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Digue du Vieux marais desséché de Champagné

Dossier IA85001876 réalisé en 2017

Fiche

Dénominationsdigue
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Puyravault
Lieu-dit : Porte de l'Epine (la)
Cadastre : 1834 C ; 2017 OC
AdresseCommune : Champagné-les-Marais
AdresseCommune : Sainte-Radégonde-des-Noyers
Lieu-dit : Prée Mizotière (la)
Cadastre : 1834 E ; 2017 OE

Cette digue, aujourd'hui seconde dans sa partie orientale et troisième dans sa partie occidentale, constituait jusque dans les années 1770 la digue première enserrant la baie de l'Aiguillon sur son côté nord-est et sur la rive droite de l'embouchure de la Sèvre Niortaise. Au Moyen Age déjà, une digue première passait à proximité, en arrière de cette digue. Appelée "bot de Relais" ou "bot de Garde", elle avait probablement été construite au 13e siècle. Elle était interrompue par le chenal du Commandeur (actuel canal de l'Epine), d'une part ; d'autre part, par un canal disparu, le canal de Bourdeau ou des Bordes, qui passait vers l'actuelle ferme de la Prée Mizotière (le fossé entre la Petite Touche et la Balise en reprend peut-être l'itinéraire). Endommagée lors de la guerre de Cent ans, la digue est mentionnée dans un hommage rendu en 1450. Elle est comprise dans les travaux de relèvement menés autour de la baie de l'Aiguillon en 1526, mais est abattue lors des guerres de Religion. Le "Vieux Bot" apparaît toutefois encore en 1648 sur une carte des marais desséchés entre Luçon et Marans.

Le dessèchement des marais de Champagné, réalisé à partir de 1651, aboutit à la création d'une nouvelle digue première sur la rive droite de la Sèvre Niortaise et le côté nord-est de la baie de l'Aiguillon, en avant de l'ancien bot de Garde. La digue du Vieux Marais de Champagné vient ainsi relier les portes des Amarres, à Champagné, à la porte de l'Epine ou de la Balise. Le 12 décembre 1652, l'assemblée de la Société des marais du Vieux desséché de Champagné constate que les travaux de creusement du canal de ceinture, au pied de la digue, sont en cours. Le 22 février 1653, on annonce que "la clôture [c'est-à-dire la digue] est presque toute faite du côté de la mer". Lors de la même assemblée, il est toutefois précisé que la digue doit se prolonger vers l'est, au-delà de la porte de l'Epine puis de la Prée Mizotière, jusqu'aux rives de la Sèvre Niortaise, en aval de l'anse du Brault. Un accord est alors conclu avec le commandeur de Puyravault qui autorise la Société du Vieux marais de Champagné à passer sur ses terres.

La nouvelle "digue ou levée pour empêcher l'inondation des marais" apparaît sur la carte de la région par Claude Masse en 1701. Sur la carte de Cassini, au milieu du 18e siècle, elle figure encore en première ligne face aux vases de la baie de l'Aiguillon, de même que sur la première carte d'ensemble du Marais poitevin, par Jacques Parent, en 1767. A cette époque, l'envasement de la baie et le recul du trait de côte permettent d'envisager une nouvelle poldérisation au-delà de la digue. La digue du Nouveau desséché, à l'ouest du chenal de l'Epine, est ainsi construite dans les années 1770, tout comme la digue qui poldérise la Prée Mizotière, à l'est. Cette nouvelle ligne de protection devient alors la digue première, et l'ancienne digue du Vieux Marais de Champagné est reléguée au rôle de digue seconde, sauf au niveau de la porte de l'Epine où elle tangente toujours la dernière boucle de la Sèvre Niortaise. Toujours à l'abri derrière la digue, les marais du Vieux desséché de Champagné sont désormais gérés par une société du même nom, constituée le 3 avril 1777. Lorsque, en 1873-1874, la digue des Prises ou digue d'En Bas est construite, la digue du Vieux desséché de Champagné est reléguée, dans sa partie occidentale, au statut de digue troisième.

La partie orientale de la digue, entre la porte de l'Epine et le Brault, est submergée lors de la tempête Xynthia en 2010. Elle est ensuite réhabilitée, déplacée au sud de la route, et modifiée dans son tracé au niveau de la Petite Prée pour protéger cette habitation.

Période(s)Principale : milieu 17e siècle

Longue de 7,5 kilomètres, la digue traverse les communes de Champagné-les-Marais, Puyravault et Sainte-Radégonde-des-Noyers. Elle enserre le côté nord-est de la baie de l'Aiguillon entre les portes des Amarres, la porte de l'Epine (qui l'interrompt), la Prée Mizotière et les bords de Sèvre juste en aval du pont du Brault. Elle supporte une route, sauf dans son dernier tronçon est, au-delà de la ferme de la Prée Mizotière, où elle n'est plus occupée que par une piste cyclable. Entre les Amarres et l'Epine, elle est longée, côté nord, par un fossé ou "gonelle", ancienne ceinture intérieure des marais desséchés du Vieux Champagné. Sur le même tronçon, la digue constitue une protection secondaire contre l'inondation et la submersion marine, en cas de rupture de la digue première. A l'est de l'Epine, contournant la Prée Mizotière, elle forme la digue première.

Mursterre
Statut de la propriétépropriété d'une association, La partie occidentale de la digue (à l'ouest de la porte de l'Epine) est la propriété du Syndicat des marais de Champagné.
propriété publique, La partie orientale de la digue est la propriété du Syndicat mixte Vendée Sèvre Autise.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée. H 224. 1694 : registre portant arpentement et papier terrier des biens et dépendances de la commanderie de Puyravault, établi à la demande de frère Jean-Baptiste de Sesmaisons, commandeur de Coudry, Puyravault et du Blison.

  • Archives départementales de la Vendée. 242 J. 1651-1917 : registre de copies des délibérations de la Société du Vieux marais desséché de Champagné.

  • Archives départementales de la Vendée. 242 J. 1745-1849 : registre des délibérations de la Société du Vieux marais desséché de Champagné.

  • Archives départementales de la Vendée. S 1125. 1817-1917 : Nouveau marais desséché de Champagné, homologation des délibérations par la préfecture.

Documents figurés
  • 1767 : Plan général des marais mouillés et desséchés des provinces du bas Poitou, de l’Aunis et de la Saintonge, à prendre de la mer à Niort pour leur longueur et des Coteaux du Poitou à ceux d’Aunis pour leur largeur, par l"ingénieur Jacques Parent. (Bibliothèque nationale de France, Ge A 1199).

  • 1648 : Plan et description particuliere des maraits desseichés du petit Poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette escuier conseiller ingenieur et geografe ordinaire du roy et controleur general des fortiffications de Daulfiné et Bresse, le 6 aoust 1648. (Bibliothèque nationale de France, GE DD 2987)

  • S. d. : Carte des marais desseichez entre Lusson et Marans sur la coste de Poitou, copiée sur l'original fait en 1648 par le sieur Siette ecuyer conseilller ingenieur et geographe du roy, controleur des fortifications de Dauphiné et de Bresse. (Service historique de la Défense, 1 VE 52).

  • 1701 : Carte contenant une partie du Bas Poitou et de l'Aunis où se trouve Marans et l'embouchure de la Seyvre Niortaise, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, J10C 1293, pièce 7).

  • 1834 : plan cadastral de Puyravault. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 185).

  • 1898 : Société administrative des marais Vieux desséchés de Champagné-les-Marais, plan des territoires tributaires (...), dressé par M. Cloitre, conducteur principal des Ponts et chaussées, sous la direction de M. Emile Guinaudeau, président du Syndicat du Marais, en 1898. (Archives du Syndicat des marais du Petit-Poitou, Chaillé-les-Marais).

Bibliographie
  • CLOUZOT, Etienne. Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Paris : H. Champion éditeur ; Niort : L. Clouzot éditeur, 1904, 282 p.

    p. 27-28, 56-58
  • RIOU, René. Les marais desséchés du Bas-Poitou. Paris : imprimerie des Facultés A. Michalon, 1907, 303 p.

    p. 69, 76-81
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