Dossier d’œuvre architecture IA49000891 | Réalisé par
Letellier-d'Espinose Dominique (Contributeur)
Letellier-d'Espinose Dominique

Letellier-d'Espinose Dominique ou Letellier Dominique, chercheur auprès de la Ville d'Angers.

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Biguet Olivier (Contributeur)
Biguet Olivier

Chercheur auprès de la Ville d'Angers jusqu'en avril 2024.

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  • inventaire topographique, Angers intra-muros
Hôtel de Livois, puis de Perrochelles
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Pays de la Loire - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Angers intra-muros - Angers Centre
  • Commune Angers
  • Lieu-dit quartier Centre-ville
  • Adresse 6 rue Emile-Bordier
  • Cadastre 1840 H1 376  ; 1980 BR 218  ; 1999 BR 218
  • Dénominations
    hôtel
  • Appellations
    de Livois, de Perrochelles
  • Parties constituantes non étudiées
    cour, jardin, écurie, remise

Cet édifice est construit au début du 4e quart du XVIIIe siècle, vers 1776, par l'architecte Michel Bardoul de la Bigotière, avec le concours vraisemblable du sculpeur Pierre-Louis David, pour Louis-Pierre Eveillard, marquis de Livois et grand collectionneur de tableaux (d'après travaux historiques). L'hôtel de Livois récupère en fait deux corps de logis de datation inconnue, une aile de communs vers est et une aile d'habitation vers nord, aujourd'hui disparues et connues seulement en plan-masse ; la partie neuve est constituée par le grand corps sud qui abrite les pièces principales (grand salon, remanié ultérieurement : sculpture étudiée dans la base Palissy) et les salles de peintures du collectionneur. L'édifice semble peu habité au XIXe siècle car les propriétaires successifs, les Bancler, les Perrochelles, résidaient ailleurs ; néanmoins le niveau des chambre et salles de peintures est modifié dès la 1ère moitié du XIXe siècle pour l'aménagement de plusieurs chambres dont il reste des cheminées. Le logis est en revanche profondément remanié au tout début du XXe siècle par l'architecte Auguste Martin, pour le comte Jules-Charles de Perrochelles, dans le cadre du bouleversement du quartier engendré par la reconstruction de l'église Notre-Dame : le percement de la rue Emile-Bordier réduit la propriété, entraînant la démolition des deux ailes les plus anciennes nord et est, et faisant disparaître la quasi totalité du jardin. La cour est fortement remontée de sorte et le niveau de soubassement du grand corps de Bardoul, désormais accessible par une cour anglaise ; dès lors, un perron permet d'accéder au premier niveau d'habitation traité comme un rez-de-chaussée surélevé : la perception de la façade, ses proportions en sont profondément changées. Une aile latérale droite est reconstruite dans le style de l'édifice de Bardoul (des projets beaucoup plus importants pour cette partie étaient prévus, revus à la baisse à la réalisation). Les intérieurs sont radicalement transformés, avec une nouvelle distribution, les pièces changeant de taille et d'affectation. Un monumental escalier hors-œuvre sur les arrières est créé, avec une nouvelle façade, en lieu et place d'un salon et d'une salle de peintures à éclairage zénithal. En prolongement de l'aile droite, un nouveau bâtiment destiné aux remise et écurie est encore construit vers 1908 pour la famille Bougère, nouveau propriétaire de la demeure. Acquis le 16 juin 1995 par la Ville d'Angers, il est restauré en 1998 et sert aujourd'hui de siège à l'académie d'Angers et à l'université du troisième âge.

Hôtel très remanié et en partie amputé lors du percement de la rue Emile-Bordier à la fin du XIXe siècle. Toujours précédé d'une cour, il se compose d'un corps principal d'origine à élévation ordonnancée, d'un corps secondaire latéral reconstruit à l'identique du corps principal, prolongé d'un corps de communs ; un corps d'escalier massé hors-œuvre est établi derrière le corps principal. L'édifice, aux élévations en parements de tuffeau à l'exception des élévations postérieures et mitoyennes en schiste, est à étage de soubassement (aujourd'hui largement masqué par le remblaiement de la cour), rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et comble à surcroît. Les couvertures sont à longs pans de faible pente ; le corps d'escalier est couvert d'une verrière zénithale. Le corps de communs brique et pierre est à un étage carré et toit-terrasse. L'escalier principal est en maçonnerie, sur fausses voûtes, tournant à jours porté par un pilier, et doté d'une rampe de fonte.

  • Murs
    • schiste
    • enduit
    • moyen appareil
    • moellon
    • pierre avec brique en remplissage
  • Toits
    ardoise, verre en couverture
  • Étages
    étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, comble à surcroît
  • Élévations extérieures
    élévation ordonnancée
  • Couvertures
    • verrière
    • terrasse
    • toit à longs pans
    • croupe
    • pignon couvert
    • noue
  • Escaliers
    • escalier hors-œuvre : escalier tournant à retours avec jour en maçonnerie, sur voûte
    • escalier dans-œuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente, suspendu
  • Typologies
    hôtel à cour antérieure (type A)
  • Techniques
    • sculpture
    • sculpture
    • fonderie
  • Représentations
    • fronton
    • guirlande
    • feuillage
    • chêne
    • ruban
    • entrelac
    • rosace
    • couronne
    • volute
  • Précision représentations

    Un léger décor sculpté sur certaines ouvertures crée une ponctuation des élévations en tuffeau du corps principal, fronton central, corniches de fenêtre et guirlandes à feuillages de chêne et rubans en allège et couronnements de fenêtre ; des entrelacs et rosaces ornent les allèges de deux fenêtres de travées latérales. La rampe de fonte de l´escalier est constituée de couronnes et rosaces au cœur de motifs en volutes et feuillagés.

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Éléments remarquables
    élévation, lambris, cheminée, parquet

Cet hôtel est exceptionnel par la personnalité de son commanditaire qui a influé directement sur la conception de l'édifice : c'était un important collectionneur de tableaux (fonds principal des musées d'Angers) qui a déterminé la distribution de l'hôtel pour présenter au mieux ses collections, induisant des dispositions particulières en dehors des manières usuelles d'habiter. Jugé inconfortable dès cette époque, cet hôtel a rapidement subi des transformations intérieures radicales qui n'ont rien laissé subsister de son originalité première, mais les archives retrouvées de la fin du XVIIIe siècle (descriptions d'époque révolutionnaire) ont permis une restitution poussée des dispositions initiales, et notamment de l'emplacement des galeries de peinture, dont une à éclairage zénithal. L'architecte à qui est attribuée cette demeure hors-norme est par ailleurs le seul grand nom de l'architecture du XVIIIe siècle à Angers, Michel Bardoul de la Bigotière, dont subsiste encore un corpus homogène conséquent. Les élévations de Bardoul sont encore largement conservées pour cet édifice et des éléments de lambris du XVIIIe siècle subsistent encore, diversement remontés.