décès de M. Neveu, dans les années 1810.

L'église fait l'objet de quelques travaux ponctuels d'entretien (principalement sur la couverture) aux XIXe et XXe siècles, mais pas d'une restauration d'ensemble. En 1831, un devis est établi pour agrandir l'église d'une chapelle, afin de mieux accueillir tous les paroissiens : ce projet ne sera pas réalisé. La même année, on met en place le drapeau qui coiffe toujours le clocher. La sacristie actuelle (Gambert architecte) est ajoutée en 1862 en remplacement d'une autre très délabrée, venant obstruer une fenêtre aujourd'hui seulement visible de l'intérieur. La 2e moitié du XIXe siècle voit également le dégagement des abords de l'église, encombrée d'appentis et masquée par un imposant lavoir finalement déplacé en 1870. Les derniers travaux, concernant la couverture, ont été réalisés en 1989. L'église de Sceaux-sur-Huisne est inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1926.

Période(s)Principale : 11e siècle, 15e siècle, 1ère moitié 16e siècle, limite 16e siècle 17e siècle, 1ère moitié 18e siècle, 3e quart 19e siècle
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle
Dates1709, daté par source
1862, daté par source

L'église Saint-Germain de Sceaux-sur-Huisne est approximativement orientée : le chœur se trouve face au sud-est. Son plan est simple : une nef rectangulaire, un chœur à chevet plat contre lequel s'appuie la sacristie en appentis, une tour-clocher carrée accolée au sud de la nef.

La nef, couverte de tuile plate, présente une maçonnerie irrégulière de moellons de tailles et de provenances diverses, calcaire, grès, grès roussard, mais aussi fragments de briques. Plusieurs reprises et anciennes ouvertures sont visibles. Le mur-pignon est percé d'une grande porte chanfreinée en plein cintre, surmontée d'une petite fenêtre gothique trilobée. Le mur sud présente également une porte chanfreinée en plein cintre, sous un arc de décharge plus grand qui laisse supposer qu'une autre porte plus large occupait auparavant cet emplacement. De chaque côté, la nef est éclairée par une grande baie en plein cintre. On remarque, à la jonction de la nef et du chœur, côté sud, un pierre sculptée d'un décor : il s'agit peut-être du linteau remployé (et renversé) d'une baie romane, avec son décor de faux claveaux.

Le chœur, plus élevé que la nef, est couvert d'ardoise et présente un chevet plat à pignon découvert, dont la grande baie (aujourd'hui condamnée par le retable) possède un remplage flamboyant. Une autre grande fenêtre, sur le mur sud, a été obstruée par la sacristie. Le mur nord est percé de deux baies en plein cintre similaires à celles de la nef.

La tour du clocher, épaulée par deux contreforts d'angle, est principalement construite en calcaire, mais le grès semble dominer à mi-hauteur. Elle présente à sa base deux portes en anse de panier : l'une est murée, l'autre possède une agrafe en pointe de diamant. Celle-ci est surmontée d'une fenêtre en arc brisé. Les petites baies des niveaux supérieurs sont en plein cintre ou en arc segmentaire. La tour est coiffée d'un toit en bâtière couvert de tuile plate, dont les pignons découverts sont ornés de choux frisés et de fleurons (ces derniers ont été restitués au XXe siècle). Quatre sculptures, pour certaines érodées, sont disposées en acrotère : un dragon est clairement identifiable, les autres pourraient être un lion, une sirène et un griffon (?). Disposée en appentis contre le chœur et le clocher, la sacristie, couverte d'ardoise, est éclairée par deux fenêtres divisées par un meneau et à linteaux ornés d'accolades.

A l'intérieur, les murs de la nef et du chœur sont aujourd'hui dépourvus de toute ornementation, à l'exception d'un vestige de décor peint sur le mur nord de la nef, de toute évidence laissé inachevé : il comprend des bandes jaunes et rouges et un dessin préparatoire formant des lignes et une croix de consécration. On peut également voir les vestiges d'une inscription. Une niche en plein cintre est aménagée dans le mur sud. Le décor sculpté se concentre dans la chapelle sous le clocher (chapelle de la Vierge), accessible depuis la nef par un grand arc brisé. La voûte sur croisée d'ogives possède une clé ornée d'un ange (qui portait autrefois des armoiries) et reposant sur des culots sculptés. Deux subsistent, l'un avec un ange portant un écu avec une fleur de lys, l'autre avec un personnage accroupi, sans doute un moine. Les vestiges d'une litre funéraire sont également visibles.

Le lambris à sept pans ainsi que les entraits et les poinçons de la charpente ont reçu en décor peint, aujourd'hui en grande partie effacé. Les motifs du lambris, géométriques et végétaux, ont été réalisés à main levée. Les traces d'une inscription ont été relevées, avec peut-être une date (..40 ?) mais celle-ci est malheureusement trop altérée. Au sous-faîtage sont fixés des petits panneaux de bois ornés pour certains d'armoiries, et pour la plupart de motifs cosmiques, soleil, étoiles et lune. Sur l'un des entraits subsiste une pièce de menuiserie qui pourrait être le vestige d'une clôture séparant la nef des paroissiens du chœur des moines du prieuré, probablement supprimée à la Révolution.

Le mobilier de l'église se compose d'un grand retable du XVIIIe siècle occupant tout le mur est du chœur, avec autel de marbre, et d'un autre retable plus petit dans la chapelle sous le clocher, dédié à la Vierge. La statuaire des XVIIe et XVIIIe siècle, protégée au titre des Monuments Historiques, est abondante : on trouve les statues de la Vierge à l'Enfant, de saint Joseph, de saint Roch, de saint Étienne, de saint Léonfort, de sainte Barbe, de saint Germain patron de l'église, de sainte Apolline et un groupe de l’Éducation de la Vierge. La porte qui donne accès à la sacristie, de la fin du XVIe siècle ou du début du XVIIe siècle est également remarquable et proviendrait du clocher. La cloche, a été offerte par les paroissiens et fournie par les ateliers Bollée du Mans en 1894. Les cadrans de l'horloge, également placés en 1894, se trouvent désormais dans le grenier de la mairie.

Murscalcaire moellon enduit partiel
grès moellon enduit partiel
Toitardoise, tuile plate
Plansplan allongé
Étages1 vaisseau
Couvrementslambris de couvrement
voûte d'ogives
Couverturestoit à longs pans
toit en bâtière
État de conservationbon état
Techniquessculpture
peinture
Précision représentations

Porte du clocher à agrafe en pointe de diamant. Acrotères au sommet du clocher représentant un dragon, peut-être un lion, une sirène et un griffon. Choux frisés et fleurons.

Voûte de la chapelle de la Vierge ornée d'un ange, culots sculptés d'un ange portant un écu avec une fleur de lys, l'autre avec un personnage accroupi, sans doute un moine.

Vestige de décor peint inachevé dans la nef (croix de consécration), traces de litre funéraire dans la chapelle de la Vierge.

Lambris orné de motifs géométriques au pochoir. Panneaux ornés pour certains d'armoiries, et pour la plupart de motifs cosmiques, soleil, étoiles et lune.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsinscrit MH, 1926/12/09
Précisions sur la protection

1926/12/09 : inscrit MH

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 F 8. Papiers Menjot d'Elbenne, notes sur les églises de l'ancien canton de Tuffé.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 7 F 25. Papiers Menjot d'Elbenne, histoire religieuse de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; G 1461. 1534-1546 : comptes de la fabrique de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; GG 1 à 160. 1630-1690 : registres paroissiaux de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 J 91. 1719-1894 : pièces concernant les cloches et l'horloge de l'église de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 607. Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 607. Collection Paul Cordonnier, commune de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Mi 29 (R 16-17) . Cahiers Charles, église de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 2 O 340/7. 1820-1911: église de Sceaux-sur-Huisne et ses abords.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 1 Q 154. 1796, 18 juillet et 23 septembre (30 thermidor an IV et 2 vendémiaire an V) : estimation et vente de l'église de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 4 V 1. 1846 : renseignements statistiques sur les églises et presbytères de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 4 V 2. 1807-1811 : subventions ou secours accordés par le Gouvernement (ou d'autres administrations) pour les acquisitions, constructions et réparations des presbytères et églises de la Sarthe.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 5 V 261. 1813-1906 : fabrique de Sceaux-sur-Huisne.

  • Archives diocésaines du Mans ; boîte 1389. Papiers concernant la paroisse de Sceaux-sur-Huisne.

  • DRAC des Pays de la Loire ; documentation CRMH. Eglise Saint-Germain de Sceaux-sur-Huisne.

Documents figurés
  • Archives privées de cartes postales et de photographies anciennes, Sceaux-sur-Huisne. (Collection particulière).

  • XVIIIe siècle : plans terriers du prieuré de Sceaux-sur-Huisne. (Archives départementales de la Sarthe ; H 240).

  • Collection Paul Cordonnier, photographies et cartes postales anciennes de Sceaux-sur-Huisne. (Archives départementales de la Sarthe ; 18 J 607).

  • 1831 : plan cadastral napoléonien de Sceaux-sur-Huisne. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\338).

Bibliographie
  • BERGEOT, Karine, DAVOUST, Pierre, LEDUC-GUEYE, Christine, PALONKA-COHIN, Anetta [et al.]. Les églises de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2006.

  • CHARLES, R. Abbé, MENJOT D'ELBENNE, Samuel. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Vincent du Mans (ordre de saint Benoît), publié et annoté. Mamers : imprimerie Fleury, 1886-1913.

  • Le patrimoine des communes de la Sarthe. Paris : Flohic éditions, 2000. 2 vol.

    p. 1621
  • PESCHE, Julien-Rémy. Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe. Paris : Lorisse, 1999.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.