ID | Lieu / Adresse | Cadastre | Types | Renseignements historiques. Sources |
1 | Baudry (de) | 1827 B2 523 et 524 | Moulin à eau ; moulin à retenue (vestige) | Le moulin appartenait à la famille Baudry, seigneur de la Contrie (la Jumellière), au moins depuis le XIVe siècle jusqu'au XVIIe siècle puis à la famille Degazeau. Il dépendait du fief de Montaigu au XVIIe siècle. A cette période, il est exploitée par la famille Gallard. En avril 1713, le marchand meunier, Jean Gallard, achète le moulin par devant les notaires angevins, Benoist et Tricouere, à Nicolas et Philippe Degazeau pour la somme d'environ 2 950 livres. Un procès-verbal du début du XVIIIe siècle nous apprend que le site comprenait trois moulins à eau : un petit moulin seiglier, un grand moulin seiglier et un moulin fromentier, ainsi qu'un moulin à vent, dit Belleray (commune de Chalonnes), dépendant du fief de la Barbottière. Un procès verbal de 1746 détaille la propriété : elle se composait de plusieurs logis avec chambres hautes et greniers au-dessus, de deux écuries couvertes à tuiles, d'un toit à porcs, de deux granges, de trois bâtiments d'exploitation pour les moulins, et d'autres anciens bâtiments, de jardins, de prés et de terres situés tout autour. Ainsi que de la closerie de la Roche et d'une maison à l'écart des Bourgonnières (commune de Chalonnes). Le site est incendié en 1794. Le moulin figure sur le plan cadastral de 1827 (B2 523 et 524), il semble appartenir en indivision à plusieurs familles mais il n'y a plus qu'un seul exploitant meunier en 1836 (les autres étant journaliers). Jean Lenoir, propriétaire rentier, achète la majorité du site à partir de 1832 (deux maisons, deux moulins, et une masure), il transforme les moulins vers 1840 en usine à pelles. Honoré Lenoir fils, propriétaire à Chalonnes, bâti un nouveau logis en 1857 (parcelle 523). L'entreprise atteint son apogée vers 1880, dirigée par René Lebrun, maître maillet, comptant plus d'une dizaine d'ouvriers résidant sur place. Les pelles, à destination principale de Chalonnes (résidence de la famille propriétaire dont les fils sont notés "fabricant de pelles" et "marchand de fer et de charbon"), servaient dans les mines et à la construction des chemins de fer. L'activité a sans doute déjà cessé en 1884 lorsque Honoré Lenoir démoli partiellement plusieurs maisons et bâtiments parcelle 524, qu'il converti ensuite en une maison destinée à un couple de closier, selon les registres d'augmentations et de diminutions de la commune. Par la suite, les propriétaires se succèdent et les bâtiments sont vite laissés à l'abandon. Aujourd'hui, seules quelques ruines signalent l'emplacement de la propriété. |
2 | Chaussée (la Vieille) | 1827 B3 758 et 759 | Moulin à eau ; moulin à retenue (vestige) | Le moulin existait peut-être au XIIe siècle : un acte de 1145 des moines de Saint-Pierre de Chemillé, qui bénéficiaient de droits sur le moulin Rochard plus au sud, mentionne un moulin voisin en aval (inferius), possédé par le seigneur Durandus, et nommé vetus caliga qu'on pourrait traduire par "vieille chaussure" ou "vieil chaussée". Le moulin est exploité au XVIIe siècle par la famille Poupelard, propriété de la famille Marchays de Saint-Laurent. Un acte de 1726 sur la cession du bail du moulin entre Thomas Pichery et Pierre Poupelard, son beau-fils, nous apprend qu'il appartenait à un certain René Lemanceau de la Lacoudre, chirurgien à Châteauneuf, auquel l'exploitant devait verser chaque année "30 livres en argent et 5 septiers de bled seigle à raison de 16 boisseaux mesure de Chalonnes ; sans compter les autres redevances en nature : poulets, aide aux vendanges du sieur Leaute, beau-père du propriétaire, gâteau de la fleur d'un boisseau de froment pour donner le pain béni le jour de la fête de Saint-Laurent, plus les rentes, cens, charges dus au seigneur de La Gaudinière". En 1776, François Gallard, alors meunier au moulin, achète la propriété à René Lemanceau de Lacoudre fils, pour la somme de 1 848 livres. Elle est incendiée en 1794 par la colonne infernale Moreau. Un inventaire de 1812 signale deux moulins à seigle et à froment, ainsi qu'un cheptel dont un cheval, quatre juments et deux mères vaches. Le moulin figure sur le plan cadastral de 1827 (B3 758 et 759). Les logis parcelle 759 (moulin parcelle 758) sont notés "CN", construction nouvelle, ils ont dû être bâtis peu de temps avant l'établissement du cadastre car ils n'apparaissent pas sur les registres d'augmentations de la commune. Les Gallard achèteront en complément un moulin à vent, dit la Guiberderie, en 1843 (la Jumellière). Ils exploiteront le moulin jusqu'à son arrêt en 1958. |
3 | Clandy ou Claudy (de) | 1827 B2 542 et 543 | Moulin à eau ; moulin à retenue (vestige) | Le moulin est signalé dès le XVe siècle dans un aveu de 1494, dit "le moulin que l'an dit […] moulins à eau avec habitation sur la rivière du Jeu qui furent autrefois au seigneur du Lavouer, au lieu de Denis Auffray et depuis à Perrin Barateau et dont les terres joignaient d'un côté, celles de Terregaste et de l'autre, celles de la Rogerie aboutant à celles du Puy". Il appartient au XVIIe et XVIIIe siècles aux seigneurs de la Faultrière (la Jumellière). Une estimation de 1706 décrit un moulin seiglier et un moulin fromentier. A cette période, le moulin était exploité par un seul meunier, Pierre Hudon (vers 1650-1696), Hilaire Rousseau (1696-1707) et Jean Gallard (1707-1729) ; le bail du moulin était d'environ 100 livres annuels. En 1742, Pierre Gallard, meunier au moulin, fils de Jean, est nommé collecteur de l'impôt à sel pour le grenier à sel d'Ingrandes. Un acte de 1754 fait état de deux couples exploitants sur le moulin (Pierre Gallard et son gendre René Thibault) qui s'engagent devant le seigneur De Montaigu (Chalonnes) à se répartir de moitié la propriété et le matériel et de contribuer chacun aux dépenses d'entretien et de réparations. Une estimation de 1791 mentionne un "pressoir à cachecol" et un cheptel fourni de 4 "cavalles" avec leurs équipages [chevaux], 2 cochons, 2 mères vaches et des volailles. Le site est incendié en 1794. Le moulin figure sur le plan cadastral de 1827 (B2 542 et 543), il appartient au vicomte de la Grandière qui agrandi le moulin à eau (parcelle 543) en 1885 et rebâti le logis (parcelle 543) la même année. Il est alors exploité par la famille Gallard puis Soulard au XIXe siècle et Gaudicheau jusqu'à son arrêt d'activité vers 1911. Les Gallard achetèrent en complément un moulin à vent, dit la Guiberderie, (la Jumellière). Aujourd'hui, seules quelques ruines signalent l'emplacement de la propriété. |
4 | Dellière (de) | 2025 B 1161 | Moulin à eau ; moulin à retenue | Le moulin appartient à Jacques Courtin, avocat à Angers, sieur de Boyclair (Boisclair), et son épouse Elisabeth du Moulinet, qui le tenait de ses parents, à la fin du XVIe siècle. En 1604, il est vendu par Elisabeth Du Moulinet, veuve, à François Courant, meunier roturier, pour la somme de 240 livres tournois. Par la suite, il est acheté par les Boylesves du Plessis-Beuvereau vers 1669, et exploité au cours du XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle par la famille Humeau. En 1712, le moulin est arrenté par Gabriel Boylesve à Joseph Humeau pour la somme de 150 livres (rente renouvelée en 1766 et 1811). Le moulin est incendié à la Révolution, un procès-verbal d'estimation de la terre du Plessis Beuvereau de 1797 et 1798 mentionne "Le moulin de Dellière consistant en maisons, moulin à eau et à vent, toits, taitteries incendiées, 5 setiers de terre en coteaux labourables et non labourables, environ 5 quartiers de pré, moitié au-dessous de la moyenne qualité le tout d’un revenu annuel de 126 livres et exploité par les veuves Humeau et Gaslard." Un document postérieur de 1825 estime les pertes subits : "le préjudice en grains, mobilier, chevaux, moulins à vent et à eau et autres bâtiments, le tout enlevé et détruit par le pillage et l'incendie se monte à la somme de 6 243 livres pour la part de Pierre Humeau". De fait, l'exploitation figure sur le plan cadastral de 1827 (B4 941) appartenant à Pierre Humeau, meunier, sans doute en indivis avec la famille Gallard ? Les Humeau exploitent le moulin jusqu'en 1926 où il est racheté aux Boylesve par les De Toulgouet du Plessis-Beuvereau. Un certain Jean Avril, tenancier, exploitera le moulin jusqu'à son arrêt en 1855. Le logis et le bâtiment d'exploitation du moulin (accolés) sont remaniés en limite du XXe et du XXIe siècle. Le bâtiment, bâti en moellons enduits de schistes gréseux avec une couverte débordante en ardoise, s'élève sur un rez-de-chaussée et un comble à surcroît avec lucarnes triangulaires pendantes. Les ouvertures sont en pierre de taille de tuffeau. |
5 | Dellière (de) | 2025 B 1156 | Moulin à vent | Le moulin n'apparaît pas sur la carte de cassini (1767-1771), il est sûrement bâti vers 1780 par la famille Humeau du moulin à eau de Dellière. De fait, il figure sur le plan cadastral de 1827 (B4 937) appartenant à Jean Humeau, meunier à la Dellière. Aujourd'hui en ruine, il a perdu sa couverture. |
6 | Frochangé ou Frossanger (de) | 2025 B 1022 | Moulin à eau ; moulin à retenue | Le moulin est explicitement cité dans un aveu de mars 1506 de Bertrand Beuvereau, seigneur des Brosses et du Plessis-Beuvereau, à Georges de la Roche, seigneur du Ladvouer : " [...] Et premièrement l'attache de mon estang de Rochart assis mon dit estang en la paroisse de Saint Laurent sur la rivière du Jus [...] lequel moulin mes prédécesseurs ont baillé à rente despuey à la charge de vous poyer les dits deux sols. Item l'attache de mon moulin de Forgsanger assis en dite paroisse et sur la dite rivière du Jus pour raison duquel il confesse vous en debvoir chacun an à cause des terres et seigneurie huit deniers de cens à la dite feste lequel moulin mes prédécesseurs ont baillé à rente à la charge de vous payer les dits huit deniers comme dit." Il est exploité par Simon Tremble en 1610, il dépendait de la seigneurie du Plessis-Beuvreau. Le moulin est incendié à la Révolution, un procès-verbal d'estimation de la terre du Plessis Beuvereau de 1797 et 1798 mentionne "le moulin de Frossanger consistant en maisons incendiées, 12 boisselées de terre dont une grande partie en coteaux incultes, 5 quartiers et demi environ de pré à moitié bons, le tout exploité par les Gaslard meuniers et d’un revenu annuel de 85 livres 10 sols". Le moulin figure sur le plan cadastral de 1827 (B3 826) appartenant à François Forestier (preneur à rente). D'après le registre d'augmentations et de diminutions de la commune, ce dernier démoli et reconstruit entièrement le moulin en 1840. Un état des lieux de 1866 nous apprend que le site se composait des "bâtiments du moulin, de chambres d'habitation, d'un four, d'un fournil, d'une écurie aux chevaux, d'une étable aux vaches, de deux toits à porcs, d'un hangar et d'un bucher". L'exploitation cesse vers 1913 puis le site est abandonné vers 1946. Une partie des bâtiments sont toujours en élévation (logis, bâtiment d'exploitation ?). Ils sont bâtis en moyens ou gros moellons enduits de schistes gréseux avec une couverte débordante en ardoise. Certaines ouvertures possèdent des linteaux en bois en façade nord. Les ouvertures sud sont en pierre de taille de tuffeau. Les chaines d'angles sont en moellons. |
7 | Moulin (le Petit) ou Moulins Farion (les Petits) | 1827 B3 774 et 775 | Moulin à eau ; moulin à retenue (vestige) | L'exploitation est attestée dès le XVIIe siècle dans plusieurs registres et actes notariés citant un grand moulin Farion en aval et un petit moulin Farion. Un certain Mathurin Farion, meunier, y résida en 1654 mais l'exploitation se nommait déjà ainsi dans des actes de 1647. Elle semble être arrentée au noble homme Pasquier au début du XVIIe siècle puis à son fils, Michel Pasquier, seigneur de Tran résidant à Paris, jusqu'en 1649. Ce dernier vend (cède la rente) cette année-là à François Trisneau, marchand meunier au moulin des Briffières (Sainte-Christine). Les cens, rentes et devoirs sont dus au sieur Doublard des Esbaupinais à la Jumellière (semble-t-il propriétaire), et à la seigneurie de Montaigu. A cette période, le site, très isolé et mal desservi, voit se succéder bon nombre de meuniers qui parfois restent moins d'une année. L'exploitation est incendiée en 1794. Un acte de vente entre René et Marie Farion, descendants Trisneau, et la famille Gallard de Frossanger vers 1800 décrit le grand moulin (B 774) tel quel : "un moulin à eau incendié par le malheur de la guerre de Vendée où il ne reste que les murs, appartenances et dépendances avec les issues, le bief et levée dudit moulin" estimé à 1 310 francs. L'autre, le petit moulin (B 775), appartient sans doute déjà à la famille Gontard (propriétaire en 1827). Les deux moulins sont reconstruits avant 1827 lors de l'établissement du plan cadastral napoléonien (1827 B3 774 et 775). Le grand moulin appartient à François Forestier, meunier et propriétaire du moulin de Frossanger en aval, en 1827. Il est ensuite racheté par René Humeau en 1842 puis Mathurin David Lefort, meunier à la Jumellière, en 1872 pour la somme de 2 500 francs. Un acte du milieu du XIXe siècle détaille la propriété : "deux meules à moudre avec leurs tournants et virants, grenier au-dessus, chambre basse et chambre haute, écurie ; plus loin, boulangerie, toit à vaches avec grenier au-dessus et toit à porcs aussi et deux prés appelés les prés du moulin". Le petit moulin appartient à la famille Gontard jusqu'en 1923. Les deux moulins sont inoccupés dès 1872, le grand moulin est noté "ruines en 1898" sur le registre cadastral. René David Lefort, fils de Mathurin David, les acquiert tous les deux en 1910 et 1923. Aujourd'hui, seules quelques ruines signalent l'emplacement de la propriété. |
8 | Bourg ; Perrault | 1827 B1 105 | Moulin à vent (détruit) | Le moulin n'apparaît pas sur la carte de cassini (1767-1771) ni sur le plan cadastral de 1827. Il est bâti par Mathurin Perrault de la Landonière (Lansonnière) en 1839 (1827 B1 105) puis démoli en 1862 d'après le registre d'augmentations et de diminutions de la commune. Cependant, une carte postale du bourg du début du XXe siècle montre un "vieux moulin", à l'emplacement de ce dernier, qui a perdu sa couverture. Malgré qu'il soit marqué "démoli" sur la cadastre, le moulin ne semble pas l'avoir entièrement été, il a seulement dû être vidé de son mécanisme et privé de sa couverture pour ne plus être comptabilisé dans les impôts. Aujourd'hui disparu. |
9 | Rochard | 2025 B 1257 et 1258 | Moulin à eau ; moulin à retenue | La première mention du moulin, Molendinus de Rupe et molendinus de Rochart, date de 1030. On le retrouve en 1095, le moulin Alta Roce [Haute Roche], et en 1158 appartenant à Baudouin de Ver. Il dépend au XVe siècle de la seigneurie du Plessis Beuvereau puis en 1529 à celle du Plessis Raymond avant de revenir propriété de la famille Boylesves du Plessis-Beuvereau au XVIIe siècle. Un inventaire de 1770 estime la valeur du moulin à 2 908 livres. Le moulin est incendié à la Révolution, un procès-verbal d'estimation de la terre du Plessis Beuvereau de 1797 et 1798 mentionne "le moulin Rochard consistant en maisons, écuries, taitteries incendiées, 2 setiers de terre en coteaux labourables et non labourables, 4 quartiers de pré. Le tout exploité par la veuve Humeau et son fils et d’un revenu annuel de 96 livres.". Un inventaire de 1800 fait état de deux moulins seigliers et d'un moulin fromentier. L'exploitation figure sur le plan cadastral de 1827 (B4 920 et 921) appartenant à Joseph-Marie Humeau. D'après le registre d'augmentations et de diminutions de la commune, ce dernier augmente le logis accolé au moulin parcelle 921 en 1839 puis le bâtiment d'exploitation du moulin en 1877. Le moulin est exploité par la famille Humeau jusque dans la première moitié du XXe siècle, notamment par François-Henri Humeau, également maire de Saint-Laurent-de-la-Plaine de 1884 à 1905. Dans les années 1970, le site est transformé en établissement hôtelier : les chaussées et le plan d'eau sont détruits, les bâtiments des parties agricoles et communs (granges, caves, remises, écuries, toits à porcs) sont transformés. Il s'agit aujourd'hui d'un gîte, les bâtiments sont très remaniés en limite du XXe et XXIe siècle. |
Chargée d'études commune de Mauges-sur-Loire (2018-2022)