Logo ={0} - Retour à l'accueil

Ecole primaire publique Gaston-Chaissac, place du 8-Mai-1945

Dossier IA85002339 réalisé en 2019

Fiche

Parties constituantes non étudiéescour, mur de clôture
Dénominationsécole primaire
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Vix
Lieu-dit : Bourg
Adresse : 6 place
du 8-mai-1945
Cadastre : 1836 C 940, 941 ; 2019 AK 477

L'école avant 1870

L'instruction des enfants est, sous l'Ancien Régime, effectuée, bon an mal an, par des régents, par exemple Pierre Pageaud (1727-1782), époux d'Anne Guilbot. A la veille de la Révolution, Marie-Anne Fleury, notable de la paroisse, fonde une école dans sa propriété du Courseau, qu'elle confie à la congrégation des Filles de la Sagesse, mais cette initiative n'a pas de suite, Révolution oblige. En 1802, la commune indique qu'elle ne dispose que d'un instituteur "peu instruit" et demande au préfet l'autorisation d'accueillir un nouvel enseignant, M. Le Fèvre, instituteur au Langon depuis quatre ans. En 1817, Pierre Renou, né à Vix en 1785, devient instituteur, renouvelé en 1833. A partir de 1835, l'école communale des garçons, comme la mairie, est logée dans une maison située 9 rue Georges Clemenceau.

La mairie quitte la première cet endroit, insalubre, en 1850 pour s'établir dans une maison sur le côté ouest la place de l'église, imitée en 1858 par l'école de garçons qui s'installe alors dans un des bâtiments qui encombrent alors la partie est de la même place. Entre temps, en 1854, l'école des filles, jusque là tenue par une institutrice privée, Mlle Bardet, a été confiée à la congrégation des Filles de la Sagesse qui s'installent dans une demeure du bourg (actuelle école privée). Quant à l'école communale de garçons, elle est tenue à partir de 1858 par Pierre Malécot, puis en 1863 par M. Martin, en 1866 par Emmanuel Bridonneau. Parallèlement, dans les années 1850-1860, une école privée de garçons, avec cours du soir pour les adultes, est tenue par M. Petitfils, puis A. Phelippeau et enfin Marc Charles Duverdier, dans une maison du bourg appartenant à la famille Pierre Gantier. Jusqu'en 1862, une autre est tenue par Pierre Pageaud époux Prunier dans sa maison de la place de l'église (actuel presbytère).

De nouveaux bâtiments, de nouvelles querelles (1870-1914)

Dès janvier 1863, l'inspecteur académique avertit le préfet que l'école de garçons de Vix est trop à l'étroit dans ses locaux sur la place de l'église, surtout depuis qu'en octobre 1862, une école privée de garçons, tenue par M. Pageaud, a cessé ses activités, reportant ses 100 élèves sur l'école communale qui en comptait déjà 200 ! L'école communale des garçons doit donc déménager. Pour ce faire, la municipalité créée au coeur du bourg une nouvelle place (place du 8 mai 1945) au sud de laquelle l'école sera établie. Les terrains sont achetés le 31 décembre 1864 à Pierre Jarion époux Borgleteau. Les plans et devis de l'école sont présentés par l'architecte Victor Clair dès le 31 janvier 1865, et approuvés en conseil municipal le 10 février. Clair propose un bâtiment de logement pour l'instituteur et son adjoint, au plus près de la place, au nord de la parcelle, une grande cour à l'arrière, bordée par un préau à l'ouest et des dépendances à l'est, et enfin un bâtiment abritant deux salles de classes, construit au sud de la cour. Les travaux sont adjugés le 25 mars 1866 à Fabien Pouvreau, entrepreneur à Vix, pour 23 425 francs. Le décompte final des travaux, le 13 mai 1868, fait apparaître une dépense totale de 26 393 francs.

En 1875, alors que l'école de garçons compte 227 élèves, un deuxième poste d'adjoint est créé, puis un troisième en 1881. L'école, alors dirigée par M. Guinot, comprend en effet 232 élèves en trois classes, dont 99 pour la seule classe élémentaire. Au recensement de 1886, Firmin Mazeau, 44 ans, époux de Rosalie Cahors, est directeur de l'école. En ces années 1880, les querelles politico-religieuses qui agitent la commune se focalisent, entre autres, sur la question de l'enseignement. Dès le 15 juin 1882, sans attendre la laïcisation de l'enseignement par la législation, le conseil municipal de Vix décide de construire une école communale publique de filles. Jusqu'à présent, les filles étaient instruites par les Filles de la Sagesse à l'école privée, mais le conseil estime que 200 fillettes y sont soustraites pour des raisons souvent politiques et religieuses. Désormais, l'école communale des filles sera publique, en plus de l'école privée des Filles de la Sagesse. Le 27 septembre, l'inspecteur des écoles primaires de Fontenay-le-Comte défend le projet auprès de l'inspecteur départemental, plaidant pour la création d'une école à trois classes, plus une classe enfantine.

La décision est confirmée par le conseil municipal le 26 septembre 1886. L'emplacement choisi jouxte, à l'ouest, l'école de garçons. Les plans et devis sont établis le 1er avril 1887 par l'architecte Abel Filuzeau qui propose une disposition identique à celle des bâtiments de l'école de garçons : logements au nord, un bâtiment de quatre salles de classe au sud, largement éclairé, une cour entre deux, bordée d'un préau et de remises. Les matériaux utilisés sont les suivants : pierre de taille de la Gageonnière (Saint-Martin-des-Fontaines), moellons du pays, charpentes en sapin, couverture en ardoises. Le projet continue cependant à diviser la population et le conseil municipal. Le 1er juillet 1887, le maire, Jean Lièvre écrit au préfet pour faire accélérer les choses et faire commencer les travaux avant les élections municipales de mai 1888, incertaines. Le projet est adopté par le conseil municipal le 10 juin, par la commission départemental des bâtiments civils le 3 août, et par le ministère le 19 janvier 1888. Le terrain est acheté le 2 mars à Lazare Pageaud-Birocheau et à son frère, Pierre Pageaud-Moinard. Le 11, les travaux sont adjugés à Bonnaud, entrepreneur au Gué-de-Velluire. Une école maternelle publique ouvre aussi ses portes à la rentrée 1888. Elle est alors dirigée par Herminie Durand.

Au cours des années suivantes, les querelles politico-religieuses continuent à s'exprimer, parfois violemment, autour des deux écoles. En 1897 par exemple, une pétition est lancée contre l'instituteur adjoint, M. Barbier, et son épouse, directrice de l'école des filles, accusés d'alcoolisme, d'oisiveté et d'actes inconvenants ! L'école des filles compte alors 80 élèves, contre 120 chez les religieuses. Dans les années 1910, tenants du camp laïc, le directeur de l'école, Firmin Mazeau, et son adjoint, Alfred Rolland, fondent la société musicale de l'Union Musicale Vizeronne.

Les agrandissements du 20e siècle

Parmi les réaménagements et agrandissements opérés au 20e siècle, une cantine scolaire est créée en 1935 dans une salle de classe inoccupée. Le 25 janvier 1963, cette cantine étant devenue insuffisante, le conseil municipal décide d'en construire une nouvelle. Présentés par l'architecte Jean-Baptiste Durand, de La Roche-sur-Yon, les plans en sont approuvés par le conseil le 23 février 1964. Le projet prévoit aussi la création d'un plateau d'éducation physique et d'un jardin d'enfants pour la garderie municipale. Les travaux sont adjugés les 26 mars et 5 mai 1965, sauf pour le lot de maçonnerie, attribué de gré à gré avec M. Plaire, entrepreneur à Marans. La nouvelle cantine est inaugurée le 11 janvier 1968, en présence du sous-préfet de Fontenay-le-Comte, du député Bourasseau et de l'inspecteur départemental de l'Enseignement primaire.

L'école est rebaptisée en 1996 du nom de Gaston Chaissac, en hommage à ce peintre qui a vécu à Vix et y est inhumé dans le cimetière.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Dates1866, daté par source
1888, daté par source
Auteur(s)Auteur : Clair Victor
Clair Victor

architecte départemental.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte attribution par source
Auteur : Filuzeau Abel architecte attribution par source

L'école est, pour l'essentiel, un ensemble représentatif de l'architecture scolaire de la seconde moitié du 19e siècle. Elle est située au coeur du bourg, au sud de la place du 8 Mai 1945 qui la sépare de la rue principale. Elle donne au sud sur la rue des Rivaux. Les anciens logements d'enseignants s'élèvent au nord. A chacun d'eux correspond, à l'arrière, une cour et, au sud, un bâtiment de salles de classes. L'ensemble formait à l'origine l'école de garçons à l'est, l'école de filles à l'ouest. Chaque cour est flanquée à l'ouest d'un préau. Une troisième cour s'étend au sud-est, avec le restaurant scolaire et, au nord de celui-ci, une ancienne cantine devenue bâtiment de salles de classes.

Chacun des deux anciens logements d'enseignants, au nord de l'ensemble, comprend un corps principal de bâtiment, à un étage, encadré par deux petites ailes en rez-de-chaussée. Le tout, réparti de part et d'autre d'un portail, est couvert en ardoise, avec des croupes pour le corps principal, encadrées de hautes souches de cheminées en pierre de taille (avec brique pour l'école de garçons). Le toit de l'ancienne école de filles, plus haut, est percé de lucarnes. Les deux bâtiments ont certains éléments architecturaux en commun : double bandeau d'appui, trois travées d'ouvertures autour d'une porte centrale. L'ancienne école de filles se distingue cependant par un décor plus abondant : corniche à modillons, solin à bandeau mouluré, pleins de travées appareillés, linteaux en arc segmentaire, encadrements saillants, lucarnes à fronton triangulaire et ailerons.

Cette distinction architecturale entre les deux anciennes écoles se retrouve sur les deux bâtiments de salles de classes, en fond de cour, au sud. Tous deux sont en rez-de-chaussée, sous un haut toit en ardoise. Le bâtiment de l'ancienne école de garçons, à l'est, présente simplement huit baies (portes ou fenêtres) avec linteau droit, entre une corniche et un solin ; côté sud, il est percé de six baies jumelées. Le bâtiment de l'ancienne école de filles, à l'ouest, est percé, au nord comme au sud, par onze baies avec encadrement saillant et linteau en arc segmentaire, reliées par un bandeau.

L'ancienne cantine, à l'est de l'ensemble, est caractéristique de l'architecture scolaire d'après-guerre. Cette construction en béton présente de larges et hautes ouvertures à peine séparées par d'étroits jambages.

Murscalcaire moellon enduit
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
Statut de la propriétépropriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée, 1 O 812. 1833-1897 : édifices religieux et publics de Vix (église, presbytère, mairie, cimetière, écoles), aménagements et travaux.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 T 640. 1881-1935 : gestion de l'école primaire publique de Vix, inventaires du mobilier scolaire, ouverture d'une cantine.

  • Archives départementales de la Vendée, 1 T 2026. 1819-1940 : fonctionnement des écoles de Vix.

  • Archives municipales, Vix. 15 M 1 à 5. 1834-1955 : construction ou aménagement des écoles publiques de Vix.

  • Archives municipales, Vix. 17 M 1. 1965-1969 : construction de la cantine scolaire de l'école publique de Vix.

  • Archives municipales de Vix. Registres des délibérations du conseil municipal.

  • Archives municipales, Vix. Depuis 1974 : bulletin municipal de Vix.

    1996
  • Collection particulière. Commune de Vix, six années d'administration, 1965-1971, 28 p.

    p. 9
Documents figurés
  • Plan cadastral de Vix, 1836. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 303).

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Vendée - Suire Yannis
Suire Yannis

Conservateur en chef du patrimoine au Département de la Vendée depuis 2017.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.