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Ensemble d'édifices à cour commune dit le Pavillon, 21, 23, 25 rue Poitevin

Dossier IA72058906 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellationsle Pavillon
Destinationsmaison, ferme
Parties constituantes non étudiéeslogement, grange, étable, cour, mur de clôture, passage couvert, puits, four
Dénominationsensemble d'édifices à cour commune
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - Saint-Calais
AdresseCommune : Conflans-sur-Anille
Adresse : 21 23 25 rue
Poitevin
Cadastre : 1836 C4 623 à 627 ; 2019 AE 78 79

L’ensemble des bâtiments figure sur le plan cadastral napoléonien de 1829. La partie la plus ancienne est sans nul doute l’ancien logement en fond de cour et orienté vers l’extérieur de celle-ci. La pente du toit, la forme de la charpente et les murs et cloisons en pan-de-bois peuvent dater de la fin du XVe siècle ou du début du XVIe siècle. Le mur-pignon en pierre a peut-être été ajouté dans un second temps pour limiter le déversement de la structure en bois (?). Les ouvertures de façade semblent avoir été reprises au XVIIIe siècle, puis partiellement au XIXe siècle comme l’a été la cheminée. Le bâtiment se prolongeait vers le sud, cette partie a toutefois été remplacée par une autre maison, construite en 1887 selon les matrices cadastrales (enregistrement en 1890). La façade arrière de cette dernière a été refaite dans la 2e moitié du XXe siècle.

Le pavillon presque carré qui donne son surnom à la propriété est construit dans un second temps, sur des fondations toutefois plus anciennes que l’on voit encore nettement du côté de la route. Ce logement, rompant avec la rusticité et la modestie de la construction précédente, affiche une réussite sociale certaine et une fortune suffisamment conséquente pour édifier un étage carré et une toiture relativement complexe. La forme du pavillon est caractéristique de la 2e moitié du XVIe siècle et que "l’aistre-Pavillon" est cité dès les années 1600 parmi les déclarations rendues à la seigneurie de la Cour-du-Bois et Conflans, d’après une compilation d’archives publiée par Roger Graffin en 1889. Néanmoins, la datation de l'édifice est plus complexe comme le révèle l'étude dendrochronologique menée durant l'inventaire : la mise en œuvre actuelle a été datée entre 1625 et 1638d, mais les pièces utilisées datent pour partie du XVIe siècle (notamment 1581d pour la charpente). Au XVIIIe siècle, le pavillon est la propriété de la famille Hérode, drapiers et maîtres sargers, qui ont laissé leur signature sur un des corbeaux de la cheminée du rez-de-chaussée.

Le petit logement accolé au nord du pavillon a vraisemblablement été construit au XVIIIe siècle. Les autres constructions articulées autour du pavillon ne peuvent être datées antérieurement à la 1ère moitié du XIXe siècle, mais peut être sur des bases plus anciennes. Les toitures du corps de bâtiment à l’arrière du pavillon sont venues se greffer sur celles existantes et un four et une cage d’escalier y ont été installés. Cette dernière masque peut-être les traces de l’accès initial aux niveaux supérieurs du pavillon, qui n’ont pas été décelées à l’intérieur ni à l’extérieur sur les autres murs. La propriété, labellisée par la Fondation du Patrimoine, est actuellement en cours de restauration, pour l’heure les travaux se sont principalement concentrés sur la toiture du pavillon (réfection de la charpente, renouvellement des ardoises, pose d’épis de faîtage en terre cuite réalisés à Malicorne, création d’une lucarne).

Aucun document n’a permis d’éclairer les origines de cet ensemble ni d’identifier le commanditaire du pavillon. D’après la tradition orale, celui-ci aurait servi de presbytère lorsque le culte fut transféré à la chapelle Sainte-Marie-Madeleine, dans le cimetière, après l’incendie de l’église (entre 1720 et 1783). Cette information semble peu probable puisque la famille Hérode y résidait et que des travaux d'agrandissement et d'amélioration du presbytère (actuelle mairie) étaient réalisés à cette même période. Au début du XIXe siècle, lorsque le cadastre napoléonien est levé, les bâtiments se partagent entre plusieurs familles : celle de Jacques Vasseur (sabotier) est présente dans le logis à pan-de-bois, celles de Jacques et François Hérode (cardeurs) occupent le bâti dans le prolongement. René Dhuiteau (fabricant et marchand), époux d'une descendante Hérode, est quant à lui signalé dans le pavillon et les bâtiments annexes (c’est toujours le cas sur le plan d’alignement de 1872). La cour devait être commune comme l’indique le puits unique, avant d’être divisée par un mur.

Période(s)Principale : limite 15e siècle 16e siècle, 16e siècle, 4e quart 16e siècle, 2e quart 17e siècle, 18e siècle, 1ère moitié 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle, limite 20e siècle 21e siècle

Le logement en fond de cour, le plus ancien, est orienté à l’ouest et comprend une pièce à cheminée et une pièce froide. La façade principale en pierre est percée d’une porte et d’une fenêtre à encadrement en briques, primitivement en arc segmentaire. La porte, remaniée, est surmontée d’une lucarne donnant accès au comble (une autre est visible côté cour). La partie droite de la façade, en pan-de-bois, a été recouverte de maçonnerie et ornée d’un bandeau en briques. La façade arrière et les cloisons sont en pan-de-bois. Très pentue, la toiture est couverte en partie d’ardoise et en partie de tuile plate. La cheminée présente un décor de moulures et de formes géométriques. Un appentis flanque le pignon nord, tandis qu’une maison postérieure et remaniée est accolée au pignon sud.

Du côté de la route, le logis en pavillon présente un plan presque carré, un étage habitable, une travée côté rue et une toiture en pavillon couverte d’ardoise, ajourée d’une lucarne récente et surmontée d’épis de faîtage en terre cuite. Les ouvertures, qui ne sont pas celles d’origine, sont de formes diverses : encadrements de briques et/ou de pierre calcaire, linteaux droits ou en arc segmentaire. On remarque des graffiti encore énigmatiques sur les pierres de taille. Une ancienne porte murée est visible sur le mur sud, par la suite transformée en placard) : l’encadrement bien visible comprend des briques en partie basse et de la pierre de taille calcaire en partie haute, avec des graffiti dont la date 1868. La cheminée du rez-de-chaussée présente des corbeaux en quart-de-rond, avec d’autres graffiti, et une corniche moulurée au sommet de la hotte. La cheminée de l’étage a été refaite à la mode de la fin du XIXe siècle.

Un petit logis à pièce unique, pourvu d’ouvertures à encadrements en briques (pour certaines murées), est accolé au nord du pavillon. Un corps de bâtiments reliant le pavillon au logement en fond de cour, couvert d’ardoise, abrite un four au rez-de-chaussée se prolongeant dans un appentis, en partie restauré avec un essentage en bardeaux. L’étage présente une pièce à cheminée, tandis que la partie est est occupée par la cage qui abrite l’escalier tournant en bois desservant également le pavillon. Le corps de dépendances longeant la rue, sans doute une ancienne grange-étable, est relié au pavillon par un passage couvert surmontant l’escalier en pierre donnant accès à la cour. A son extrémité se trouve un imposant puits couvert circulaire décapité par la construction d’un toit en appentis.

Murscalcaire moellon enduit
grès moellon enduit
silex moellon
Toitardoise
Étagesrez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvrementscharpente en bois apparente
Couverturestoit en pavillon
toit à longs pans
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour en charpente
État de conservationinégal suivant les parties, restauré
Techniquessculpture
Représentationsornement géométrique
Précision représentations

Cheminée à moulures et motifs géométriques.

Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Protections

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 88. Matrices cadastrales, registres des augmentations et diminutions de construction de Conflans-sur-Anille.

Bibliographie
  • CHERON, Louis. "Conflans-sur-Anille" (Monographie éditée à partir des articles parus dans la revue Province du Maine de 1973 à 1975), 1976.

    p. 26
  • GRAFFIN, Roger. La seigneurie de la Cour du Bois en la paroisse de Conflans près de Saint-Calais. Le Mans : Edmond Monnoyer, 1889.

    p. 20, 24, 26
  • PAYS DU PERCHE SARTHOIS. Monument du Mois, Conflans-sur-Anille, 2003.

    p. 12-13
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


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