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Bourg de Tuffé Val de la Chéronne, rue Fresnet

Dossier IA72058964 réalisé en 2019

Fiche

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Appellationsrue Fresnet
Dénominationsrue
Aire d'étude et cantonPays du Perche sarthois - La Ferté-Bernard
AdresseCommune : Tuffé Val de la Chéronne
Adresse : rue Fresnet

La rue Fresnet est l’une des quatre rues anciennes du bourg de Tuffé, qui se joignent au carrefour formé par la place du Général Leclerc. Le nom dérive sans doute du frêne. Bien qu'elle permette de rejoindre Le Mans via Montfort, cette rue était un axe secondaire et n’a jamais eu l’importance des autres rues du centre-bourg plus passantes, ce qui explique qu’elle ne soit bordée que de maisons d’artisans et de petit fermes. On n’y trouvait ni commerce, ni auberge, ni construction publique. Deux poteries y sont signalées au cours du XIXe siècle, celle des Lefebvre (1807-1847), celle de Denis Patault et des Touret (1856-1884). La présence de caves peut également renvoyer à l'activité de tisserands. Au recensement de 1906, la rue ne comptait plus aucun potier ni tisserand mais était encore habitée uniquement de journaliers et de petits artisans, sabotier, chaisier, cordonnier, serrurier, maçon, charpentier, couturières…

Parmi les constructions les plus anciennes de la rue figurent quelques maisons à toitures très pentues, datables de la fin du XVe, du XVIe voire du XVIIe siècle. C’est notamment le cas du n°9 et de l’ancien bordage du Carrefour longeant la rue au niveau du carrefour avec la rue Verte. Le bâti figuré sur le plan terrier du prieuré de Tuffé (1757-1759) y est assez lâche, entrecoupé de grands jardins, et composé de petites maisons et petits bordages dont certains sont nommés : la Maison Longue, la Paquière, le Maserail, le petit et le grand bordages de l’Ante. Plus intrigant est le nom de la fermette dite le Château (actuellement n°5 et 7), alors propriété comme d’autres bâtiments de la rue du sieur Lemarié, directeur des postes à La Ferté-Bernard. Aucun élément ne permet d’avancer à quoi peut faire référence ce nom.

De nouvelles constructions apparaissent sur le plan cadastral napoléonien de 1831, le bâti est alors continu aux deux extrémités de la rue. La partie centrale se densifie au cours des XIXe et XXe siècles. Les maisons plus anciennes, petites et malcommodes, sont alors remaniées, agrandies sur le jardin, parfois réunies, éventuellement reconstruites, ce qui explique qu’aucune façade observée ne présente d’élément antérieur au XVIIIe siècle. La plupart des ouvertures sont toutefois du XIXe siècle, quand elles n’ont pas été agrandies au XXe siècle. La rue reste un axe secondaire du bourg et semble ne pas avoir fait l’objet d’un plan d’alignement, contrairement aux autres. De faible largeur, c’est aujourd’hui une voie à sens unique.

Période(s)Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

La rue s’étire en ligne droite du nord-est au sud-ouest, depuis la place du Général Leclerc jusqu’à la rue Verte (route de Connerré à Bonnétable). Sa principale caractéristique est d’être bordée uniquement (à l’exception de deux maisons plus récentes au centre de la rue et des combles rendus habitables tardivement) de bâtiments de petit gabarit, primitivement à une ou deux pièces, voire trois, en rez-de-chaussée. Les logements sont alignés sur la rue, à l’exception de certains plus récents ou d’un ancien corps de ferme placé à la perpendiculaire. Les décors sont généralement absents, si ce n’est quelques corniches en brique. Les lucarnes gerbières sont systématiquement placées sur les façades postérieures. Les caves semblent rares bien qu’attestées par le terrier du milieu du XVIIIe siècle. Les cours, jardins, dépendances et puits communs sont accessibles par d’étroits passages entre les maisons ou par des impasses ou cours communes. Une pompe publique est encastrée dans les bâtiments au niveau de la maison anciennement dite Le Château.

Annexes

  • L'industrie de la poterie à Tuffé, d'après COMBES-MESIERE, Lucette. Galbrun-Chouteau, Gil. Potiers et faïenciers de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2002. p. 479-497

    On ne sait presque rien de l'activité potière à Tuffé antérieurement à la Révolution. Le principal vestige en est le pigeonnier du prieuré et ses boulins en terre cuite, remontant peut-être au XVIe siècle. La richesse du secteur en bois et en filon d'argile tend à prouver l'ancienneté de cette activité. Elle prend une véritable ampleur au XIXe siècle, principalement avant 1850 si l'on se fie aux données récoltées dans les archives concernant les potiers et faïenciers connus. Ainsi, plusieurs ateliers sont cités au bourg même de Tuffé et notamment dans la rue Fresnet.

    Le principal établissement ayant marqué l'histoire du bourg est la manufacture de faïences et tuilerie-briqueterie de Jean Galmard, implantée dans l'ancien prieuré après sa vente comme bien national. Fondée avant 1798, elle inclut deux grandes halles, trois fours, six tours, deux moulins à bras pour broyer les couleurs, une douzaine de moules à tuiles, quatre fosses pour la fabrique de faïence. La terre est prélevée sur le territoire communal (champ de la Croix d'En-Haut) et à Saint-Denis-des-Coudrais. Le bois provient de la forêt de Bonnétable et des bois de Coudrecieux, tandis que l'étain est acquis auprès de fournisseurs au Mans ou à Mortagne-au-Perche. Un inventaire dressé en 1812 fait état de près de 40 000 pièces de poterie et faïence sur place pour une valeur de 1 493 F : les faïences sont des plats, des assiettes, des soupières, des terrines, des tasses et pots divers. A cette époque, la manufacture emploie une quinzaine de personnes. La production s'écoule à Tuffé et dans les communes du nord-est de la Sarthe principalement, mais aussi au Mans et dans quelques villes des départements limitrophes. Suite au décès de Jean Galmard, la faïencerie est vendue en 1817 à Marie-louise Vallée veuve Tuvache qui en poursuit l'activité jusqu'en 1832.

    D'autres faïenceries, plus modestes, existent dans le bourg dans la 1ère moitié du XIXe siècle : celle d'Augustin-Paulin Ledru, d'abord locataire de la manufacture du prieuré puis à la tête de son propre établissement entre 1826 et 1831, rue Cossonneau (actuellement rue de la Gare), et la poterie-faïencerie de François Lefebvre rue Fresnet, active entre 1807 et 1847. En parallèle, des poteries sont signalées à la Croix-Fournier (Tollet, Péan, Touret). Dans la 2e moitié du XIXe siècle, l'activité est sur le déclin avec une seule poterie mentionnée dans la rue Fresnet, celle de Denis Patault puis de Basile Touret entre 1857 et 1884. Au XXe siècle, on ne trouve plus de potier à Tuffé. Il ne reste plus rien des fours et autres bâtiments voués à cette activité, mais des déchets de four ont été signalés à l'emplacement des anciennes fabriques.

    Peu de productions témoignent encore de l'activité potière à Tuffé, les pièces se confondant sans doute avec celles de Prévelles. L'une des rares pièces identifiées, grâce aux écrits de Paul Cordonnier, est un pichet émaillé polychrome figurant un homme habillé d'un grand manteau et coiffé d'un tricorne.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Sarthe ; non classé. 1793-1915 : délibérations du conseil municipal de Tuffé.

  • Archives départementales de la Sarthe ; H 208. 1700-1723 : domaines du prieuré de Tuffé : déclarations rendues à la seigneurie du prieuré.

  • Archives départementales de la Sarthe ; H 209. 1757-1759 : domaines du prieuré de Tuffé, rénovation du terrier de la baronnie.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 5 M 217. 1825-1884 : poteries et faïenceries de Tuffé.

  • Archives départementales de la Sarthe ; 3 P 370. Matrices cadastrales, registres des augmentations et diminutions de construction de Tuffé.

Documents figurés
  • 1757-1759 : plan terrier du prieuré de Tuffé. (Archives départementales de la Sarthe ; 2 Mi 139).

  • 1831 : plan cadastral napoléonien de Tuffé. (Archives départementales de la Sarthe ; PC\370).

  • Collections de cartes postales et de photographies anciennes, commune de Tuffé Val de la Chéronne. (Collection particulière).

Bibliographie
  • COMBES-MESIERE, Lucette, GALBRUN-CHOUTEAU, Gil. Potiers et faïenciers de la Sarthe. Le Mans : éditions de la Reinette, 2002.

    p. 487-494
(c) Région Pays de la Loire - Inventaire général ; (c) Pays du Perche sarthois - Barreau Pierrick
Barreau Pierrick

Chercheur auprès du Pays du Perche sarthois jusqu'en octobre 2020. Depuis novembre 2020, chercheur auprès du Conseil départemental de la Mayenne.


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