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Cloître, place Leclerc

Dossier IA85001787 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationscloître
Aire d'étude et cantonLuçon (commune) - Luçon
AdresseCommune : Luçon
Adresse : place
Leclerc
Cadastre : 1816 L 417-418 ; 1845 E 17-19 ; 2005 AL 544-545

La construction des trois galeries du cloître et de l'étage de l'aile ouest se situe au cours de la première moitié du XVIe siècle, plus précisément durant les épiscopats de Ladislas du Fau (1514-1523), Louis de Bourbon-Vendôme (1524-1527) et Miles d'Illiers (1527-1552) ; quant à l'étage de l'aile est, les plans en ont été dressés en 1874. Ce cloître en a remplacé un plus ancien dont nous ne savons rien - celui de l'abbaye bénédictine médiévale - éventuellement disposé sur quatre côtés et non trois ; selon cette hypothèse, la quatrième galerie occupait l'emplacement des actuelles chapelles sud de la cathédrale, bâties pour Mgr Miles d'Illiers. Ce sont les armoiries visibles à plusieurs endroits (bien que bûchées, à l'exception de celles de Louis de Bourbon, qui sont restaurées), le testament de Miles d'Illiers et la biographie des évêques de Luçon rédigée par l'abbé de Beauregard avant la Révolution, qui permettent d'estimer les travaux du XVIe siècle. La lecture que nous donnons de ces armoiries est confirmée par le témoignage de l'abbé de Beauregard (qui en mentionne d'autres, disparues) : celles de Ladislas du Fau se trouvent sur la dernière travée ouest de la galerie sud, celles de Louis de Bourbon sur la porte extérieure du cloître, au sud de l'aile ouest, enfin celles de Miles d'Illiers sur deux fenêtres de l'aile ouest. Par ailleurs, le testament de Miles d'Illiers, en 1550, atteste que les travaux n'étaient pas encore terminés à cette date et, selon l'abbé de Beauregard, ses armes se trouvaient sur la porte de l'escalier menant à l'étage de la galerie ouest, occupé par le chapitre. On peut supposer que le chantier a débuté par la galerie est, qu'il s'est poursuivi par la galerie sud et achevé par la galerie et l'étage de l'aile ouest, ce dernier desservi par un escalier en vis. Les voûtes d'ogives des trois galeries sont d'un style gothique flamboyant, mais les clefs de voûte de la galerie ouest ont un décor de cuirs découpés caractéristique de la Renaissance. L'étage de cette aile est particulièrement remarquable, avec ses pilastres à losanges et sa mouluration relevant du répertoire de la première Renaissance, bien que datant de l'épiscopat de Miles d'Illiers, c'est-à-dire du deuxième quart du XVIe siècle. Nous savons par les textes que l'étage de l'aile ouest, surmonté d'un grenier, était réservé au chapitre et abritait notamment sa bibliothèque, ses archives et ses salles de réunion. A partir de 1858, lors de la restauration du cloître par l'architecte diocésain Juste Lisch, cet étage a été profondément remanié et il ne reste rien des aménagements intérieurs. En outre, Lisch a reconstruit la façade donnant sur la place, restauré la porte de Mgr de Bourbon et réédifié la tour d'escalier desservant à la fois le cloître et l'évêché. Suite aux dégâts causés lors des guerres de Religion et à l'usage des lieux pendant la Révolution (notamment écuries), les remplages des arcades et les lucarnes qui surmontaient vraisemblablement l'aile ouest n'existaient plus mais, sans doute par souci d'économie, l'architecte n'envisagea pas de les restituer. Avant les travaux de Lisch, des travaux d'entretien avaient été exécutés par Charles Vétault et, en 1847, par Emile Boeswillwald ; c'est d'ailleurs lors de ces derniers que fut découvert le tombeau d'un abbé, avec une crosse en cuivre émaillé datant du XIIIe siècle. C'est afin d'héberger les 30000 livres légués par Mgr Baillès en 1873, que Mgr Colet demanda à Juste Lisch de surélever l'aile est, mais la construction d'une bibliothèque était envisagée dès 1866. Le premier projet de Lisch, présenté en avril 1874, est résolument néogothique ; un second projet moins onéreux et d'un style plus en harmonie avec celui de l'aile ouest sera fourni en septembre à la demande du Conseil des Bâtiments civils et sa réalisation immédiatement confiée à l'entrepreneur luçonnais Henri Hibert. Les derniers travaux importants concernent le remplacement du toit à très faible pente de la galerie sud par une terrasse ; ce projet, déjà envisagé par Balleyguier en 1901, fut élaboré par l'architecte en chef Gabriel Brun et l'entrepreneur luçonnais Mazetier, en 1932.

Période(s)Principale : 1ère moitié 16e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates1874, daté par source
1932, daté par source
Auteur(s)Auteur : Brun Gabriel architecte attribution par source
Auteur : Hibert Henri entrepreneur attribution par source
Auteur : Mazetier entrepreneur attribution par source
Auteur : Lisch Juste architecte diocésain attribution par source

Le cloître est situé au sud de la cathédrale et se compose de trois galeries voûtées d'ogives, entourant un préau ayant servi de cimetière. L'aile ouest donne sur la place Leclerc, les ailes est et sud sont accolées à l'évêché. L'ensemble de la construction est en pierre de taille calcaire. La galerie ouest possède un étage, profondément remanié, couvert d'un toit à longs pans en ardoise ; on y accède par des escaliers en vis placés à chaque extrémité, l'un menant également au clocher, l'autre à l'étage de l'évêché. La galerie sud n'a pas d'étage et est couverte d'une terrasse en ciment. Quant à la galerie est, l'étage qui la surmonte abrite la bibliothèque, accessible de l'évêché ; sa toiture d'ardoise est en fait le brisis de l'un des versants de l'aile est de l'évêché. Le passage de la cathédrale au cloître se fait par deux portes, celle du massif occidental ouvrant sur la galerie ouest et celle de la cinquième chapelle sud ouvrant sur la galerie est (voir le dossier sur la cathédrale) ; outre celle donnant accès au cloître de l'extérieur, une dernière porte permet de passer de l'évêché à la partie centrale de la galerie est (voir le dossier sur l'évêché pour cette dernière).

Murscalcaire
pierre de taille
Toitardoise, ciment en couverture
Étages1 étage carré
Couvrementsvoûte d'ogives
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturesterrasse
toit à longs pans
Escaliersescalier dans-œuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
État de conservationremanié, restauré
Techniquessculpture
Représentationspilastre losange cercle cuir découpé armoiries ange mitre crosse
Précision représentations

Les fenêtres de la façade sur préau de l'aile ouest sont flanquées de pilastres à losanges et cercles ; deux d'entre elles portent les armoiries de Mgr Miles d'Illiers (évêque de 1527 à 1552), accompagnées d'une crosse et d'une mitre. Plusieurs clefs de voûte sont ornées de cuirs découpés, l'un orné des armes du chapitre. A l'angle des galeries ouest et sud se trouvent les armoiries bûchées de Ladislas du Fau (évêque de 1514 à 1523). La porte d'accès à l'aile ouest, donnant sur la place, porte les armoiries de Mgr de Bourbon-Vendôme (évêque de 1524 à 1527) présentées par deux anges.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 1915/04/02

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vendée ; 1 G 3. Copie ancienne du testament de Mgr Miles d'Illiers, daté du 21 novembre 1550. Il donne 200 livres à la fabrique pour achever de clôre les cloîtres et mettre deux écus à ses armes à chaque clairvoie, comme à celles qu'il a déjà fait faire.

  • Archives départementales de la Vendée ; 1 G 1. Catalogue des évêques de Luçon de 1317 à 1699, manuscrit du chanoine Jean Brumauld de Beauregard, vicaire général de Mgr de Mercy, vers 1780. (Il existe un autre exemplaire de ce manuscrit aux Archives de l'évêché de Luçon. AAR 16). Voir les biographies de Ladislas du Fau, Louis de Bourbon-Vendôme et Miles d'Illiers.

  • Médiathèque de Niort ; Fonds La Fontenelle de Vaudoré, carton 31. Suite à l'interdiction royale d'enterrer dans les églises, le 23 mars 1776, les chanoines demandent à l'évêque de pouvoir être entérres dans le préau du cloître, qui était leur ancien cimetière. Mgr de Mercy leur donne l'autorisation le 26 mars, à condition de nettoyer le jardin, réparer les balustrades qui le renferment, planter une croix et que les fosses soient à plus de 9 pieds sous terre.

  • Archives départementales de la Vendée ; 41 V 1. Toisé des travaux exécutés selon les devis de 1825, 1827 et 1828, par Charles Vétault, architecte départemental, le 1er mai 1835. Les travaux sont les suivants : contreforts et murs de clôture des cloîtres, dallage des galeries, construction de 20 clairvoies.

  • Archives nationales ; F 19, 7490 :

    - Rapport de Juste Lisch, le 11 avril 1857, sur les travaux à faire en 1857. La restauration intérieure du cloître, commencée depuis plusieurs années, doit être terminée.

    - Rapport de Lisch, le 25 octobre 1858, sur les travaux à faire en 1859. Il propose la poursuite de la restauration de la façade extérieure du cloître, la réfection de la charpente et de la couverture de l'aile ouest.

    - Rapport de Lisch, le 1er octobre 1859, sur les travaux à faire en 1860. Il envisage la reconstruction de la tour d'escalier desservant le cloître et l'évêché (et du mur pignon de l'aile sud de l'évêché).

  • Archives nationales ; F 19, 7275 : Note sur les travaux réalisés par Juste Lisch de 1858 à 1863 : Pour le cloître, ils comprennent l'aménagement en bureaux de l'aile ouest et l'établissement d'une terrasse sur la galerie sud [ce dernier point est étonnant, la terrasse n'ayant été réalisée qu'au XXe siècle].

  • Archives nationales ; F 19, 7222. Rapport de l'inspecteur général Labrouste au Conseil des Bâtiments civils, en décembre 1866.

    - Selon les termes du rapport, l'évêché est aujourd'hui très complet et en très bon état ; il ne reste à faire que la blbliothèque, en surélevant une galerie du cloître, mais ce projet peut être différé.

  • Archives départementales de la Vendée ; 40 V 11. Pièces datées de 1874 concernant la construction de la bibliothèque sur la galerie est du cloître, par l'architecte diocésain Juste Lisch et l'entrepreneur luçonnais Henri Hibert. Suite au rejet du premier projet de Lisch, un second projet, plus simple et moins onéreux, est présenté par l'architecte ; il est accepté en septembre.par le ministre des Cultes et Henri Hibert est chargé des travaux.

  • Archives nationales ; F 19, 7491 :

    - Devis de Lisch, le 11 avril 1874, pour la construction de la bibliothèque sur l'aile est du cloître.

    - Lettre de Mgr Le Coq au ministre des Cultes, le 24 mai 1875, demandant d'abaisser les fenêtres de la bibliothèque pour avoir plus d'air et de lumière et - surtout - sollicitant le prolongement de la construction de la bibliothèque sur l'aile sud [seule, la première demande sera acceptée].

    - Rapport de l'architecte diocésain Deperthes, le 23 décembre 1895, concernant le raccord des toitures de la bibliothèque et de l'évêché. La complexité des toitures entraînant l'inondation de la bibliothèque lorsqu'il pleut, l'architecte propose de supprimer les versants intérieurs et de réunir les deux toitures ; toutes les noues étant supprimées, l'eau s'écoulera normalementle long de la façade du cloître.

    - Lettre de Mgr Catteau au ministre des Cultes, le 17 août 1899, demandant une terrasse sur la galerie sud, au lieu du toit à faible pente qui existe.

  • Archives nationales ; F 19, 7727 : Rapport de l'architecte diocésain Balleyguier sur la couverture de la galerie sud, le 13 juin 1901. La toiture d'ardoise à faible pente génère de l'humidité et doit être remplacée par un dallage.

  • Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; dossier 81/85/12 :

    - Le 23 mai 1931, rapport de l'architecte en chef Gabriel Brun sur la restauration de la terrasse de la galerie sud. La galerie est couverte d'un appentis d'ardoise à très faible pente, ce qui entraîne de l'humidité ; il veut revenir au système primitif, c'est-à-dire une terrasse faite de dalles.

    - Le 8 août 1932, lettre de l'architecte en chef Gabriel Brun au directeur des Beaux-Arts : la construction de la terrasse de la galerie sud est en cours et, lors des travaux, on a découvert le mur roman de l'ancien réfectoire des moines.

Documents figurés
  • Plan de la cathédrale, du cloître et d'une partie de l'évêché. Dessin à l'encre, par Charles Vétault, architecte départemental, le 10 mars 1835. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:2005, doc.50918).

  • Plan et élévation de la tour d'escalier du cloître / Dessin aquarellé, par Charles Vétault, le 29 novembre 1836. (Archives départementales de la Vendée ; 40 VV 5:1-8).

  • Dessin à l'encre, 1848. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:2006, doc.77655).

  • Dessin à l'encre, par Juste Lisch, architecte diocésain, 1858 (?). (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:1006, doc.77661).

  • Dessin à l'encre, vers 1874 (?). (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:2006, doc.27209).

  • Dessin à l'encre, 11 avril 1874. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:2006, doc.27210).

  • Dessin aquarellé, 31 décembre 1875. (Archives départementales de la Vendée ; (Fi) 40 V 11-2).

  • Dessin à l'encre, XIXe siècle. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine ; 82:85:2006, doc.77653).

  • Musée de Fontenay-le-Comte ; FLC 932.7.1. La cathédrale vue du sud du cloître. Nantes, gravure d'après un dessin d'Olivier Wismes, vers 1845. Dans : "La Vendée" / Prosper Sebire, vers 1845.

  • Eau-forte, 1860. (Historial de la Vendée ; ECV 994.9.20).

  • Photographie, début du XXe siècle. (Historial de la Vendée ; ECV 2001-7-192).

  • Photographie, début du XXe siècle. (Historial de la Vendée ; Ph. Robu. 81.1.0108).

Bibliographie
  • BALLEREAU, Léon. Crosse abatiale de Luçon trouvée par M. Léon Ballereau, architecte. Société d'Emulation de la Vendée, 1867, t. 14.

    p. 277-287
  • BLOMME, Yves, DELHOMMEAU, Louis, LEVESQUE, Richard. La cathédrale Notre-Dame de Luçon. 303. Arts, Recherches et Créations, 2001.

    p. 236-237
  • LEVESQUE, Richard (dir.). La Vendée au temps de la Renaissance. La Mothe-Achard : Conseil général de la Vendée, 2000.

    p. 30-31
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général - Réau Marie-Thérèse