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Ecart dit La Ménardière

Dossier IA44005638 réalisé en 2015

Préambule : En Pays du Vignoble nantais, les « villages à communs » sont des hameaux ou écarts dont les habitants possèdent en commun et de manière indivise un ou plusieurs biens fonciers, souvent sous forme d’une aire non bâtie en cœur de hameau. L’essentiel du patrimoine bâti qui constitue ces écarts relève de caractéristiques architecturales qui font l’objet de cette présentation.

Présentation générale

La Ménardière est un "village à communs" dont la structure est de type 3, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une métairie planifiée, pour laquelle une parcelle a été définie comme commun aux habitants après le partage du domaine en plusieurs propriétaires privés. L’architecture de l’écart témoigne des bouleversements stylistiques dus à ces fractionnements de propriété.

Paysage général

En 1809

La Ménardière occupe un site qui a connu peu de transformations entre le XIXe et le XXIe siècle. Au XIXe siècle, l’écart est traversé du nord-ouest au sud-est par une large zone de prés. Au nord est, plusieurs terres labourables sont réservées à la culture céréalières. Les abords de la Ménardière, au nord-ouest et au sud-ouest sont occupés par de grandes parcelles de jardins. Plus loin sur les coteaux, orientées vers le sud-ouest sont plantées les vignes. A l’ouest de l’écart, les terres labourables prédominent.

En 2015

Aujourd’hui, les terres labourables réservées à la culture du blé et du maïs sont toujours présentes au nord de l’écart. Elles sont en revanche remplacées par des vignes à l’ouest. Au sud, les prairies subsistent toujours, tout comme les vignes à l’est de l’écart.

L’étude des propriétés foncières des habitants révèle qu’ils vivaient probablement de polyculture. Ils possèdent tous des terres, prés et quelques parcelles de vignes (en moyenne une vingtaine de parcelles à proximité de l’écart). Les habitations donnent accès au nord et au sud-ouest, aux jardins privés.

Architecture de l'écart

En 1809

Les bâtiments de la Ménardière sont ordonnés autour d’une cour quadrangulaire d'axe nord-ouest / sud-est avec maison d’habitation en fond de cour au nord-ouest, bâtiments agricoles sur les côtés et entrée du village depuis la route, au sud-est.

Les habitations sont largement remaniées aux XIXe et XXe siècles, seule une portion du bâtiment principal, situé au centre de la rangée nord-ouest (DI 12, 2015) semble avoir conservé des éléments architecturaux qui témoignent de la construction initiale.

Cette maison à deux niveaux est en moellons de schiste. Les encadrements des ouvertures sont en pierre calcaire. Deux portes sont en plein cintre ; les fenêtres sont couvertes d'une plate-bande. La toiture est à longs pans et à croupe, aujourd’hui recouverte par du fibrociment.

Des matériaux locaux sont employés pour les dépendances (aile droite et gauche) : des moellons de schiste pour les élévations, de longues dalles de schiste pour les encadrements des portes en plein cintre et des tuiles creuses couvrent les toitures à deux pans.

Les bâtiments de dépendance ont été pensés comme deux longues ailes latérales : ils sont reliés entre eux par des portes de communication interne.

Les deux bâtiments qui viennent fermer la cour à l’entrée du lieu-dit sont de volume modeste. Il s’agit d’une pièce unique en rez-de-chaussée, couverte par une toiture à deux pans. Les matériaux de construction sont locaux : les murs sont en moellons de schiste montés à la terre et le couvrement est en tuiles creuses. Ils possèdent chacun des fenêtres dont les dimensions indiquent que les bâtiments ont servi d’habitation, mais ne possèdent en revanche pas de cheminée. Ils ont peut-être servi de chambre, tandis que les bâtiments d’habitation principaux étaient utilisés comme cuisine et lieu de vie.

Au XIXe siècle

Une grande majorité des bâtiments sont repris au XIXe siècle et notamment les remises des ailes ouest et est, rehaussées de piles (DI 21 et 25).

Un bâtiment agricole en appentis est construit en retour d'équerre à l'ouest de l’extrémité nord de l’aile occidentale (DI 305).

Sur l’aile est, les soues à cochon (DI 309 et 21) construites au XIXe siècle, remplacent d' anciennes dépendances détruites.

Le bâtiment qui vient fermer l’aile ouest à l’entrée de la cour est aussi légèrement remanié : sur le pignon, la fenêtre en arc segmentaire est encadrée de briques minces. Ce détail architectural fait écho à l’architecture rustique dite à l’italienne, référence ordinaire des constructions rurales locales au XIXe siècle.

Au XXe siècle

L'extrémité nord de l'aile ouest composée initialement de dépendances est remplacée par des bâtiments d'habitation.

Les remaniements architecturaux et les nouvelles constructions (DI 18, 14) reprennent des motifs caractéristiques de ce style « à l’italienne » : génoise, encadrement des fenêtres et portes en briques minces, oculus. Ces éléments décoratifs sont associés à des encadrements en pierre calcaire qui tentent de rappeler les encadrements anciens des bâtiments originels à plate-bande. La tuile creuse alterne avec la tuile mécanique pour le couvrement des toitures à deux pans.

Ces modifications récentes rendent plus complexe la lecture d’une architecture aujourd’hui très divisée. Elles viennent perturber la symétrie originelle des bâtiments, avec notamment la reconstruction d'habitations en retrait de l'alignement originel de l'aile nord pour disposer d'une plus grande luminosité en s'éloignant des bâtiments qui leur faisaient face. De même, l'organisation parcellaire est moins lisible du fait des reprises différentes d’enduit sur les façades, ou bien encore le percement de portes à l’emplacement des fenêtres pour créer de multiples accès au sein des bâtiments.

Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonPays du vignoble nantais
AdresseCommune : Le Loroux-Bottereau
Lieu-dit : la Ménardière
Adresse : Cadastre : 1809 M3

L’existence de la Ménardière est attestée par la première levée du cadastre en 1809 mais la ferme est plus ancienne et doit corresponde à un édifice construit d.un trait sans doute au XVIIe-XVIIIe siècle.

Les registres de la matrice du cadastre rénové de 1963 ne recensent aucun bien commun aux habitants de l’écart. Deux communs sont répertoriés pour la toute première fois dans le plan cadastral datant de 1978. Il s’agit de la cour (2015, DI 308) autour de laquelle sont ordonnés les bâtiments et une mare (2015, DI 16) attenante au domaine. Ces deux parcelles correspondent aux communs actuels.

Dans les années 1950, un habitant fait construire, avec l’accord des autres habitants, un appentis fait de piles cimentées et de tôle métallique qui flanque le devant de sa maison et empiète sur le commun (2015, DI 26). Avec le temps, cet appentis est devenu une parcelle constructible.

Depuis fin 2014, un litige oppose les habitants de la Ménardière et la commune du Loroux-Bottereau suite à la délivrance de permis de construire en vue de la création de deux logements et qui implique d’emprunter le commun pour le raccordement des eaux usées des deux futurs bâtiments. N’ayant pas trouvé de compromis, la commune revendique l'article 9 de la loi du 27 août 1792 qui régit les terres sans maître et sans titre. Les communs, considérés par la collectivité comme d’anciennes terres vaines et vagues, pourraient faire l’objet d’une présomption générale de propriété au profit de la commune. Pour faire opposition, les habitants sont invités à fournir un titre de propriété. Le futur statut des communs de la Ménardière est en suspens.

Période(s)Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

La Ménardière est un lieu-dit situé à l’ouest de la commune du Loroux-Bottereau. Il est implanté à 16 mètres d’altitude sur une zone de coteaux.

La structure de l'écart et ses communs

Il existe actuellement deux parcelles communes aux habitants de la Ménardière : une cour (DI 308) et une mare (DI 16). L’organisation et l’architecture du bâti indique qu’il s’agit probablement d’une métairie tenue par un seul propriétaire au XVIIIe siècle dont la cour et la mare étaient les équipements privés.

Le processus de division de la ferme en plusieurs propriétaires est déjà engagé lors de la levée du cadastre en 1809 puisque sont recensés six propriétaires sur l’écart. La mare appartient alors à une personne privée. Elle n’est pas dessinée sur le plan de 1809 : c’est un oubli graphique, car sur l'état des sections du cadastre elle est bien recensée comme « étang, vivier » en parcelle M-1535. Sa localisation réelle correspond à la parcelle M-1534, identifiée comme « nulle » dans les états de section et qui doit donc être comprise comme le prolongement de la parcelle M-1535. La cour ne fait l’objet d’aucun recensement ; ses limites ne sont pas clairement définies et la parcelle semble se confondre avec la parcelle de jardin privé M-1532. Elle doit probablement déjà être utilisée comme un espace de vie collective par l’ensemble des habitants.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique ; 3 P 88 4-7: Cadastre du Loroux-Bottereau: état des sections, 1823.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 88 4-7
  • AD Loire-Atlantique ; 3 P 88 8-18 : Cadastre du Loroux-Bottereau: matrice des propriétés foncières, 1823-1914.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 88 8-18
  • AD Loire-Atlantique ; 3 P 88 23-31: Cadastre du Loroux-Bottereau: matrice des propriétés non bâties, 1914-1972.

    Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes : 3 P 88 23-31
Bibliographie
  • BONNEAU, Émile. Le Loroux-Bottereau et son histoire. Nantes : Fédération des amicales laïques de Loire-Atlantique, 1986, 197 p.

(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Syndicat Mixte du SCoT et du Pays du Vignoble Nantais - Orillard Marion
Orillard Marion

Chargée de mission Inventaire - Syndicat mixte du SCoT et du Pays du Vignoble Nantais


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