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Canal dit la ceinture des Hollandais

Dossier IA85000711 réalisé en 2017
Dénominationscanal
Aire d'étude et cantonVallée de la Sèvre Niortaise, Marais poitevin
AdresseCommune : Sainte-Radégonde-des-Noyers
AdresseCommune : Le Poiré-sur-Velluire
AdresseCommune : Le Langon
AdresseCommune : Vouillé-les-Marais
AdresseCommune : Chaillé-les-Marais
AdresseCommune : Mouzeuil-Saint-Martin
AdresseCommune : Nalliers
AdresseCommune : Sainte-Gemme-la-Plaine
AdresseCommune : Moreilles
AdresseCommune : Luçon
AdresseCommune : Champagné-les-Marais

La ceinture des Hollandais est un canal creusé à la fin du XIIIe siècle, sous le nom d'Achenal-Neuve ou Achenal-le-Roi. Vers 1280, alors que les dessèchements de marais réalisés depuis un siècle au moins, font la prospérité des paroisses environnantes, un contentieux s'élève lorsqu'une nouvelle chaussée, appelée le Pontreau, et un pont sont construits par-dessus la rivière Vendée, entre Le Poiré-sur-Velluire et Velluire. Les arches de ces ouvrages n'étant pas assez larges, l'eau de la rivière s'écoule mal, surtout en hiver, entraînant l'inondation des terres en amont, jusqu'aux faubourgs de Fontenay-le-Comte, notamment celui des Loges. Les Fontenaisiens se ruent alors sur le pont pour le démolir, détruisant au passage la digue ou bot de l'Anglée, située sur la rive droite de la Vendée (la digue et la ceinture orientales du Marais Sauvage, à Marans, en reprend aujourd'hui une partie du tracé), ce qui provoque l'inondation des marais à l'ouest de la rivière Vendée.

Cinq paroisses des environs (Coussay, au Poiré-sur-Velluire, Le Langon, Mouzeuil, Velluire et Sainte-Gemme-la-Plaine) en appellent alors au roi Philippe III le Hardi qui envoie des commissaires prendre l'avis des abbés de Moreilles, Saint-Michel-en-l'Herm, Maillezais, l'Absie et Saint-Maixent. Afin de mieux écouler les eaux de la Vendée, tout en protégeant les marais desséchés, et en conciliant les intérêts des Fontenaisiens et des plaignants, il est décidé de creuser un nouveau canal long de vingt kilomètres, entre l'Anglée, au Poiré-sur-Velluire, et Luçon. L'Achenal-le-Roi, ainsi appelé en hommage à l'intervention royale, est dès lors creusé en 1283. Les travaux sont financés par douze paroisses des environs soit, en plus des cinq à l'initiative de la plainte, Auzay, Petosse, L'Hermenault, Pouillé, Saint-Valérien, Saint-Laurent-de-la-Salle, Nalliers et probablement Saint-Aubin-la-Plaine. Il s'agit soit de paroisses de marais, soit de paroisses de la plaine bas-poitevine dont l'économie dépend du bon état des marais desséchés voisins. Avec la terre excavée du canal, une digue est édifiée tout le long de l'achenal, sur sa rive gauche. Elle vient protéger par le nord tous les marais desséchés contre l'inondation potentiellement provoquée par les marais restés inondables entre le canal et les terres hautes du Bas-Poitou. Le canal et la digue sont les derniers ouvrages d'envergure réalisés dans le cadre des dessèchements du Marais poitevin au Moyen Age.

Au XVIIe siècle, le canal, mis à mal par les guerres de siècles passés, est remis en état par les Sociétés de marais du Petit-Poitou et de la Vacherie, pour partie fondées par des investisseurs hollandais. Ce n'est toutefois que tardivement que l'Achenal-le-Roi est rebaptisé ceinture des Hollandais. Son appellation d'origine demeure en 1648 sur la carte des marais du Petit-Poitou par Siette, en 1716 sur la carte du Marais poitevin par Claude Masse, ou encore en 1729 sur une carte de la capitainerie de Luçon. La carte de Cassini, au milieu du XVIIIe siècle, est l'une des premières à baptiser le canal "ceinture des Hollandais", appellation reprise sur le cadastre napoléonien et la carte d'état-major au XIXe siècle.

Mise à mal sous la Révolution, la gestion du canal est améliorée par la création, par décret impérial du 15 janvier 1813, de la Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais au sein de laquelle les sociétés de marais desséchés, les propriétaires de marais mouillés et les communes des alentours sont réunis sous la houlette de l'Etat. Depuis la dissolution de la Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais, en 2015, le canal appartient au Syndicat mixte Vendée Sèvre Autise.

Période(s)Principale : 4e quart 13e siècle, 3e quart 17e siècle
Dates1283, daté par travaux historiques

Le canal ou ceinture des Hollandais est l'un des principaux ouvrages de gestion de l'eau dans la partie aval du Marais poitevin. Situé du côté des marais mouillés qui longent les terres hautes entre Le Poiré-sur-Velluire et Luçon, il ne s'agit pas à proprement parler d'un ouvrage de dessèchement, mais d'un canal destiné à mieux écouler les eaux d'inondation provenant de l'extérieur des marais desséchés. Connecté à la Vendée, il permet aussi de réalimenter les marais attenants en période d'étiage, via des lâchers du barrage de Mervent. Le canal a le statut de ceinture extérieure aux dessèchements. Il est longé sur sa rive gauche par une digue qui assure la séparation entre ces marais mouillés et tous les marais desséchés situés au sud, entre la rivière Vendée, la rive droite de la Sèvre Niortaise et la baie de l'Aiguillon.

Long d'environ 20 kilomètres, le canal prenait naissance à l'origine à l'ouest du lieu-dit l'Anglée, au Poiré-sur-Velluire, et filait en direction du sud-ouest à travers les marais communaux du Poiré et du Langon ; cette ligne droite se devine encore dans le paysage, reliant l'Anglée, Tout Vent et le Bouil. Le tracé actuel du canal, établi au XVIIe siècle, commence au sud, à la hutte de la Crevasse (qui tirerait son nom de la brèche opérée vers 1280 dans le Bot de l'Anglée par les Fontenaisiens). Le canal contourne ensuite par le nord tous les marais de Vouillé-les-Marais, Chaillé-les-Marais, Sainte-Radégonde-des-Noyers, Moreilles et Champagné-les-Marais, pour se jeter dans le canal de Luçon, à moins d'un kilomètre au sud de la ville de Luçon.

Mursterre
Couvrements
Statut de la propriétépropriété publique, Propriété du Syndicat mixte Vendée Sèvre Autise.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales. F10 4130. 1810-1925 : canaux des Cinq Abbés et des Hollandais, organisation syndicale, travaux, subventions.

  • Archives départementales de la Vendée. 146 J. Archives de la Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais : registres des délibérations (1813-1983), rôles (1751-1924), dossiers de travaux, comptes.

  • Archives départementales de la Vendée. S 684. 1857-1887 : Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais.

  • Archives départementales de la Vendée. S 685. 1825-1879 : Société des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais.

  • Archives départementales de la Vendée. S 732. 1809-1865 : Société de canaux des Cinq Abbés et des Hollandais.

  • Archives départementales de la Vendée. S 741. 1809-1840 : Sociétés du Contrebot de Vix et des canaux des Cinq Abbés et des Hollandais.

Documents figurés
  • 1834 : plan cadastral de Sainte-Radégonde-des-Noyers. (Archives départementales de la Vendée, 3 P 267).

  • 1648 : Plan et description particuliere des maraits desseichés du petit Poictou avecq le partaige sur icelluy faict par le sieur Siette escuier conseiller ingenieur et geografe ordinaire du roy et controleur general des fortiffications de Daulfiné et Bresse, le 6 aoust 1648. (Bibliothèque nationale de France, GE DD 2987)

  • 1729 : La capitainerie de Luçon dediée à Monseigneur le comte de Maurepas, par son très humble et très obéissant serviteur J. Bonin de la compagnie de Jésus. (Bibliothèque nationale de France, GE SH 18 PF 41 pièce 13-4.

  • Carte de partie du Bac Poictou, pays d'Aunis et de Saintonge pour faire voir les marais desséchés qui sont vers l'embouchure de la riviere de Sevre Niortoise... en l'etat que le pay etoit en 1716, par Claude Masse. (Service historique de la Défense, Fol. 131h, feuille 42).

  • CASSINI DE THURY, César-François (de). Carte générale de la France. Flle 76e, gravée par N. Chalmandrier en 1765, [établie sous la dir. de C.F. de Cassini...]. Gallica. (Bibliothèque nationale de France).

Bibliographie
  • BAUDOIN-MATUSZEK, Marie-Noëlle (éd.), Chronique du commune rurale de la Vendée, Le Langon près Fontenay-le-Comte, par le notaire Antoine Bernard, dans La Vendée au temps des guerres de religion. Trois témoins racontent. Chronique du Langon et autres textes, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2013, 480 p.

    p. 113-119
  • CAVOLEAU, Jean-Alexandre. Statistique ou description générale du département de la Vendée ; seconde édition annotée par La Fontenelle de Vaudoré. Fontenay-le-Comte : Robuchon, 1844.

    p. 142147
  • CLOUZOT, Etienne. Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Paris : H. Champion éditeur ; Niort : L. Clouzot éditeur, 1904, 282 p.

    p. 34-38, 45
  • RIOU, René. Les marais desséchés du Bas-Poitou. Paris : imprimerie des Facultés A. Michalon, 1907, 303 p.

    p. 200
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